J'arrive très tôt à l'aéroport. Comme les vieux. On ne veut pas être pris au dépourvu. Mon vol est prévu pour 18 h00. Il est même pas midi et je suis déjà là. Assis dans un fauteuil de la classe affaires, Une hôtesse de la British Airways  m'a gentiment donné le mot de passe pour accéderà la connexion WIFI de la BA. pour. Les hôtesses sont gentilles avec les vieux. Elles savent que nous sommes une catégorie d'humains fragiles, en voie de disparition. C'est un des rares avantages dû à l'âge.
J'ai quelques minutes pour faire le bilan de ce voyage.
D'abord, j'en tire beaucoup de satisfactions. Presque un plaisir du devoir accompli. Je ne me sens nullement frustré des "belles choses" que j'aurais pu rater. Comme celles qui sont dans les musées.J'ai bien vu New York. Je sais maintenant me retrouver dans New York. J'ai découvert, par hasard, la gare de Grand Central Terminal, j'ai revu l'Union Station de Washington. Absolument magnifique. A voir absolument.
J'ai discuté avec beaucoup de gens. Pour la plupart, des gens qui aiment leur pays (face à un étranger...OK), mais tout de même. J'ai aussi rencontré des pauvres qui courent après les "food stamps" pour croûter. J'ai vu des gens obèse qui faisaient la manche pour "manger". J'ai vu et discuté avec des Black-Américans assis sur les marches devant chez eux pour discuter avec les gens de passage. C'est un caractère des Blacks, ils aiment bien discuter et s'intéressent aux gens. Je me suis fait interpeller plusieurs fois. Les Latinos, jamais. Je rencontre les Latinos dans les cafés latinos. Ils sont très forts pour faire de la bonne bouffe à pas cher. Ils sont bons commerçants, très souriants et amicaux. Les Afro-américains sont plus durs dans les commerces, pas très souriants aussi. Bien sûr, ce n'est pas toujours vrai. pas plus tard que, il y une heure, je voulais acheter un sandwich chez Subway. J'étais le seul client, trois vendeuses A-A pour servir. J'ai été reçu comme un chien dans un jeu de quilles. Un client qui a besoin d'explications pour choisir, ça les emmerde. Elles ne conseillent, n'expliquent pas. Elles servent froidement le client le visage fermé. Et ce dans un aéroport international de New York. La direction de Subway pourrait mieux choisir son personnel.
Oui, je suis content de moi. A l'âge de la retraite, où on a tendance de tout préparer, de tout calculer pour ne manquer de rien. Je me suis exposé tous les jours à une vie incertaine.
Pas forcément dangereuse, mais chaque journée était à construire. Où dormir, où et quoi manger, comment se laver, faire sa lessive, trouver des centres d'intérêts, les connexions à internet, recharger les batteries du portable, éviter les pièges de la circulation, chercher un lieu sécurisé avant la tombée de la nuit pour dormir.....
Je me suis senti comme un vrai voyageur, fragile, dépendant des autres pour tout ou presque. C'est cette dépendance qui est la plus gratifiante. Je me suis senti comme porté par ces pays, pour les belles choses que j'ai vues et les gens chaleureux que j'ai rencontrés. J'ai quand même bénéficié d'un ticket favorable, les vieux qui voyagent tout seuls sont rares, presque inexistants. Ca intriguent, ca question. Qui c'est celui là. Un autre point favorable, est la maîtrise (relative) de la langue. Parfois j'ai du mal à comprendre ce qu'ils disent en américano-anglais. Mais en gros, je m'en sors. Je peux toujours avoir une vraie conversation avec les américains. C'est un gage de réussite du voyage. Je compare toujours avec la Thaïlande qui est un beau pays. Mais sans être capable d'avoir une vraie conversation avec la population, on arrive à rien. Je vais devoir arrêter là, notre petite conversation car j'ai la connexion mais pas l'électricité....


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