Le coup de spleen (18.07.08 papier)

Le coup de spleen (18.07.08)

   Aujourd'hui, la terre a cessé de tourner. Je l'ai bien senti sous mes pieds. Cette sensation de vide, c'est l'horreur. Le monde perd son sens, il devient vite  inarticulé et inutile. Le pantin sans support, perdu.  Pas de souffrance. pas de bien-être non plus. Le vide. L'absence. Le regard vide du fou. Je plains les dépressifs et les malades "dans leur tête" comme on dit.

   Après quelques heures de vide, J'ai retrouvé une semblant de calme en écoutant mon pianiste préféré: Rendall Miller. Musicien de supermarché, connu à Auckland en 2005. A 85 ans, il jouait encore pour les clients d'un Grand Magasin du centre ville. Je garde beaucoup de tendresse pour ce vieux monsieur au regard bleu. J'écoute en ce moment le Thème de Forrest Gump, c'est doux, une caresse. Je ne cherche pas à vous faire peur. le mal dont je souffre n'est pas contagieux mais cependant,  très répandu :  Il s'appelle petite déprime. Une maladie de courte durée ou définitive. On a alors à faire à une maladie mentale.

   Rien qu'un coup de spleen, comme on disait dans les années 50. Un réflexe de mémoire me pousse jusqu'à Baudelaire et ses Fleurs du Mal d'où j'extrais la première strophe de SPLEEN :

 ....Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis

Et que de l'horizon embrassant tout le cercle

Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits...

La suite vous la trouverez sur internet, je suppose que vous n'avez pas conservé le livre qui doit dater de vos années de lycée. Qui conserve encore  les œuvres de Baudelaire à la maison ?

La nuit est maintenant tombée. Morgen ist auch  ein Tag...

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