HUMEUR VAGABONDE

J'emprunte ce titre à Antoine Blondin, vous l'aurez reconnu, par le pur des hasards. J'avais prévu un autre titre « La rentrée » parce que je n'entends parler que de rentrées depuis quelques jours, à la télé comme à la radio. Et puis, ce matin, j'ai été intrigué par un invité sur France Culture à 7H41 : Jean Rolin, connu comme un évrivain « errant ». Il est d'autant plus qu'il ne possède pas de permis de conduire. Il se fait donc transporter. Pour un « errant » cela ne doit pas être la joie tous les jours quand il se déplace à Los Angeles. Jean Rolin parlait de son dernier livre « Britney Spears ». Pour écrire ce livre, il a séjourné en Californie. J'ai été intrigué par cet homme, ancien mao-spontex de Mai 68, journaliste -- écrivain, lauréat de nombreux prix, y compris le prix Albert Londres. Je suis heureux de l'avoir entendu ce matin. J'avais l'impression d'entendre un Jack Kerouac contemporain, plus planétaire encore que Kerouac. Ou bien Joseph Conrad.

Mes errances personnelles, qui ne sont évidemment pas le statut de 'littéraires', me rapprochent immanquablement des écrivains solitaires, errants, toujours un peu désaxés, comme Antoine Blondin qui avait l'audace de jouer à la corrida avec les voitures devant les « Deux Magots » à Saint Germain des Prés.

La vie est toujours un peu plus « radieuse » quand elle est originale. Quand elle sort de l'ordinaire. C'est ce que l'on cherche, en fait, dans une œuvre artistique. Le vœu de tous les artistes : être original.

Dans cette émission de France Culture, Jean Rolin a parlé du film de David Lynch, Mulholland drive. Un de mes films cultes. Le plus dramatique dans cette histoire, c'est que je suis allé l'année dernière à Mulholland Drive, essayer de retrouver des scènes du film. J'ai quand même retrouver la route avec ses nombreux virages, rien de plus, sinon une longue route de crêtes sur la colline d'Hollywood. C'est de ma faute, Une bêtise que confondre réalité et fiction.

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MAIGRIR

Maigrir. Pour beaucoup, une nécessité. Pour certains, une obsession.Vouloir maigrir n'a rien d'anodin. Ce n'est pas un sujet de réflexion de deuxième ordre. En fait pour maigrir sérieusement, il faut mener une bataille contre les supermarchés, les boulangers, les pâtissiers, les charcutiers, tous les autres qui vendent de la bonne et mauvaises bouffe, et soi-même, surtout soi-même. C'est dans la tête.

Je sais de quoi je parle. Depuis que les médecins m'ont déclaré diabétique, j'essaie de gérer ma maladie sans prendre de médicament. Je cherche à maîtriser ma maladie en « travaillant » sur l'exercice physique et sur l'alimentation. Pour l'exercice, ce n'est pas trop difficile. A mon âge, et n'ayant jamais été sportif, j'ai opté pour la marche. Au début, je marchais 20 minutes, pratiquement tous les jours. Petit à petit, je me suis aperçu que je pouvais marcher plus. Mon médecin traitant m'avait dit « l'homme est fait pour la marche ». Je marche aujourd'hui 1h10 par jour, sauf quand il pleut toute la journée. Ce qui est assez rare en Alsace.

Pour la nourriture, c'est beaucoup plus complexe. Quand on m'a trouvé malade, je pesais 85 kg. C'était un peu enveloppé, mais pour une taille de 1,80 m c'est encore considéré comme normal. Le médecin m'a tout de même conseillé de perdre 5 kg. En 6 semaines, c'était fait,. Je me trouvais tout de même encore trop bien portant et j'ai perdu 5 kg supplémentaires au cours des mois suivants. Au cours de mon dernier voyage aux Etats-Unis, mon alimentation s'est trouvée perturbée. A mon retour, mes analyses médicales n'étaient pas bonnes. J'ai décidé de maigrir de 5 kg supplémentaires. J'entre maintenant dans mon cinquième kg perdu. Je retrouve le poids de mes 18 ans : 70 kg. J'en suis ravi. Perdre tous ces kg, c'est bien pour sa silhouette mais aussi bon pour sa santé car cette accumulation de graisse est une réserve contre les jours de diète. Il n'y a plus de jour de diète de nos jours. Tout le monde mange ses trois repas par jour, plus les grignotages.

Mais pour garder la ligne, et à fortiori maigrir, c'est une véritable galère. Que l'on soit jeune ou vieux, bien manger c'est un plaisir incontournable. Le sucré, le salé, la bonne graisse, que l'on appelle (pour plus de discrétion, lipides, aujourd'hui). Grâce à cette alchimie magnifique, que l'on appelle la cuisine, on fabrique des plats savoureux qui nous rendent la vie bien difficile, pour nous, humains, trop bien nourris. Penser maigrir devient un calvaire. J'ai, tout de même, réussi à perdre 15 kg, que je ne reprendrai jamais. Sachant le temps et la douleur que cela m'a pris pour parvenir à ce résultat. Je sais que je pourrais peut-être reprendre deux ou trois kg. Mais sûrement pas 15.

Vous devez vous demander comment j'ai fait. Je vais vous le dire tout de suite. Ma méthode ce n'est pas la méthode compliquée, elle n'a rien de scientifique, comme le régime Dukan. Ma méthode ne sera jamais recommandée par les médecins car c'est une méthode que l'on pourrait appeler obsessionnelle et pitoyable. Pour moi, elle a été efficace.

Voilà. Pour commencer, j'ai besoin d'un cahier et d'une balance. Je note tout ce que je mange. Je ne pèse pas la nourriture, mais j'écris en détail ce que je mange. Par exemple à midi, j'ai mangé une petite assiette de haricots rouges en salade, avec un peu d'assaisonnement, huile et vinaigre, deux petits filets de poulet pané et une assiette de riz basmati avec du beurre, en dessert un yaourt mélangé à de la crème de marron, j'ai bu une verre de vin (12cl). Je note tout ce que je mange, même ce que je 'grignote' en dehors des repas. Vous vous demandez peut-être pourquoi je note. Vous connaissez la réponse : pour étudier ce qu'il s'est passé dans mon corps au cours du mois passé, ou du trimestre passé. D'un jour à l'autre on oublie vite ce que l'on a mangé.

Sur la même page, je note mon poids (kg et centaines de grammes). Sur un cahier unique, j' inscris, par jour, mon poids et ce que je mange. Je me pèse au moins une fois ou deux par jour. Cela ne me gêne pas et j'ai personne pour me faire des réflexions. Cela ne me donne pas envie de me flinguer. Je vois ainsi, inscrit noir sur blanc, pourquoi j'ai maigri ou grossi. L'exercice physique pratiqué, la nourriture 'avalée' et le résultat en terme de poids. Il n'y a pas de place au camouflage ou à la dissimulation. Je pèse ce que je mange avec l'exercice physique que je pratique. C'est presque une figure géométrique à trois branches.

Ça fait malade, je vous l'accorde. Pour moi, c'est le prix que je paye pour retrouver la santé par ailleurs. Ces cures d'amaigrissement que je m'offre, me renseignent sur la quantité de nourriture dont j'ai besoin pour vivre. Je ne compte pas les calories, mes notations sont déjà assez ennuyeuses comme ça. Par la pratique et en fonction des résultats, je tempère ce que je mange. Evidemment, certains jours, je craque pour un gâteau ou une bonne choucroute. Je rattrape mon écart les jours suivants. Je paye tous mes dérapages, c'est la règle, incontournable. Eh bien, je peux vous dire aujourd'hui après tous ces mois de comptabilité que ÇA MARCHE.

La guerre contre l'obésité est loin d'être gagnée. C'est une guerre permanente. Nous vivons dans un monde où les sollicitations à manger ou à boire sont immenses. Nous disposons maintenant de produits alimentaires élaborés en laboratoire pour qu'ils soient d'un goût acceptables et si possible, très agréables, même s'ils valent rien au niveau nutritionnel. Quand on est sédentaire comme moi, même si je fais ma marche quotidienne. J'ai besoin de très peu de nourriture pour vivre. Je pourrai bien sûr faire des repas copieux en ne mangeant que des légumes (pas de féculents), mais ne manger que de la salade, des courgettes, ou des poireaux, sans sauce ni assaisonnement, est mission impossible. Je pense aux enfants obèses, malheureux de leur obésité et qui continuent à manger en excès. Mais, là encore, le traitement que je m'inflige pour maigrir, je n'imagine pas un gamin le faire. Pour un adulte, c'est possible cela demande une certaine volonté. Tous comptes faits, c'est préférable à la prise, à vie, de médicaments.

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La nouvelle Libye en reconstruction

En politique internationale, cette semaine, je n'ai suivi que les événement de Libye. De ma fenêtre, j'ai vu les derniers jours du régime Kadhafi. La fuite d'une partie de sa famille en Algérie. La conférence des « amis de la Libye ». Je n'ai pas compris (par ignorance évidemment) l'absence de l'Afrique du Sud qui désapprouve l'ingérence d'Etats extérieurs et de l'OTAN. Quel sorte de gouvernement ont-ils en République Sud Africaine en ce moment ? Un peuple qui a tant souffert de la dictature et de lois racistes....Si Hubert Védrine était là, il expliquerait tout ça très bien.

Je suis bien soulagé que cela s'arrête en Libye. Comme beaucoup, je vivais très mal de voir ces images de jeunes inexpérimentés dans l'art de la guerre, faire face à un dictateur armé jusqu'aux dents, avec des chars, des avions, roquettes, etc... Ils partaient, sans erreur, au casse-pipe. Beaucoup sont morts pour chasser la dictature en place depuis 42 ans. La Grande Bretagne et la France ont bien manœuvré sur ce coup. L'Europe a retrouvé une certaine respectabilité auprès des pays du Moyen Orient et dans le monde. Si j'ai bien suivi, le Parti Communiste Français ne reconnaît toujours pas aujourd'hui le CNT (gouvernement provisoire Libyen), pas plus qu'il n'a approuvé l'intervention de la France et de l'OTAN. Je le regrette. Au PCF, il y a des gens 'bien', des gens que je respecte. Mais le PCF fait toujours une politique de m.....Je sais que ce n'est pas correct de dire ça. Je le dis quand même. Avec quelques exceptions comme la Guerre d'Algérie et les guerres de libération en Afrique, Angola et Afrique du Sud, par exemple. Je n'ai pas oublié Budapest et le Printemps de Prague, mouvements de libération brisées par l'URSS avec le soutien du PCF. Méchantes erreurs impardonnables à mes yeux. Je me rendais souvent à Prague dans ces années-là. J'y étais aussi quelques jours à partir du 24 Août 68. Je ne sais pas si la date vous dit quelque chose. La Libye n'est cependant pas sortie d'affaire. C'est un pays musulman sous l'autorité morale de responsables de tribus. L'absence de partis politiques ne va pas rendre la tâche facile pour la tenue d'élections libres et démocratiques.

Qui vivra verra ! 

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