Les murs sont en vacances.

Les murs sont en vacances.

Jeudi 31 août 2017

Une chambre comme un mouchoir de poche.

    Je suis au plus bas. Jamais je n'ai eu une chambre aussi petite. Je peux à peine entrer et sortir de la salle de bain/WC. Je n'ose pas réclamer. Il faut tendre la main pour payer un supplément. Dans ce pays,  les hôteliers sont des requins blancs redoutables. Je passerai donc mes neuf nuits dans cette boîte de sardines. J'ai fait une nuit, je devrais survivre pour les huit autres. Hier je suis allé dans une île à une heure de bateau de Kowloon, Cheung chau. J'y ai mangé de délicieux raviolis avec du riz pour 27 HKD (3 euros). L'endroit était très sympa. Deux personnes s'activaient pour servir. Ils servaient toutes sortes de plats présentés dans de petits paniers en bois (cuissons à la vapeur). Très peu d'Européens sur cette île et aucune voiture ! 

Aéroport de Hong Kong à 21h55.

   Le voyage de Bangkok à Hongkong s'est bien passé. Même très bien passé parce que j'ai voyagé sous les couleurs d'Emirates Airlines dans un airbus 380 et j'étais assis à coté d'une chinoise de 20 ans, père designer à Shenzhen et mère professeur de piano à Taipei. Le jeune nana était en voyage retour de Paris à Hong Kong. Paris/Dubai/Bangkok/Hong Kong. Elle ne paraissait pas fatiguée, comme quoi  les jeunes ont beaucoup de ressources... Une conversation de trois heures très agréable avec une personne de qualité qui a séjourné quelques mois à Aix en Provence. A 20 ans, elle a une certaine tenue qui promet des jours heureux. Exemple; quand l'hôtesse lui demande ce qu'elle veut boire, elle commande une bière et une bouteille de vin blanc. Devant la réaction un peu surprise de l'hôtesse. Elle dit simplement "I like alcool !". Je trouve cela pas mal à son âge.

   Je suis à Hong Kong et j'en suis ravi. Je retrouve un lieu aimé et connu. J'y était encore l'année dernière. Je n'ai pas encore quitté l'aéroport. Je n'ai loué ma chambre qu'à partir de demain. Je n''aime pas m'installer dans une chambre d'hôtel tard le soir. Si ma réservation ne fonctionne pas. Ce qui est toujours possible ici, je ne trouverai pas une autre chambre ou à un prix exorbitant. Une fois j'ai été obligé de reprendre le bus 21 pour dormir à l'aéroport. J'ai mangé un plat à 7/11. Le vendeur m'a aidé à faire réchauffer mon plat avec une gentillesse toute asiatique. Je ne peux pas imaginer ça en France où chaque marque de gentillesse est considérée comme une faiblesse. La France est vraiment à la traîne en matière d'accueil des touristes. Rien à dire de plus, on a beau se débattre dans dans arguties de pacotilles, nous devons considérer qu'un vendeur doit par définition chercher à être agréable avec le client qu'il sert. Si on pense le contraire, il faut changer de métier.

La culture en Thaïlande.

   La ville de Bangkok (ou le ministère de la culture, je ne sais pas) a rénové et ouvert un grand bâtiment en centre ville, côté Palace. Il en a fait une bibliothèque municipale. Je suis passé plusieurs fois devant sans y prendre garde, tout simplement parce que, à côté d'un mot écrit en thaï, ils ont inscrit LIBRARY. Je pensais que c'était un truc de conservation de documents ou quelque chose comme ça. Mais pas du tout. Il s'agit bien d'une bibliothèque ouverte à tous. S'ils avaient marqué Public Library, cela aurait été plus clair. Bref, je suis rentré, on m'a demandé de laisser en dépôt mon passeport en échange d'une carte magnétique pour passer le tourniquet de l'entrée. Une fois admis à l'intérieur, on remarque le volume et l'espace de l'endroit. Il y a de quoi mettre beaucoup de livres. Pour l'heure, sans être méchant, je n'en ai pas vu beaucoup. Les livres anciens ne sont pas là. Ils sont peut-être cachés quelque part pour être à l'abri des convoitises du public. Je suis un rien perplexe devant l'ouverture de cet établissement destiné à la lecture. J'ai vu un certains nombre d'ordinateurs, mais les gens occupaient les emplacements pour lire. Peut-être n'étaient-ils pas encore branchés ?

   Je doute de tout  maintenant que j'ai un peu l'habitude d'errer dans les rues de Bangkok où ce qu'ils appellent culture est principalement tout ce qui se réfère à l'histoire de la Thaïlande, de la constitution de son territoire, du bouddhisme et des ses nombreux rois.

La situation politique en Thaïlande.

   L'ex Première ministre de la Thaïlande, Yinghuck Shinawatra,  dont le gouvernement a été renversé en 2014 par une junte militaire. Elle a quitté la Thaïlande dans un jet privé pour se réfugier à Dubaï et pourrait s'installer en Grande Bretagne où vit son frère, également ancien Premier Ministre). Dans ce pays, on fait tout en famille. Ils risquaient d'être tous les deux jeter en prison pour quelques années sans plus de procès. L'exil est toujours la meilleure solution. tous les deux, qui aurait pu les jeter en prison pour quelques années. 

   La confusion règne en Thaïlande. Même mort, j'ai l'impression que le Roi continue à régner dans ce pays. Le peuple, habillé de noir, continue à le servir et le respecter. En l'absence de gouvernement qui gouverne réellement en Thaïlande, qui représente la Thaïlande à l'étranger ? A l'ONU ? Ca m'intrigue. Je devrais chercher sur internet.

C'était il y a dix ans déjà.

On n'est pas dans Alexandre Dumas qui a écrit "vingt après" sur la vie des Trois Mousquetaires. Mais tout de même..Dix ans après je retrouve ma "fiancée" de 2007 : Oranud. Jeune femme qui a maintenant 54 ans. Elle ne s'est jamais sentie très thaï,  de père chinois et de mère thaï. Quand je l'ai connue, elle dessinait des visages de femmes sur des petits cartons qu'elle vendait aux touristes de Khao san Road.

   Elle avait déjà été marié à un Français rencontré à Bangkok. Elle s'est installée avec son époux en France. Au bout de quelques mois, elle est rentrée en Thaïlande pour récupérer sa fille. Elle n'est jamais retournée auprès de son mari qui a fini par divorcer par coutumace.

   Elle voulait m'épouser et revenir vivre en France. Projet autant ambitieux que dangereux. Mais je voulais lui donner sa chance. Elle m'avait un peu raconté sa jeunesse, l'abandon de ses parents et son éducation dans une école catholique de Bangkok. Toutes ses copines de l'époque ont été casées, sauf elles, son caractère fantasque l'a marginalisée. Elle a petit à petit appris un rudiment d'anglais qui lui a permis de communiquer avec les touristes de passage qui lui achetaient pour quelques euros ses petits dessins. Elle n'avait pas de logement stable et habitait dans des petits hôtel miteux sans confort. C'était une belle fille au regard foudroyant. Une grande séductrice.

En voulait m'épouser. J'aurais pu le faire une fois installée en France avec moi. Je ne voulais pas d'un mariage asiatique, non reconnu en France. J'ai fini par abandonné. Je me faisais embarqué dans une affaire autant dangereuse que coûteuse.

   A 54 ans, elle est toujours là dans le quartier de Khao san Rd et loge toujours dans les hostels à 150 baht (4 euros) la nuit. Elle change souvent de domicile parce qu'elle finit par ne pas payer le loyer et se retrouve régulièrement dans la rue. Elle perd régulièrement sa carte d'identité parce que l'hôtelier la garde comme garantie de paiement. A chaque voyage, je la retrouve dans la rue.

   Elle crie : "Alain". Une seule personne peut crier mon nom dans Bangkok. Oranud est là, pas très loin, assise à même le sol, à vendre ses petits dessins aux touristes parlant anglais. Cette fois-ci comme l'année précédente, elle m'a ponctionné de 200 bahts. Je lui ai donné. Comme d'habitude, elle m'a reparlé du Français qui l'a épousée il y a une vingtaine d'année. Elle ne réalise pas que son mari l'a divorcé il y a belle lurette. Oranud est dans son monde. Je ne sais pas de quoi elle souffre, un mal tenace qui la sort de la réalité. 

   Elle est toujours très belle, elle doit aller chez le coiffeur parce qu'elle est toujours bien coiffée. Ce matin elle était rayonnante dans une robe bleue. Elle faisait ses courses. Elle avait dans son sac plastique un poisson, il lui restait 15 bahts en tout et pour tout dans son porte-monnaie. Je l'ai trouvée bien gaie. Elle vit avec trois fois rien mais cela ne semble pas vraiment la déranger. Elle repart à zéro tous les jours. Quand elle n'a plus rien, elle arbore son plus joli sourire et fait la mendicité. Elle ne possède aucun objet personnel, une brosse à dents, quelques pastels. Elle ne garde aucun vêtement. Quand c'est sale, elle rachète. Elle vit comme ça depuis des années. Je ne sais pas comment elle fait. Même les moines qui font aussi la mendicité pour manger, ont leur lieu de vie, leur chambre à eux. Sa vie ne s'explique pas, elle peut peut-être se décrire, pas plus.

Je me marre !

   Tous comptes faits, je ne devrais pas me marrer parce c'est pathétique : Rodriguez le grand patron de la CGT a dit que Macron prenait les Français pour des cons parce qu'il a dit que les Français n'aiment pas les réformes.

   Jolie langue de bois que celle de Rodriguez. Il veut toujours faire croire aux travailleurs que seule la CGT  aime le peuple, aime les travailleurs. La vérité est que Rodriguez ne sait pas dire la vérité aux Français. La vérité n'est pas indispensable pour lui, elle est seulement  un outil pour convaincre ses sympathisants et adhérents. Pour convaincre, il utilise une langue agréable, douce à entendre. Il faut toujours  caresser dans le sens du poil. J'appelle ça du langage publicitaire. Il faut dire quelque chose qui plaise pour faire acheter (la carte du syndicat).

   Macron a dit la vérité : les analystes sérieux l'ont dit : les Français, ne sont jamais content de leur sort, ils n'aiment pas les réformes. Et pourtant il faut faire de grosses réformes comme Schröder les a faites, en son temps, en Allemagne. Mais comme les Français n'aiment pas les réformes, les dirigeants politiques français, font des réformettes. Et quand le bilan est fait à la fin du mandat, tout le monde dit que "rien n'a été fait sous le dernier quinquennat.". C'est bien triste d'être schizophrène à ce point. C'est même une grande faiblesse. Savoir que les étudiants font la gueule parce qu'ils vont perdre 5 euros par mois sur leur allocation logement, me fait râler. Il y a encore beaucoup trop d'étudiants qui ne connaissent pas la valeur de l'argent. Noter ses dépenses pour mieux évaluer ce que l'on peut et ce que l'on ne peut pas dépenser est le début d'une bonne gestion, sauf si on est assez fortuné pour dépenser sans compter. Mais simplement évoquer de noter ses dépenses sur un carnet et de nos jours scandaleux et risible. Pour l'heure, c'est moi qui me marre.

   Margaret Thatcher, fille de petit commerçant, a aussi géré la Grande Bretagne en comptant les pennies (comme on dit en Angleterre, bien que les pennies n'existent plus). Comme Schöder, elle a fait les réformes qu'il fallait pour sortir le pays du marasme (la Grande Bretagne connaissait alors une inflation à deux chiffres, en 1977).

   Après avoir cité Schröder et Thatcher, c'est difficile de me citer en exemple en matière de bonne gestion financière, mais c'est la réalité. Depuis que je note mes dépenses, je dépense mieux. Depuis 6 ans, je dépense annuellement la même chose, alors que les prix ont toujours un peu augmentés.  Quand je fais les courses, je fais des choix, je regarde les prix. J'achète certaines choses et pas d'autres. en fonction des prix et de la nécessité d'effectuer cet achat. Cà fait souvent sourire mais c'est efficace.

L'Etat doit faire la même chose avec l'utilisation de nos impôts et des emprunts qu'il engage. J'arrête là ma plaidoirie. Ce n'est pas utile, mais cela fait du bien de l'écrire. Quand on vit seul. On est obligatoirement limité : soit on parle à son chien soit on l'écrit sur son blog. Sur ce, côté météo, c'est stable la journée d'hier, comme sera la journée de demain. Le thermomètre à Bangkok n'oscille pas beaucoup. Nous sommes toujours entre 30 et 34°, avec un risque de pluie en fin d'après-midi. Ici pas besoin de prendre la météo avant de sortir le matin. En cette saison de mousson, une pluie soudaine, torrentielle est toujours possible tous les jours,  surtout en fin d'après-midi. A Bangkok, je regrette le climat européen, avec ses jours chauds et ses jours froids. Vivre sous climatisation électrique en permanence est quand même un grosse contrainte.

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