Comme  mon  sixième voyage aux Etats-Unis ressemble aux cinq autres ! Les mêmes lieux d'errance. Les mêmes supermarchés, les mêmes restaurants Mc Do. La même voiture de location. Je reprends le voyage là où je l'avais laissé la dernière fois. Une douce  obsession.

     A chaque retour, je fais le même constat : j'ai perdu beaucoup de mes habitudes.Je suis vidé. Je dois réapprendre. Inquiétante tout de même cette capacité à oublier.

  A quoi cela tient? A ma capacité à vivre seul ? A une errance permanente dans un espace inconnu ? Peu importe. Partir seul dans ces conditions me permet de me vider. Je rentre dans un autre monde. A mon retour, certaines personnes me demandent si j'ai passé de bonnes vacances. Je ne sais pas quoi répondre. Vacances ? Ce n'est évidemment pas le mot,  « voyage », dans le sens de "trip" conviendrait mieux. 

A chaque voyage, je rentre dans un espace 'non reconnu', je sais à peine dans quel Etat je me trouve, dans quelle ville ou quel lieu. Je n'ai pas besoin de savoir. Mes déplacements en solo, ne sont  qu'errance, un peu comme le type qui passerait un mois dans la forêt vierge, sans trop savoir où il se trouve.

Ce qui compte réellement c'est vivre le 'voyage'. Je pense à  Henri Michaux qui décrivait merveilleusement bien ses 'voyages' réels ou imaginaires. Cette aptitude à se glisser dans un espace inconnu, jusqu'à s'y perdre. Cette visite de l'ailleurs qui fait dire au poète :  "Je n'était plus moi-même, mais pas tout à fait un autre". Un sentiment d'éloignement de soi-même. C'est peut-être ça le vrai parfum du voyage.


L'actualité :

J'ai rattrapé mes émissions favorites de France Culture : Jeux d'Epreuves et Le monde de Hubert Védrine.

L'émission littéraire m'incite à lire des auteurs 'actuels'. Je viens de lire un livre de Jim Harrison, 'une odyssée américaine'. Un petit roman, un road-movie amusant d'un auteur qui sait raconter des histoires

Hubert Védrine continue à faire mon éducation en politique internationale. Grace à lui, je ne m'offusque plus devant les mensonges des dirigeants pakistanais. La langue de bois est la règle en matière de diplomatie. On dit ce que l'on doit dire pour être cohérent par rapport à la politique de son pays. Les autres décryptent et comprennent ce qu'il y a à comprendre. est-ce que vous me suivez ? sinon, allez directement à la source : Hubert Védrine sur France Culture....

 

dimanche 19 Juin

Un de mes derniers jours dans la Somme, la vente doit se faire à Amiens le 23 Juin si mon notaire d'Alsace me donne le feu vert pour signer. Je ne pouvais pas garder ces 500 mètres carrés de terre, trop éloignés de l'Alsace où j'ai maintenant installé mon quartier général. Je vais regretter ce morceau de verdure avec comme voisines, ces huit vaches curieuses qui aiment surveiller ce que je fais surtout quand je tondais la pelouse. l'herbe fraîchement coupée y était pour quelque chose. Les taupes ne me manqueront pas. Je repasse le bébé aux nouveaux propriétaires. 

Avec l'âge, la vie se rétrécit. Il faut s'adapter et apprendre à jouer une partition pour vieux.Je ne vois rien à redire.L'avenir s'assombrit mais ce n'est pas encore les ténèbres... Les personnes handicapées sont mes modèles. Je vois à quel point elles contournent leur handicap pour continuer à vivre. 

 

Mardi 28 Juin

La situation économique de la Grèce fait les titres de l'actualité internationale. Les députés grecs ont adopté les mesures de restrictions économiques. Les syndicats ont appelé le peuple à manifester dans la rue.

Je ne comprends pas les syndicats. Sont-ils vraiment  incapables de comprendre dans quelle merde se trouve la Grèce en ce moment ?

Heureusement que la Grèce dispose d'institutions politiques solides.....La démocratie grecque a les pieds dans le sable.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


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