L'arrestation

  ALIM0647

 

 

 

  Mercredi 29 Septembre

 

Hier après-midi, j'ai assisté à une arrestation musclée de trois jeunes qui circulaient en voiture sur le parking commercial où je me trouvais. Pas moins de sept voitures dont une banalisée sont venues simultanément pour bloquer leur véhicule. 

    Comme au cinéma. A toute vitesse, ils ont fait ça, sirènes hurlantes,protégés par leurs portières ouvertes, ils ont sorti leur flingue. menottés les individus, un interrogatoire musclé a commencé.  Un des jeunes, certainement un peu plus rebelle, a été frappé, même au sol, Ambiance de western. C'est aussi ça l'Amérique.

J'ai dormi sur un parking de Mc Do sur la Highway 55, à une quarante kilomètres de l'aéroport de O'hare. La Route 55 est maintenant mon cordon de survie. Je ne veux pas la quitter. Le traumatisme est toujours là.   J'attends mon départ, tranquille. Je lis mon livre sur l'histoire des Etats-Unis. Je commence à comprendre quelle chance ont eu les Américains pour constituer leur Etat. Franklin, à la table des négociations, à 77 ans, (traité de Paris 1782) a toujours voulu annexer le Canada. Les habitants n'étaient pas favorables. Plus de deux cents ans après, on peut constater que indépendant ou pas, le Canada est très proche des Etats-Unis et lié par des accords commerciaux. Personne n'a l'air de s'en plaindre.

 

Mardi 28 Septembre

 

Hier je me suis mis dans les difficultés. J'étais sur une autoroute à péage à une quarantaine de km de Chicago. Il en existe un certain nombre ici. La banlieue est très peuplée. Il faut voir toutes les autoroutes comme elles sont chargées. De nombreux chantiers aussi sont ouverts pour augmenter leur capacité.

Bref, je me trouvais donc sur cet autoroute 90 à péage. J'ai rencontré un premier péage automatique. Il fallait jeter 0,60$ dans un grand panier. J'ai jeté les sous, le feu s'est mis au vert. Il n'y a pas de barrière comme en France. Queques miles plus, j'ai vu la structure metallique d'un nouveau péage, je n'ai pas fait attention à une inscription "I-PASS". Trois couloirs de voitures étaient en I-PASS et un seul était équipé d'un panier pour recevoir les quelques cents pour payer le droit de passage.

Quand j'ai vu que le couloir où j'étais n'avait pas de panier, je ne me suis pas engagé. J'avais lu que les pénalités étaient conséquentes : 30$, plus 45$ de frais facturé par le loueur de la voiture. J'ai parlementé avec la première voiture pour qu'elle recule. La nana au volant ne voulait rien savoir. Je voyais bien qu'elle voulait que j'avance malgré tout. Elle me braillait des explications incompréhensibles. La deuxième voiture. C'était plus facile. Une fille qui m'a expliqué qu'elle était passée une fois sans le pass et qu'il ne lui était rien arrivé. Derrière elle il y avait encore deux voitures et un camion. J'ai repris la négociation avec la première nana. Sans plus de succès. Comme le temps passait les derniers véhicules ont fini par changer de file. La file récalcitrante a abandonné le combat et a fini par changer de file. J'ai pu, enfin, rejoindre l'entrée munie du fameux panier. J'ai envoyé mes sous. Le feux s'est mis au vert. Je suis parti. J'étais dans un état d'excitation, d'autant qu'il commençait à faire vraiment nuit. J'ai quitté l'autoroute, trouver un hôtel Marriot. Je me suis garé à quelque distance. Je ne parvenais pas vraiment à me calmer. J'ai acheté un tire bouchon dans un magasin humanitaire. Plus loin j'ai acheté une bouteille de vin chez un libanais musulman arrivé en Amérique en 1972 au moment le plus fort de la guerre du Liban et qui boit une bouteille tous les deux jours. Un péché avoué est à moitié pardonné ! J'ai bu 1/4 de la bouteille, transféré un autre quart dans un godet avec bouchon et le reste a été versé sous la voiture. Je me suis débarrassé de la bouteille vide. Une bouteille à moitié vide dans la voiture est un preuve accablante pour un juge qui ne boit pas de vin le dimanche. Ma nuit a été agitée, je m'attendais à une attaque des Indiens !

Ce matin, je suis allé chercher des explications dans un diner. Restaurant traditionnel américain. J'ai rencontré des gens très sympas et efficace pour aller à la société des autoroutes qui gère les péages. J'ai décidé de prendre mon petit déj dans cet établissement : deux american pan cakes et un café. Le café n'était pas extraordinaire, mais les pan cakes, de vraies merveilles. Quand elles m'on été servies, je pensait qu'il y en avait une dizaine tellement elles étaient grosses. Avec le sirop d'erable, c'était excellent.

J'ai réussi à trouvé le bureau de la société des autoroutes. Ils n'ont évidemment rien trouvé de ce qu'il s'est passé hier soir. Mais on m'a proposé de payer 2 dollars pour payer le péage pour hier soir, même si je l'avais déjà payé. Ainsi, si la caméra de contrôle à pris mon numéro de voiture, je ne devrais pas être embêté (ni payer une amende d'un montant exhorbitant). A midi, j'étais rassuré mais vidé.

J'ai fini mon poulet d'avant-hier avec mon pinard d'hier.

Je me repose en lisant un livre sur l'histoire de l'expansion américaine. ""Habits of Empire"" de Walter Nugent. Je suis content d'avoir acheté ce livre. Je m'embrouille toujours sur l'histoire des Etats-Unis. Entre le Mexique et les Etats-Unis. ET surtout, comment a été créé le Canada.

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