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"The" mariage.

  J'ai mis deux jours pour me rendre dans le village de l'Oise où devait être célébré le mariage franco-américain. J'ai d'abord fait une halte à Troyes pour un petit coucou à des amies de longues dates qui habitent maintenant à quelques km de Troyes, la capitale de la bonneterie.

  Le lendemain, samedi 13 juillet, jour du mariage, j'ai cherché à protéger mon costume de soirée en le gardant dans sa housse jusqu'au dernier moment. Je l'ai enfilé en plein milieu d'un square dans le village où devait être célébré la bénédiction de mariage. Ce n'était pas vraiment un problème, les villageois sont calfeutrés chez eux avec les fortes chaleurs de l'été, leur jardin est aussi entouré de haies végétale. Chacun est bien chez lui et moi, je suis tranquille au milieu du square pour mettre mon costume de mariage. Cette opération m'a bien amusé. Cela fait des années que je ne me suis pas habillé en pingouin. Tout compte fait, maintenant que je suis vieux et en voie d'extinction, vêtir un costume élégant est une excellent parade pour rester présentable.

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      "The" mariage

  Comme disait ma mère, il y a mariage et mariage. Il y a les petits, les discrets,  les invisibles. Il y a les extravagants, ceux qui font du bruit pour qu'on les voit de loin. Et il y a les grands mariages qui ne ressemblent pas obligatoirement le plus d'invités, comme on pourrait le croire, les grands mariages sont des mariages d'un certain rang social. Le mariage où j'étais invité (en qualité d'auditeur libre) célébrait l'union de deux jeunes gens de milieux intellectuels catholiques et le milieu de la libre entreprise, catholique aussi. Ce grand mariage était aussi 'grand' par son côté réunion de deux pays proches l'un de l'autre : les Etats-Unis et la France. C'est à l'occasion d'un mariage comme celui-ci, l'union d'une Américaine et d'un Français, que l'on mesure la complicité des deux civilisations. Le père américain de la mariée parlait français, la mère, n'en parlons pas, elle est française et habite aux USA depuis des dizaines d'années. La mariée, elle-même, a parlé le français avec sa mère depuis son plus jeune âge. Je n'ai pas trouvé de différence entre les deux cultures.  Une preuve de plus que que les clichés que l'on trimbale sur l'autre pays, ne méritent pas qu'on s'y attarde. 

Retour au mariage. 

  La cérémonie religieuse m'a paru longue et ennuyeuse. Trop de discours moralisateurs avec la présence de Dieu comme principal témoin du mariage (fallait s'y attendre). Le prêtre a demandé une dizaine de fois au public de se lever et de s'asseoir. Pourquoi ? Cela ne changeait rien pour moi, n'ayant pas trouvé de place assise... A la fin de la cérémonie, et après la séances des photos souvenirs, les jeunes mariés ont disparu dans leur Traction Avant. Comme la corde accrochée à la cloche ne suffisait pas, le prêtre a appuyé sur le bouton pour envoyer une volée de cloches au village endormi. Le mariage religieux a été célébré. Après quelques minutes de séances de photos souvenir, les invités ont rapidement regagné leur véhicule et je me suis retrouvé seul avec en poche l'adresse du lieu des festivités, et personne pour me chaperonner. Pendant quelques minutes, je me suis senti isolé. Je trouvais idiot de chercher seul le chemin avec mon GPS alors que tous les autres invités connaissent déjà le chemin. J'ai trouvé une voiture et je m'y suis accroché. Une scénique qui filait bon train. Sûrement une envie pipi. J'ai bien failli la perdre. Après une vingtaine de km à plus de 80 km/heure sur les petites routes de campagne, nous sommes arrivés sur le lieu des festivités :  l'Abbaye de Longpont. 

 

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  L'Abbaye de Longpont est située à quelques km de Villers-Cotterêt. C'est un très bel édifice. Quand une ruine a été restaurée, on ne devrait plus l'appeler 'ruine'. Une partie a été réhabilitée en salle de réunion/restaurant. Nous avons pris l'apéritif dans les jardins : champagne, jus de fruits et plein de bonnes choses à manger, c'est dans ces moments-là que l'on est content d'être venu ! Avec mon verre de champagne à la main, j'ai enfin pu rencontrer et parler avec des invités. J'ai bavardé avec la tante de la mariée et son mari, un des deux fils de René Raymond (j'ai dit la semaine dernière qu'il y aurait du beau monde). J'ai aussi parlé avec un ancien prof d'espagnol du marié. Je ne souviens pas dans quel lycée c'était, "Notre Dame" quelque chose...J'ai discuté avec quelques personnes. Toutes des gens très bien avec une bonne situation. Je ne vais pas émunérer les titres des uns et des autres. Vraiment un mariage Upper Middle Class. Ces rencontres m'amusent toujours. On a les distractions que l'on peut. L'oncle "pilote de chasse de l'aéro" n'était pas là, je le regrette.

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      Le repas à table. 

  Les premières bouteilles de champagne vidées, le marié nous a invité à entrer dans une salle gothique d'époque (I think) pour le repas. Pour trouver notre place à table, on nous a demandé de chercher le cierge avec notre nom et le numéro de la table inscrit sur une couronne de papier décorée. Les cierges étaient rangés verticalement. J'ai allumé le mien, comme on me l'a demandé,  et je me suis avancé vers ma table, la No 6.  Il y avait un côté religieux dans cette marche vers la table de la communion, du partage. Une fois tous les cierges placés au milieu de la table, avec quelques fleurs, les tables étaient richement parées.

   J'ai eu l'honneur d'être placé à la droite de la mère de la mariée (ma copine de L.A.) On peut dire que cette table était typiquement américaine : une amie d'enfance de L. qui a vécu à L.A. et son mari, une Française, prof au MIT, l'oncle américain de la mariée et son épouse, des amis de L.A. que je connaissais déjà et ma pomme... Nous étions neuf à table. La nourriture était de qualité, le vin aussi, au menu nous avons reçu un filet de boeuf Crécy-Rossini avec foie gras et purée de carottes. Pour la conversation, ce n'était l'idéal, le lieu faisait caisse de résonnance, bruyant comme dle hall d'une gare. On ne pouvait parler qu'avec nos proches voisins de table.

 

Les animations.

  Les mariés ont dansé, seuls, deux danses. Du beau spectacle pour des non-professionnels.  Deux autres danseurs ont fait un très joli show : la mariée et son père. Vraiment remarquable. Avec ses 60 balais, le père nous a bluffés. Il a aussi fait un discours en français qui a été apprécié de tous, speech accompagné de quelques pas de danse, une vraie prestation d'acteur. L., son ex-épouse, m'a soufflé qu'elle était fière de l'avoir épousé. Sa fille s'est jeté dans ses bras. Moment très émouvant que ces retrouvailles en public.

A la fin du repas, avec le dessert, les mariés ont fait couler le champagne sur une pyramide de verres. J'ai pris des photos, mais trop occupé à la conversation, j'ai oublié de me servir.

Je n'ai pas manqué mon café accompagné d'un excellent biscuit. Le temps de la danse pour tous est arrivé vers 23h30, je me suis excusé auprès de L. et je suis rentré dans mes appartements. En fait, j'ai regagné ma voiture, garée un peu à l'écart et je me suis couché. 

  J'ai oublié de dire quelques mots sur une belle animation. A la fin du repas, nous avons été conviés au lâché de ballons. C'était pour moi une grande première. Le lâché de ballons chauffés à la chaleur d'une bougie que l'on place à l'intérieur d'un sac en papier. L'air chaud gonfle suffisamment le ballon pour le faire décoller, il prend de l'altitude et sa lumière disparait dans la nuit, sous les hués de plaisir des spectateurs.  Une bonne idée que ces ballons une veille de 14 juillet.

  Ce mariage m'a bien distrait. J'ai vu des familles réunies, célébrant avec joie et optimisme l'avenir de leurs enfants. L'organisation du mariage a été parfaite, aucune contre temps, une maîtrise du timing à l'américaine. Holywood n'a jamais été très loin de Los Angeles où est née et a vécu la mariée. j'ai  encore une mention particulière à faire à l'adresse du  père de la mariée qui a été absolument remarquable. Père divorcé qui n'a pas beaucoup vu sa fille ces dernières années, il a montré à tous qu'il était encore là, proche de sa famille. En une soirée, il a fait honneur à sa fille, sont gendre, son ex-épouse, et toute sa famille et ses amis. Chapeau l'artiste !

 

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