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FRÉNÉSIE DE MOTS

 

Alors que ma vue baisse, rendant plus difficile la lecture, j'achète plus de livres. Je ne devrais pas. J'ouvre un livre sans aller bien loin, quelques pages et je m'endors dessus. Je sens bien que le livre m'échappe, dans un geste de survie, je m'en accroche. Je les emporte dans ma chambre dans l'espoir de lire un peu, avant de dormir. La fatigue gagne vite, je pose le livre sans regret, comme si c'était normal.

A 18, 20 ans, j'ai connu une situation différence avec quelques ressemblances tout de même. J'achetais des livres que je lisais peu parce que je ne comprenais pas ce que je lisais. Mais je lisais quand même. Comme par devoir ou nécessité. Je ne regrette pas l'avoir fait. A cette époque, la compagnie d'assurance où je travaillais avait un service social qui me versais tous les mois un petit complément de salaire pour me permettre de joindre les deux bouts. Avec mon salaire , j'achetais quelques livres chaque mois. Au grand dam d'un représentant du service social, témoin de mon comportement.

 

Cette semaine, j'ai acheté « l'Ethique de Spinoza parce qu'on en avait parlé à « Jeux d'Epreuves », et j'avais suivi une conférence à Saint Louis sur Spinoza (comment vaincre les passions), et en plus, Spinoza me poursuit depuis 40 ans, il m'attire mais je comprends toujours rien de ce qu'il écrit.

J'ai acheté, aussi, un petit livre de Jeanne Benameur, « laver les ombres ». Je l'ai trouvé chez Gibert Jeune dans le Quartier Latin. Je ne la connaissais pas. J'avais lu que Xavier Houssin allait parler de cette auteure sur une chaîne radio. J'ai décidé d'acheter quelque chose d'elle, j'en ai déjà lu 14 pages !

J'ai acheté, également, « Gatsby le Magnifique », que j'avais déjà, mais que j'ai perdu en 2005, dans mon départ au bout du monde. Josyane Savigneau en a reparlé dans son Carson McCullers. J'ai eu envie de m'y remettre, dans cette écriture folle des écrivains américains des années 30, quand les écrivains et les artistes aimaient Paris.

J'ai acheté un nouvel exemplaire de : «Voyage au Bout de la Nuit de L.F. Céline. Je l'ai, bien sûr, déjà lu. Mais cela devait être en 1966. C'est l'heure de la piqûre de rappel. Entendre parler de Céline à la radio, et ne plus me souvenir de 10% du Voyage au bout de la nuit, m'était devenu insupportable, presque une humiliation. Comme celui qui continue à courir après les femmes, et ne sait plus pourquoi !

Enfin, les chroniqueurs de l'émission de France Culture de Joseph Macé-Scaron ont reparlé de «ma copine» Nuala O'Faolain dont j'ai déjà acheté 4 ou 5 ouvrages d'elle. Jeux d'Epreuve a reparlé d'elle à l'occasion de la parution d'articles de journaux publiés dans des journaux irlandais. J'ai réussi à acheter le livre en anglais chez Amazon. Je suis très heureux de mon acquisition, j'emporterai ce livre dans ma dernière demeure, si j'arrive à prévoir l'évènement. Oui, beaucoup de SI... J'aime bien les SI. Les si sont de l'imaginaire, plus que des probabilités. Je vais donc lire ces articles, à mes temps perdus.

Last but not least, j'ai acheté la thèse concentrée de Jean Bernard Cheymol, « la brièveté télévisuelle », un livre sur les nouvelles perceptions médiatiques des arts plastiques.

Un livre pour érudits, qui, je pense, restera un classique disponible dans les bibliothèques universitaires. Jean Bernard Cheymol fait parti de mon cercle d'amis proches que je vois régulièrement, c'est donc avec plaisir que je me suis rendu la semaine dernière à Paris à la présentation de son livre.

J'ai entendu, hier soir, quelque chose de Woody Allen qu'il avait dit au Grand Journal de Canal Plus. On lui a demandé comment il faisait pour écrire ces films. Pour lui, c'est simple. Il s'enferme chez lui, tout seul, attend que « ça vienne ». Cela peut durer plusieurs semaines de « gestation », et ça finit par « venir ».

J'aime ça. Trouver en soi ce que l'on a à dire. Je pense aussi aux chefs indiens de nos vieux films de cow - boys. Ces chefs qui montaient seuls sur la montagne chercher la vérité, la décision à prendre.

 

 

L'international

 

Les grands dossiers ne manquent pas. J'ai vu qu'une majorité de Français suivait Sarkozy sur l'intervention de la France en Libye. J'en suis très heureux. Les medias ont fait de bonnes présentations des épreuves dont étaient victimes les peuples de Libye et peut-être des autres pays du Moyen Orient. J'ai conscience que les opinions publiques se font aujourd'hui à partir d'images, très peu sur les « mots » ou sur certains mots accrocheurs. Les discours trop longs et les arguments incompréhensibles aux communs des mortels. Les images ne mentent pas, dit-on. Méchant racourci, mais quand même, les gens aiment bien les images pour se faire une opinion. Quand j'entends, les explications que donne Hubert Védrine sur l'état du monde, je comprends que c'est sur une chaîne comme France Culture. C'est trop compliqué. Nous sommes dans une drôle de démocratie. Une démocratie du spectacle pour la majorité et une démocratie pour les gens instruits, capables de comprendre des argumentairesrie. Drôle de société où nous sommes. Je comprends que dans ce contexte, on connaît quelques couacs.

 

 

La Côte d'Ivoire

Le bain de sang dont j'ai parlé, il y a quelques semaines, a bien eu lieu. il ne fallait pas être bien sorcier pour le prévoir. J'en retiens la folie d'un homme d'État d'opérette qui a joué avec la vie de millions d'hommes et de femmes en niant les principes mêmes de la démocratie, et en utilisant sa milice privée pour défendre son pouvoir.

Maintenant que ce monsieur Gbagbo est écarté du pouvoir, que va-t-il se passer en Côte d'Ivoire? Les hommes du nord du Président Ouattara, musulmans ne vont certainement pas en rester là et respecter « les institutions républicaines ». Je ne veux pas tenir des propos paternalistes (comme dirait Hubert Védrine), mais je n'arrive pas à imaginer que le Côte d'Ivoire va devenir, comme par miracle, un long fleuve tranquille.

D'autres épreuves viendront...Mais pour l'instant, tous les guerriers ont besoin de repos pour reprendre des forces. La paix pour quelques temps.

Le reste de l'actualité, je n'ai pas trop suivi. Comme toutes les semaines, le temps passe trop vite ou c'est moi qui ai besoin de plus de temps pour faire la même chose qu'avant....Je penche pour cette seconde hypothèse, avec regret. 

 

 

 

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Fleuriste sur mon parcours de santé. J'admire ses compositions.

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