On pense à Sartre, avec son petit livre sur sa jeunesse et les mots de son grand-père, ses jouets de la petite enfance. Je pense aussi à une africaine qui disait à la télé beaucoup de mal de "l'intégration". Elle n'aimait pas ce mot et ce qu'il cache. Elle s'en prenait aux Académiciens pour avoir créer un mot pareil. Par politesse, personne sur le plateau n'a osé lui reprocher son acharnement contre ces gens honnêtes qui n'ont pas grand-chose à voir avec les communautaires et les intégrationnistes qui s'affrontent actuellement.
L'usage des mots est une épreuve de premier choix. On le voit à la télévision. Les intervenants cherchent le bon mot, celui qui désarçonne, qui fait mal. Le mot n'est même plus un outil, mais un fusil-mitrailleur. Alors qu'il peut être tout autre chose.
Il est un domaine que j'affectionne, celui de la poésie. Là, plus de bagarre, plus de haine. On aime ou on n'aime pas. C'est bon ou pas bon. Et puis, la poésie n'est pas un outil de communication, mais d'expression., comme le dessin ou la musique. Le mot est choisi pour sa petite musique. Il faut le déchiffrer, le lire avec beaucoup de tendresse. On pose son cul et on cherche ce qu'il peut vouloir dire. Combien de prisonniers ont décortiqué les mêmes poèmes pour tenir le coup ou en ont écrit eux-mêmes . Ces mots qui sont des cris de douleur mais aussi d'espoir.
Pour le plaisir j'ai retrouvé quelques strophes de « Liberté » de Paul Eluard.
 
Sur mes cahiers d'écolier

Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
=
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
=
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté
1942

 

 
 bonne lecture et à bientôt
  
 
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