Le mariage. J'ai mis deux jours pour me rendre dans le village de l'Oise où doit être célébré le mariage franco-américain (le père de la mariée est Américain). Je me suis arrêté à Troyes pour un petit coucou à une amie de longue date. Je suis arrivé à l'heure pour la cérémonie, mon costume encore dans sa housse. Je l'ai enfilé dans un square du village où se tenait la cérémonie. Je n'ai pas cherché un lieu plus intime. Cette opération m'a bien amusé. Cela fait des années que je ne me suis pas habillé en pingouin. Tout compte fait, maintenant que je suis vieux, revêtir un costume élégant, c'est un peu comme changer de peau. L'habit permet de rester présentable. 

     Comme aurait pu dire ma mère, il y a mariage et mariage. Il y a les petits, les discrets, les vulgaires, il y a ceux que l'on voit de loin, les bruyants et les grands mariages distingués. Celui-ci était un mariage distingué de la haute... On célébrait l'union de deux jeunes gens qui ont fait d'excellentes études de milieux sociaux très respectables. Un grand mariage catholique célébré dans une petite église. La cérémonie en mairie est passée inaperçue, suivie que par quelques personnes. Seule la cérémonie religieuse avait de l'importance. Les futurs mariés avaient l'obligation de faire une préparation au mariage avec un représentant religieux. L'église veut être sûr de la complicité intime des futurs mariés.

     La cérémonie religieuse proprement dite m'a semblée longue et ennuyeuse. Trop de discours moralisateurs avec la présence de Dieu comme principal témoin du mariage (fallait s'y attendre). Le prêtre a demandé une dizaine de fois au public de se lever et de s'asseoir. Pourquoi ? Cela ne changeait rien pour moi, n'ayant pas trouvé de place assise... A la fin de la cérémonie, et après l'étape des prises de photos avec un photographe professionnel, les mariés se sont dérobés aux invités dans une jolie traction avant décapotable, ce qui a produit le meilleur effet. Des proches des mariés se sont suspendus à la corde de la cloche pour aviser la population de l'événement. Comme cela ne suffisait pas le curé a appuyé sur un bouton pour faire battre la cloche avec un moteur. Fin d'une première partie.

     Nous nous sommes rendus à l'Abbaye de Longpont pour un apéritif. Le convoi de beaucoup de voitures étaient étendu sur plusieurs kilomètres, je n'ai pas entendu une seule voiture klaxonner. Charme discret de la bourgeoisie. L'Abbaye de Longpont est située à quelques km de Villers-Cotterêt. C'est un très bel édifice malgré une partie ruine. Une belle restauration donc qui accueille une belle salle pour les événements. Nous avons été accueillis par des musiciens avec leur cors de chasse en tenue rouge.

     Nous avons pris l'apéritif dans les jardins de L'Abbaye. Les cors de chasse ont fait leur effet sur les invités. Que de la bonne humeur et des sourires partout. Voici ce que c'est qu'une fête. Le champagne a coulé à flot et plein de bonnes choses à becqueter. Un peu au hasard, le verre à la main, j'ai échangé quelques idioties avec des invités inconnus. Pas de gêne, nous étions ensemble dans la même communauté rassemblée autour des mariés. Je ne connaissais pas bien Amélie (la mariée), je l'avais rencontrée deux ou trois fois à Los Angeles quand elle était étudiante à San Francisco. J'ai quand même échangé quelques mots avec la tante et l'oncle  d'Amélie domicilié à San Francisco, j'ai parlé longuement avec un des fils de René Raymond et son épouse qui est une cousine de Laurence. J'ai échangé quelques mots avec un ancien prof du marié quand il était au lycée catholique Notre Dame. Oui le marié vient d'un famille très catho. Il a été chez d'une troupe de scouts dont beaucoup était invités dans leur bel uniforme. La tradition, cela se respect. Je me serai cru au cinéma. Il manquait le frère de Laurence, l'ancien pilote de l'Aéronavale. Tant pis.

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     Le repas. Les premières bouteilles de champagne vidées, les mariés nous ont invité à entrer en salle pour la distraction culinaire du jour : le repas de noce. Une très belle salle gothique (je crois). Il nous a été demandé de prendre un cierge à notre nom où figure notre place à une table placé sur une couronne de papier décorée. J'ai allumé mon cierge comme on me l'a demandé. J'étais placé à la table 6. Le côté solennel et religieux de cette manœuvre ne m'a pas échappé. Les invités ont été invité à prendre place à la table de la communion, vers la table de partage. Nous étions 9 à cette table : une amie d'enfance de Laurence et son mari professeur de pharmacie, une Française des USA, prof au MIT, la sœur de du ex-mari de Laurence et son époux, les amis de Palos Verdes (Cal.), architectes et artistes que je connais bien pour avoir été plusieurs fois invités chez eux, Laurence et moi. Cela fait 9. C'était un grand honneur d'avoir été placé à côté de Laurence, mais cela ne ressemblait à rien parce que je ne représentais rien pour Laurence. J'ai compris qu'elle ne souhaitait pas avoir son ex-mari à côté d'elle. Pour la durée du repas de mariage, je pense que cela aurait été bien que les parents de la marié soient réunis pour quelques heures. La nourriture était de qualité, le vin aussi, au menu nous avons mangé un filet de bœuf Crécy-Rossini avec foie gras et purée de carottes. Pour la conversation, ce n'était l'idéal, le lieu faisait caisse de résonnance, bruyant comme le hall d'une gare. On ne pouvait parler qu'avec nos très  proches voisins de table.

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     Les animations. Avant d'ouvrir le bal, les mariés ont fait couler le champagne sur la pyramide de verre et ont attaqué le gros gâteau que l'on appelle pièce montée, sous les applaudissements des invités Tradition oblige. Les mariés ont ouvert le bal en se lançant dans une danse superbe qu'ils ont mis des mois à apprendre (m'a-t-on dit). Le père a ensuite dansé un slow avec sa fille. Il a enchaîné seul avec un discours dans un français remarquable. Avec ses 60 balais, il nous a tous bluffés, séduits. Son speech était récité avec le ton d'un acteur professionnel et toujours accompagné d'un pas de danse, comme pour donner un peu plus de mouvement à ses mots. Laurence avait l'air très fier de son ex-époux. Moi, je me suis demandé pourquoi elle avait divorcé. Le discours terminé, sa fille s'est jetée dans ses bras. Moment très émouvant pour nous tous. Nous avons assisté à un spectacle hollywoodien. J'ai pris des photos et j'en oublié de manger du gâteau qui a dû coûter une fortune. C'est idiot de dire cela parce que ce mariage a coûté certainement très cher. Un beau mariage coûte toujours très cher.

    A 23h30, tout le monde s'est mis à danser, d'un petit signe, j'ai prévenu Laurence de mon départ. J'ai regagné ma voiture garée à quelques mètres de l'Abbaye et j'ai dormi comme une souche ou un loir, comme on voudra.

     J'ai oublié de dire quelques mots sur une belle animation. A la fin du repas, nous avons été conviés à un lâché de ballons. C'était pour moi une grande première. Les ballons sont des espèces de sacs de papier très fins chauffés à la chauffeur d'un bougie. Avec l'air chaud, ils finissent par s'envoler. Dans la nuit, cela fait un très bel effet, huées des participants garanties.

     Ce mariage m'a bien distrait. J'ai vu des familles réunies, célébrant avec joie et optimisme l'avenir de leurs enfants. L'organisation du mariage a été parfaite, aucune contre temps, une belle maîtrise du timing à l'américaine. Hollywood n'a jamais quitté les mariés et le père de la mariée. Pour un père divorcé, éloigné de sa fille par la distance, il a état remarquable. Chapeau l'artiste.

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