Jeudi 1 ier décembre

Je me réinstalle peu à peu dans les murs de mon petit appartement de Saint Louis. Le voyage en Asie du Sud-Est m’a un peu déboussolé. A Bangkok, je vivais plutôt dehors, dans un espace ouvert, au milieu de la foule et du trafic routier. Avec toutes les charges :  bruits,  dangers de la route,  marches longues, parfois épuisantes. J’étais loin d’être seul, enfermé dans moi-même, comme je le suis en ce moment. J’étais au milieu d’une vitalité énorme, parfois c’était même trop. Tous ces vies (étrangères dans leur fonctionnement) étaient à observer et à découvrir. L’environnement aussi, ces oiseaux noirs qui me cassaient les pieds dès 5 h du matin, les marchés matinaux avec les moines, nu-pieds qui venaient chercher leur pitance pour les prochains jours, le marchand en gros de gâteaux industriels qui provoquait un atroupement de revendeurs des 6 h du matin. Ces gens qui dormaient à même le sol ou sur une natte tressée louée à la nuit. 

  Je n’avais pas le temps de me poser de questions sur MOI, le JE, l’EGO, ma petite personne...La vie des autres me faisait oublier la mienne. C’est bien de s’oublier un peu.  Je rentre donc dans mon trou, je regarde les autres à travers la lucarne de ma télévision ou encore plus abstraitement à travers les commentaires des journalistes et essayistes de France Culture. Je ne suis pas différent de millions de retraités, mis au rancart (mot d’origine inconnue). Regarder les autres vivre leur vie, quand on peut encore le faire. Les personnes (très) âgées perdent beaucoup de leur perception visuelle. Ils posent leur regard sur vous, longuement. Comme ils ne parviennent à vous identifier, ils restent là à vous regarder sans comprendre. La Thaïlande est (dit-on) le pays du sourire, mais pas pour les vieux. Quand je croisais mon regard avec un vieux, il ne se passait rien. Je voyais ce regard vide, perdu, anéantit par les années. Pourtant les vieux continuent à être actifs en Thaïlande, ils nettoient le devant de la maison, retire les mauvaises herbes, surveillent les enfants, vendent les journaux. Ici, les vieux en font encore moins. Le gros de leurs activité est de surveiller à bien  prendre leurs médicaments et être présent à leur rendez-vous chez leur médecin de famille. 

Voilà où j’en suis à mon retour de voyage. Je peine à l’idée de retrouver mes quatre murs blancs. Ce n’est pas si grave, c’est moment de lucidité. Joli contraste sympathique.

 

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Giacomo CASANOVA

On parle de nouveau de  Casanova. Une exposition lui est consacré à la BNF. France Culture a fait plusieurs émission et moi-même pris au jeu de l’info/l’intox (...) J’ai acheté un livre de Lydia FLEM, psychanalyste, qui lui a consacré un petit essai qui me plaît beaucoup. Comme vous le savez déjà, j’aime les vies “peu ordinaires”, les vies qui pourraient paraître dans le Guinness des records. Giacome Casanova y figurerait en excellente place. 

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La crise de l’euro : l’Italie

J’ai entendu les économistes dire dans “C’est dans l’air” , sur France 5, que l’Italie du Nord n’avait pas de problème de dette publique, que son industrie se portait bien. Enfin pas trop mal que la France. Que  le boulet de l’Italie du Nord, c’était l’Italie du Sud. J’avais oublié ces deux Italie, différentes. Je me souviens de quelques articles de journaux sur le parti populiste de “La ligue du Nord” qui estimait que sous la Plaine du Pô, ce n’était plus l’Italie... Mais jamais je n’ai entendu de gros conflits comme celui de la Belgique entre les Flamands et les Wallons. C’est étrange, c’est unité dans un moment difficile où l’Italie compte ses sous (les sous qui lui manque). J’ai cherché une explication. J’en ai trouvé une. Amusante. Je devrais dire chantante car, d’après mes informateurs, c’est l’amour de l’opéra qui unit les Italiens du Nord et ceux du Sud. Surtout l’opéra de Verdi. La musique peut elle fédérer un Etat ?

Avant d’en arriver là, il y a eu beaucoup de vilaines choses. Le fascisme, la corruption, les attaques des groupes d’extrême gauche et d’extrême droite, la mafia, etc...

Malgré tout l’Italie reste une et indivisible.


Restera-t-elle dans l’euro ?

L’euro restera-t-il dans l’Europe ?

Jolies questions en cette fin d’année. 

Je crois que pour Noël, je vais me 

faire un cadeau : une pochette surprise !!!

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