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Mardi 9 Mars,
Un rat tente une sortie par le haut !
(voir le blog quelques semaines en arrière)
Depuis que j'ai bouclé ma maison avec du grillage, un rat a survécu au blé empoisonné et tente une sortie en rongeant l'isolation du bas de la maison. S'il ne meurt pas de faim, il finira bien par atteindre le bois du plancher, le lino et enfin la chambre. Je l'entends la nuit gratter, gratter et gratter encore. J'ai préparé sa sortie.Je me suis armé d'ustensiles de cuisine pour faire face à cette attaque souterraine.
Ne souriez pas, il y a un fonds de vérité dans cette triste affaire. Dans ma solitude, je vais peut-être tuer, dans un corps à corps, un ou des rats.Animaux très intelligents, à ce qu'on dit, et compagnons d'infortune.
Hier, j'ai aidé Bernard dans la construction de sa maison. Je n'ai pas fait grand chose, sinon être là quand il avait besoin de moi. C'est lui qui plantait les clous de 140 dans les madriers qui soutiendront la structure de la maison et le toit. Après 6 heures de travail, nous avons même posé la fenêtre. C'est beau le travail manuel. Il n'y a certainement rien de plus beau que la construction d'une maison. Un rêve d'enfant. Qui ne se souvient pas de sa première cabane dans le jardin ou dans les bois, de la pose de sa première tente. Moi-même, ici, malgré mon envie d'Alsace, je souhaite continuer et finir les travaux dans la maison.J'ai toujours aimer finir les travaux commencés. Abandonner un chantier non terminé me paraît difficile à envisager. C'est l'aboutissement du travail qui est la récompense. Jamais le travail en lui même. Je pense aux prisonniers condamnés aux travaux forcés. Nelson Mendela l'a bien décrit. Il cassait des cailloux à la masse, les réduisant en miettes. Et ce toute la journée, Sans jamais construire quoique ce soit avec.Dans les années 60, on parlait beaucoup du travail spécialisté : "le travail en miettes" (titre de Georges Friedman) Les ouvriers spécialisés qui montaient à la chaîne des voitures et autres produits manufacturés. On plaignait ces pauvres travailleurs, véritables automates. Les robots ont maintenant écartés ces travailleurs de la production. Cela fait des chômeurs en plus. Mais personne ne s'en plaint, apparemment.
Le froid persiste dans ma campagne. Moins 7 ce matin malgré une absence de vent. Je vais souffrir ce matin pour poser les panneaux de bois avec mon petit marteau et mes petites mains. Bernard a dit qu'il ferait un brasero avec les chutes de bois. Je me réjouis à l'idée de profiter de ce chauffage rudimentaire. Mais maintenant que la maison est commencée, il faut la finir....

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Mercredi 10 Mars


Nouvelle journée de travail sur la petite maison. Nous avons posé un premier bardage de bois de récupération. Des palettes suédoises, Bernard m'a donné leur origine. Du beau bois traité. J'ai planté beaucoup de clous de 70, avec mon petit marteau de couturière. Parce que plus on plante long, plus le marteau doit être lourd. C'est de la physique. Il faut des bras bien rebondis pour travailler avec un gros marteau de charpentier.
Aujourd'hui nous serons trois sur le chantier. Le fiston de Bernard est là pour deux jours. Il est patissier en banlieue parisienne. Il sait travailler. J'ai eu la chance de manger ses macarons (petit gateau granuleux et moelleux de 3 à 5 cm,à base de pâte d'amandes, de meringue,et de jaunes d'oeufs et de sucre). Un vrai délice. Je ne doute pas de ses capacités à manier le marteau.
Dans une semaine, France 2 diffusera une expérience de télé-réalité "extrême" d'après Laurent Bègue et Michel Terestchenko, qui me fait douter de mes congénères humains.
D'après les auteurs de l'article, cette diffusion va relancer le débat sur "la méchanceté de notre humanité ordinaire".
80 hommes et femmes ont été recrutés pour participer à un jeu télévisé. Ils ont accepté d'administrer des décharches électriques à chaque fois qu'un sujet répond mal à une question (en réalité un complice). Ils penseront envoyer des décharges de plus en plus fortes, jusqu'à 480 volts. A la demande de l'animateur télé, ces hommes et ces femmes deviendront vite des tortionnaires.
Je ne suis pas surpris. J'ai toujours eu peur des hommes, de ce qu'ils sont capables de faire en groupe. Quand on est intégré dans un système, on perd vite la notion de responsabilité individuelle. Les auteurs se demandent s'il existe une antidote à cette soumission...Vaste débat.

Jeudi 11 Mars.
        Journée de travail sur la cabane. Il ne faut pas sortir de Saint-cyr pour réussir la construction d'une cabane.Une bonne connaissance de principes de physique des matériaux me paraît ,cependant, indispensable. Savoir faire du béton est nécessaire pour construire les fondations et la dalle.L'ajustement des pièces de bois demande aussi des connaissances techniques pour éviter de fabriquer quelque chose de bancal qui s'écroulerait au premier coup de vent. A cela il faut ajoute un tempérament bien trempé pour supporter l'effort physique. Voilà, si vous vous sentez d'attaque, rendez-vous sur mon blog pour une première prise de contact.

Hier, le fils de Bernard est venu compléter notre petite équipe. Il est patissier de métier, pas une force de la nature, mais bien plus costaud que moi. Nous n'étions pas trop pour planter les clous. Une cabane, c'est du bois à couper et beaucoup de clous à planter. Le reste n'est que technique et des bras bien gros.
Nous avons mis la moitié des chevrons en place. Aujourd'hui, il nous faudra fendre en deux des bastaings pour fabriquer des chevrons pour l'autre pente du toit. Savez-vous que un bastaing fendu en deux fait deux chevrons ?


Je suis ravi de participer à la construction de cette cabane. Je me rapproche ainsi de Henry David Thoreau qui a construit en trois mois sa cabane de 3m sur 4,5m où il vécut seul deux ans et deux mois. La cabane de bernard sera pratiquement terminée en 15 jours et fera 4m x 4m, plus une petite avancée.

Encore l'Afrique
Hier soir, j'ai quand même regardé le journal. Le Monde parle sur une page de tueries noctures perpétrées par une (des?) ethnies musulmane sur une communauté (une autre ethnie) chrétienne au Nigéria. D'après le journal, , c'est la lutte pour le pouvoir local qui serait à l'origine de cette dernière tuerie.
Le Nigéria était soi-disant la plus grande démocratie de l'Afrique (quand l'Afrique du Sud était encore une dictature). On est bien loin de la démocratie occidentale avec le respect du résultat des élections. Est-ce que l'ONU va dire quelque chose cette fois-ci ?
Un rappel des dernières tueries au Nigéria.
2001 : Premiers massacres après les retour de la démocratie (...) : ils font près de 1000 morts,
2008 : après les élections locales, de nouvelles tueries causent la mort de 400 à 600 morts.
17 Janvier 2010 : des violences intercommunautaires font plus de 300 morts dans des villages chrétiens.

Je ne m'habituerai jamais à cette forme de cohabitation entre les peuples. J'appelle cela des massacres perpétrée par des sauvages, même si des gens bien pensants et responsables utilisent des mots diplomatiques. Je n'ai personnellement rien à négocier avec ces gens-là.

Toujours mon petit coup d'oeil aux moulins à vent...

Oui, ils tournent toujours....!


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