Thaïlande et les taupes (blog du 21.12.08.).*

Je vais dire quelques mots sur la taupes ou plutôt la taupe qui me créait des ennuis sur mon terrain. J'ai dit qu'un copain exploitant agricole m'a sorti de mes misères en attrapant ma première taupe. Il avait posé deux pièges sur les bonnes galeries, qu'il appelait les galeries principales. Je ne devrais pas me réjouir trop vite. J'imagine que cette taupe ne vit pas seule dans ces nombreuses galeries. Depuis trois jours, je n'ai plus de trous, Est-ce vraiment le début de la fin ? J'attends la suite.

   Oranud, suite du feuilleton. L'Ambassade de France de Bangkok  a certainement peur de voir la France envahie par de nombreuses Thaïs. Pas de visa pour Oranud en 2007. Aucune explication. Aucune notice, aucun mode d'emploi pour obtenir un visa. C'est dans le plus grand secret que l'Ambassade accorde ou refuse le précieux sésame pour l'Europe de Schengen.
    Le 26 Décembre 2008, à 64 ans, je vais de nouveau prendre l'avion pour Bangkok essayer de retrouver cette jeune femme qui réussira peut-être à, enfin, obtenir un visa pour la France. Cette fois, je pourrais dire que je la connais depuis 15 mois. De plus, je serai présent pour l'accompagner à l'ambassade. 
Bien sûr, tous mes amis, des gens sensés, continuent à me mettre en garde contre les risques d'une relation avec elle. Oui j'ai entendu leurs arguments. Ce n'est pas simple. Je veux prendre  le risque, pour elle et aussi pour moi. Je ne pense pas qu'elle en veuille à la argent. Bien sûr, elle attend de moi une prise en charge. Mais il n'y a pas tromperie de sa part. Je lui ai dit et redis que je vivais très modestement en France. Les amis qui me donnent les bons conseils sont des gens pleins de bon sens, ils ont tous fait une beau mariage, ont une bonne situation, des amis, une grande famille, croient en Dieu, ont mis leurs enfants au catéchisme, etc...Des gens bien et de bons Français, je crois. Je ne suis pas tout à fait comme eux. Moi, je cherche la pierre qui brille dans l'ombre. Quand j'ai habité rue Bonaparte, c'était dans une chambre de bonne sans eau ni électricité, quand j'allais au Festival de Cannes, c'était sans accréditation. Je pourrais continuer ainsi pendant des pages. J'ai toujours été en marge de la bonne société française (et anglaise). Dans ce contexte, il m'est pas difficile de suivre à la lettre leurs bons  conseils, même si ils sont bien intentionnés. 
    Je vais vous dire quelque chose. A quatorze ans (le 2 janvier 1959, j'ai commencé à travaillé à l'usine, dans une imprimerie-papeterie. A 16, je la quittais, contre l'avis de mes collègues de travail,   pour une compagnie d'assurances. Faire une carrière dans une compagnie d'assurance ou une banque, était à cette époque très bien considéré. Surtout pour quelqu'un de mon milieu. La compagnie d'assurance n'a pas réussi à me garder. Deux ans après, je partais pour l'Angleterre en vélosolex. Mes collègues de travail ont tenté de me dissuader de partir. J'avais soif d'aventures. Je ne me voyais pas le reste de mes jours dans un bureau. A cette époque j'achetais énormément de livres de littérature et de philosophie, Je n'arrivais pas à lire grand chose. Je n'étais pas au niveau. Cela ne me gênait pas. J'aimais être entouré de livres. Je suis fier de ma vie de crabe. J'ai utilisé mon potentiel (le meilleur comme le pire) comme j'ai pu. J'ai fait des boulots intéressants et des boulots de merde. je ne regrette rien. Il faut tout voir. Un boulot, non recherché, mais qui m'a beaucoup apporté, c'est quand j'étais "porter" dans un hôpital anglais. Le chef a vu que je n'avais pas peur de prendre en charge les morts jusqu'à la morgue. La plupart des autres "porters" ne voulaient pas faire ce boulot. Moi, je ne rechignais pas. Moi vivant, je pouvais, je devais, avoir le courage de supporter les corps qui avaient fini leur vie. Je ne dis pas que cette expérience m'a permis d'apprivoiser la mort. Mais, quelque part, j'ai aujourd'hui une meilleure idée de ce que c'est que d'être mort.
   Dans quelque minutes, cette page sera sur le blog. Je l'ai programmée pour 9 heures et il est maintenant 8 h45. C'est rigolo, cette machine. Il y a quelques années, je tapais des pages sur une machine à écrire pour les mettre quelques années plus tard à la corbeille, sans que personne ne s'en aperçoive. Aujourd'hui la page part sur le web, je ne sais pas ce qu'elle deviendra. C'est la bouteille à la mer des temps modernes. 
Je m'amuse bien.
AlinosDesLorreytos, l'ami des bêtes et des moulins à vent

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