A la télé, je viens de voir une émission sur Françoise Sagan. Ecrivain, peut-être pas populaire, mais légendaire. C'est son côté flambeur qui a surtout marqué les espris. Voiture de luxe, conduite à grande vitesse, grandes réceptions. Serge Gainsbourg avait le même profil. L'alcool les a dédruit. C'est incroyable combien les gens sont friants de ces idoles qui claquent beaucoup de fric en boissons, en cigarettes, en bouffe,  le tout arrosé de musique branchée. Pourquoi l'honnête travailleur, la vendeuse du supermarché du coin s'intéressent-ils à ces personnages héros et anti-héros à la fois? Que connaissaient-ils vraiment de Françoise Sagan? Ses romans? Ses poèmes?  Je ne le crois pas. Ce serait plutôt la part de rêve que les médias leur apportent. On s'imagine. On  aurait aimé, on oublie son quotidien....Les images sont de fabuleux porteurs de rêves. J'ai vu qu'aux Philippines les gens ont élu à plusieurs reprises des acteurs à des postes de responsabilités politiques. Entraînant évidemment des catastrophes dans la gestion de l'Etat. La vie politique, ce n'est pas du cinéma, n'en déplaise à Monsieur Coluche,
  Pour en revenir à Sagan. Il a été dit dans cette émission qu'elle invitait beaucoup et il lui arrivait d'abandonner ses invités pour s'isoler dans une pièce et écrire. "On entendait crépiter la machine à écrire pendant plusieurs heures", se souvient une personne du sérail. Ce détail me conduit à la notion de solitude.  Complexe.  Imaginez un écrivain qui invite du monde et profite de leur présence, pour écrire un nouveau chapitre à nouveau roman.  Qu'est-ce que c'est que cette solitude, à deux, à trois, à dix?
  Vit-on une époque où on ne s'aime plus suffisamment pour rester seul avec soi-même? Où doit-on être constamment réconforté par les autres.  "J'ai beaucoup d'amis. Ils m'aiment. C'est beau la vie". Beaucoup de fonctionnements d'adultes sont comparables avec  les comportements de gamins. Par exemple, quand un enfant change d'école, c'est moins l'école proprement dite qu'il craint, que d'aller dans une école où il ne connaît personne. Où il n'a pas de copains. L'horreur absolue. Je repense souvent à ce caravanier qui revient tous les ans sur le même camping pour y passer les vacances avec sa famille. A la question d'un journaliste qui lui demande pourquoi il revient tous les ans au même endroit alors qu'avec sa caravane il pourraît facilement changer de terrain et visiter ainsi d'autres lieux, il répond. "Ici, je suis connu"".
  Je m'éloigne encore de Françoise Sagan. Est-ce qu'elle s'aimait suffisamment pour vivre seule? Toujours cette présence des autres pour exister. C'est un peu agaçant, non?
Il existe une expression anglaise qui n'a pas son équivalent en français,  " I am happy with myself". Intéressant ?  "Je suis heureux avec moi-même". On n'est plus tout seul mais deux. Une partie de soi est en compagnie d'une autre. On rejoint  un peu les gens qui parlent tout seul. Pour sublimer la solitude ou simplement ententre une voix.. Le bruit peut être aussi  est une compagnie.  Sans parler de radio qui marche en permanence pour créer un fond sonore. J'ai connu quelqu'un qui faisait bouillir de l'eau pour entendre un bruit. 
        "bonjour tristesse" , le premier roman de Françoise Sagan, le titre est déjà le récit de toute une vie. On dit qu'elle aimait rire. Le rire peut aussi être une forme tapageuse de l'existence.

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