on the road again
22 juin 2009Blog du 22.06.09.
Lundi matin sur l’aire de repos de l'Interstate 95. Il est 5 heures du matin. J'ai passé une bonne nuit, j'étais détendu comme à la maison. J’ai fait un brin de toilettes dans ma voiture, je suis rasé de près (rasoir Bic), les dents sont brossées, le reste est nettoyé.... Qu'on ne me fasse pas le reproche de manquer d'hygiène. Ce genre de reproche, c'est pour les gens sales. J’ai maintenant la technique pour faire tout ce qu'il faut avec le minimum de gestes; un minimum d’eau pour un maximum de résultat. C'est tout un art de voyager à la dur. C’est gratifiant aussi car on voit ce que l'on peut faire avec peu de moyens. Moi aussi, je sauve la planète.
J'ai dormi à quelques kilomètres de Baltimore dans le Maryland. J'ai remarqué en m'arrêtant hier soir que j'avais déjà passé la nuit ici il y a huit mois. Je connais rien de l’Amérique et je reviens deux fois au même endroit par hasard. C'est rigolo. La nuit était calme. Pas de voiture suspecte garée en embuscade. Pas de mec à l’allure vacillante ou tordue. Rien que des gens "apparemment" normaux, des familles qui rentrent du week-end et qui bouffent sans se faire péter la bedaine. Je ne sais pas rester indifférent devant la gabegie. On fait un gros tapage sur l’excès de consommation d’alcool ou la consommation de drogue ou de tabac, mais on n’en fait pas assez limiter la nourriture qui pourrit nos estomacs et encrasse nos artères. On ne dit rien parce que les gens sont contents de manger, même de trop manger. Un estomac trop plein donne du plaisir. On a jamais vu un type qui a trop manger faire la grimace. C'est le contraire. Le repus est souriant et se prépare à la sieste avec plaisir....Enfin, l’Etat ne peut pas tout leur interdire. En Amérique, les gens mangent n’importe quoi, à n'importe quelle heure, surtout des trucs faciles à manger. J’ai vu une fille manger un plat cuisiné (viande et légumes) dans une rame du métro. Tous les voyageurs profitaient des bonnes odeurs.
J’ai quitté mon hostel de Brooklyn 6 heures du matin, sous la pluie. Décidément, cette pluie ne m'a jamais vraiment quitté. Je me suis retrouvé contraint d'acheter une parapluie à 3 dollars. Après une journée, je devais déjà le réparer avec mon nécessaire de couture. Hier soir j'ai rencontré trois Français à l’auberge de jeunesse, ils sont arrivés du Canada. Ils bénéficient d’un programme d’échange avec le Canada et peuvent vivre et travailler dans ce pays pendant un an. A peine arrivés, il ont acheté un minivan pour 1600 dollars canadiens et visitent la côte est des Etats-Unis. Ils étaient très enthousiastes sur l’Amérique. La plupart des visiteurs le sont. Samedi j’ai acheté un nouveau livre de O'faolain (Almost there) dans un librairie de Broadway, qui s’appelle "le Strand". .Je n’ai jamais vu une chose pareille. Genre Gilbert Jeunes de Paris, pour ceux qui connaissent. Mais dans cette librairie où l'on vend principalement de l'occasion, les rayonnages montent jusqu'à 2,50 de haut. Pour faire son choix, il faut monter à l'échelle. J’ai vu le livre de BHL sur l’Amérique (American Vertigo), en neuf et bien exposé sur une table.
Hier, vers midi, je me suis arrêté sur un petit centre commercial qui s’appelait: "Saigon...quelque chose.." Le nom de Saigon dans l'intitulé de l’établissement m’a fait pensé la chute de Saigon en 1975. Le sauve-qui-peut général. Avec son ballet d’hélicoptères qui faisaient la liaison entre l’ambassade américaine et l’aéroport pour sauver quelques vies supplémentaires, avant l’arrivée des troupes de Ho Chi Minh. J’ai donc fait quelques courses dans ce supermarché. J’ai trouvé un plat cuisiné avec de la viande et des légumes pour 4 dollars. J’en ai eu pour le midi et le soir, sans me goinfrer mais aussi sans me priver.
J’ai fait une petite rencontre sympathique dans une station servie où je me suis arrêté pour prendre de l'eau. Je savais que je pouvais me faire éconduire. Surtout quand on n’achète rien. Le jeune homme à la caisse m’a gentiment accompagné vers une une pièce à l’arrière du magasin, genre pièce débarras, où j'ai trouvé un robinet pour prendre de l'eau. Devant tant de gentillesse, j’ai décidé d'acheter un café. Le jeune homme m’a dit que le café risquait de ne pas être très bon parce qu’il avait été fait il y a déjà 4 heures. J'ai encore eu droit à un café supplémentaire gratos ! Quand on voyage seul, on est très sensible aux petites marques de sympathie. Rencontrer des humains "humanitaires" quel luxe quand on vit seul.. Ce garçon, qui parlait encore mal anglais, devait venir d’Afghanistan ou d’Irak. Il vient certainement d’un pays où on ne refuse pas un verre d’eau à un voyageur.
Ce matin je dois trouver une connexion internet pour envoyer ce message. J’ai oublié de dire quelques mots sur Philadelphie. C'est avec regret que je quitte Philadelphie, ville historique, qui fut la première capitale des Etats-Unis à l'indépendance en 1776. Les documents sur l'indépendance ont été rédigés et signés à Philadelphie par les représentants de 13 Colonies américaines, ouvrant les hostilités avec l'Angleterre, la puissance coloniale.
~~~~

Une gare chemin de fer de Philadelphie, fermée depuis 1946, qui ne manque pas de charme.
Mais pas de photos à l'intérieur. On voit ici les butoirs en marbre.
~~~~