Rien que la pelle et le balai sont très lourd à soulever. Quelle travail !

Rien que la pelle et le balai sont très lourd à soulever. Quelle travail !

   Je vous ai déjà dit que j'étais un "early bird"  : un lève tôt.  Je suis dans les rues pour boire mon premier café à 5H00, 5h30 tous les matins, quand je dors dans ma voiture. Ne me plaignez pas. Les lève-tôt découvrent la ville avant tout le monde, c'est un avantage. La ville, le matin, ne manque pas d'attraits.  Pas de binge drinking, les fêtards sont au lit. On est dans un autre monde. Le monde des travailleurs du petit matin.  On découvre le marchand de journaux, le Milk-man, les éboueurs. Je guette l'arrivée des premiers ferries en provenance de Gosport, la commune juste en face du Hard. qui déposent leur cortège de travailleurs, et parmi eux, de nombreux cyclistes avec leur gilet jaune de sécurité.

 Parmi ces travailleurs du matin, le personnage qui m'impressionne le plus est le balayeur de rue qui est responsable du nettoiement du quartier où je prends mon café du matin.

  C'est un monsieur, genre bourru, qui répond a peine à mon "good morning". Il bougonne quelque chose d'incompréhensible en guise de retour de mes  salutations. Il a la cinquantaine. La tète de l'emploi, il passe le balai sur les trottoirs et les caniveaux avec une dextérité et un sérieux qui m'impressionnent. De toute évidence, il aime le travail bien fait. Sans s'arrêter pour reprendre son souffle, il nettoie trottoir après trottoir sans donner l'impression de la moindre fatigue.

  Sans être un expert dans le balayage, j'ai quand même fait ce sale boulot trois jours durant à Portsmouth même. et je peux vous certifier que le balai et la pelle pèsent leur poids. On attrape vite mal au dos à ce petit jeu-là.

  Notre homme ne semble pas craindre la fatigue et se concentre sur son travail, il a l'air d' ignorer le reste de l'humanité. Un exemple des qualités qu'un travailleur devrait avoir ou simplement un fou, un névrose, un obsessionnel rigide peut-être ?  Mon admiration pour le travail bien fait a aussi ses limites. Même s'il s'agit d'un malade mental, voila une intégration réussie

  Je commence à déconner, je rencontre un type qui fait bien son travail et je le prends tout de suite pour un fou parce qu'il le  fait bien. On vit dans une société ou les petits boulots sont décries.  Pour s'appliquer dans son travail, il faut faire soi-disant un travail intéressant. Faut-il être fou pour faire correctement son métier de balayeur? Mais s'il n'est pas fou ou trouve -t-il donc ses motivations ? Son salaire ? Certainement pas. La reconnaissance de la société ? Je n'y crois pas. La peur d'être au chômage ? Il pourrait facilement trouver un autre emploi, moins pénible. Son masochisme ? On retourne alors dans la catégorie  "psy". Je ne sais pas. J'ai essaye de lui parler, de lui poser une question. Je n'ai pas compris ce qu'il m'a répondu. Il y a de fortes chances qu'il n'a aussi pas compris ma question. J'ai réussi à le prendre en photo. Je ne l'ai pas photographié a la sauvette mais il a gentiment posé a ma demande. Je mettrais la photo sur le blog dès que j'aurai installé mon prochain ordinateur dans mon nouvel appartement.

    Sinon tout va bien dans le royaume d'Elisabeth II  du Royaume Uni. Royaume de moins en moins uni, d'ailleurs. Le résultat des dernières élections régionales en Ecosse montre la nette progression du Parti Indépendantiste.  Le pays de Galles a déjà son parlement, l'Ulster vient d'élire son gouvernement de coalition, que va faire l'Ecosse ? On est en plein communautarisme régional. Drôle d'époque. On essaie de fédérer l'Europe et par ailleurs on morcelle des nations qui on mis des siècles a se construire. Joli travail de balancier.

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