Jean Moulin au Panthéon en 1964


Hommage d'André Malraux

Vendredi 14 mars 2014, 6h30.
   Tous volets fermés, je suis chez moi dans mon sous-marin. j'ai besoin de repli pour écrire mon blog. La lumière électrique me convient mieux que la lumière solaire. Et aujourd'hui, j'ai une autre bonne raison de m'enfermer : l'anticyclone provoque sur la France et l'Alsace un pic de pollution atmosphérique néfaste pour la santé. On prévoit ici un 9 sur une échelle de 10. De quoi s'inquiéter. Les maisons de retraite ont sorti les bouteilles à oxygènes des placard. L'industrie chimique  de Bâle est en partie responsable de cette situation. Ici, on a peu de vent, parfois un petit vent du sud et rarement une vent fort de l'ouest accompagné de pluie. Dans ces conditions, la pollution  atmosphérique, on y a droit. Je ne mettrai pas le nez dehors de la journée.
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Le Carnaval de Bâle
  J'ai fait l'effort de me lever à 3 heures du matin pour assister à l'ouverture du carnaval. Il démarre chaque année à 4 h du matin. je ne sais pas pourquoi. Cela signifie peut-être que les Suisses aiment se lever tôt. Il dure 48 h et se termine donc aussi à 4 h du matin. C'est l'événement de cette paisible petite ville sur le Rhin. Les classes moyennes de toute la région se déplacent pour le carnaval. Je les entends : ils parlent suisse alémanique.
   Lundi matin, j'ai vu ces défilés d'hommes et de femmes. Sous leur accoutrement clownesque, on ne peut pas vraiment distinguer leur sexe.  Ils marchent au rythme de leur musique. Ils jouent principalement de la flûte et du tambourins.
  La nuit, ces personnages masqués  sont impressionnants. La ville est plongée dans le noir. Toutes les vitrines des magasins et l'éclairage public sont éteints. Seules les lumières des cortèges donnent un semblant de luminosité.  Quand on ne voit pas ses pieds, il est bien difficile de se déplacer sur les trottoirs. Combien de fois je me suis heurté à d'autres personnes qui se tiennent les unes aux autres pour ne pas se perdre. 
   J'ai photographié quelques remorques avec leurs grands panneaux où sont inscrits des mots mystérieux en patois, accompagnés de dessins qui ressemblent à des caricatures. je n'y ai rien compris, mais j'ai vu combien les Suisses sont attentifs à ces écrits. Ils les prennent aussi en photo. 
   Le carnaval de Bâle est très classe moyenne, réservés aux Suisse. Je n'entends parler que le  suisse parmi les participants. C'est un événement qui nécessite certainement  une grande préparation. Et sa réalisation est toujours parfaite. L'horlogerie suisse fonctionne à merveille, surtout pour le carnaval.  Je ne me moque pas. Le résultat est parfait. On parle de 12000 participants. La petite ville de Bâle est menacée d'éclatement les jours de festival. 

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Actualités franco-françaises
  La presse fait ses choux gras des erreurs et des fautes des politiciens. En ce moment, ils attaquent le ministre de la justice, Mme  Christiane Taubira parce qu'elle n'aurait pas du dire ceci ou cela et brandir des documents que les services techniques des media ont  "fait parler" en zoomant dessus (on n'arrête pas le progrès).
La presse veut tout savoir sur tout. La presse veut être les premiers à révéler ceci ou cela. 
Les gens de presse font leur boulot, vous pouvez me dire, mais, comme chacun sait. Il existe des situations où les décideurs n'ont pas besoin d'exposer au grand public leurs reflexions, avant de décider ce qu'il y a à faire. 
  Les sevices d'information doivent pouvoir faire leur métier en toute liberté. C'est un fait entendu. Mais ils me fatiguent un peu car, ils fonctionnent comme un groupe de pression.  Ils ont un objectif : révéler ce qu'il se fait ici, ce qu'il se fait là, sans plus se soucier des conséquences. 
  Que Mme Taubira, en qualité de garde des Sceaux soit informée sur quelque chose, me paraît plutôt normal. Qu'elle en informe immédiatement la presse, c'est une autre chose.
 Imaginons un instant qu'elle le fasse, les journalistes ne manqueront pas de lui demander : Qu'est-ce que vous avez l'intention de faire ? Tous les décisions ne se prennent pas dans l'urgence. Loin s'en faut. Nous ne sommes pas en présence d'un tsunami.
  La presse me rend perplexe. On dit qu'il y a une crise de l'information, mais les organismes de presse non jamais été aussi nombreux sur le terrain. Ils ont des journalistes partout. Pour l'affaire Dominique Strass-Khan, ils étaient deux douzaines en permanence devant son domicile de Broadway et emmerdaient les voisins en permanence les voisins. Le festival de Cannes reçoit aussi des milliers de journalistes pour couvrir un événement, somme tout, mineur. Nous sommes aussi dans l'information de "tout- image". Quand les soldats font la guerre, ils veulent être là. Si ils prennent une balle perdu, ils cherchent des responsables. Comment peut-on s'attaquer à la presse, disent-ils....Ils devraient se mettre un tant soi peu en retrait et laisser travailler le gouvernement, les militaires et la justice.
 C'est aussi vra que les gens préfètent les photos aux mots. C'est parfois vrai, mais pas toujours. Et aujourd'hui on maquille beaucoup les clichés. Les magazines de mode font très bien ça. Les manequins et les stars sont parfaites (sur le papier).
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La littérature
  J'ai fait une excellente pioche dans la boîte aux livres de Saint Louis. (Nous disposons à Saint Louis et à Bâle de meubles sur la voie publique où des livres sont échangés gratuitement). J'ai ainsi trouvé :
-- "Qu'ai-je donc fait" de Jean d'Ormesson,
-- " Clara Malraux" (biographie) de Dominique Bona
-- "Le voleur de vent" de Frédéric H. Fajardie.

  Jean d'Ormesson dans son livre, paru en 2008, a des difficultés pour accepter sa vie de fils de...et d'écrivain de deuxième rang. Quand on est fils d'ambassadeur, petit fils de...arrière petit-fils de ...il remonte  ainsi très loin dans l'histoire de France. Ca pèse sur les épaules. On voit qu'il en a souffert et à 89 ans, il doit toujours en souffrir. 
  Il dit des choses intéressantes, mais, il mêle trop ses réflexions personnelles avec ses connaissances étendues sur la littérature. J'aime bien le bonhomme qui avec l'âge estime qu'il est grand temps de se décontracter. Un jour à la télé, je me souviens d'un d'Ormesson qui a ôté ses chaussettes en public pour montrer combien il était un homme libre, même sous le feu des projecteur d'un plateau de télé.
  J'ai aussi feuilleté le livre de Dominique Bona sur Clara Malraux avec plaisir. J'ai recherché les passages sur l'aventure de Saigon et des temples khmers et l'épisode de la guerre d'Espagne aux côtés de Républicains. J'avais encore en mémoire le livre de Lacouture sur André Malraux. Avec ce livre, j'ai ainsi la partie manquante : les aventures des Malraux vues par les deux bouts de la lorgnette. 
  Avec ce deuxième livre, il n'y a pas de doute, André Malraux est brillant et intuitif. Il improvise au dernier moment, mais ne rate pas souvent sa cible. C'est aussi un aventurier courageux et aussi chanceux. Grace à sa personnalité et avec avec le soutien énergique  de Clara, et aussi d'André Breton et de beaucoup d'autres, il s'est sorti de sa mauvaise posture de pilleur de temples Khmers (qu'il était). Durant la guerre d'Espagne, il a avec audace trouvé l'argent nécessaire pour mettre en place son escadrille (de 25 avions au plus) escuadrilla espana. 
  Bref. A travers cette biographie de Clara, j'ai retrouvé André Malraux, un de mes héros. Ses livres sur l'art, comme le musée imaginaire m'ont toujours impressionné. Pourquoi impresssionné ? Certainement parce que je ne comprenait rien de ce qu'il disait mais je ne renonçais pas à cette lecture. C'est du Malraux pur jus. Il paraît que quand Malraux faisait des interventions auprès des Républicains espagnols, en Français, personne ne comprenait mais tout le monde avait l'air content. Je me marre. Il y a des gens conne ça. D'autres, sont des trésors de connaissances et on a envie de les faire taire.
   Le troisième bouquin, "le voleur de vent" de Fajardie. Je ne connaissais pas cet auteur. Il a commencé par écrire des polars, un genre de polar, puis des romans historiques. Il faisait partie de la Gauche Prolétarienne  en Mai 68. A cette époque, je me demandais bien ce que ces jeunes allaient bien devenir, les années passant. En voila un de repéré qui a oublié Mao pour se mettre dans les polars.
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l'actualité internationale
 
La Syrie et la RCA ne font plus les gros titres de la presse. 
La Syrie est empêtrée dans ses affrontements qi ressemblent à une guerrilla. L'artillerie de Bachar El-Assad finit par détruire des immeubles entiers comme on peut le voir sur la photo. C'est pire que la guerre du Liban dans les années 80.
Aujourd'hui  des groupes armés islamistes prêtent mains fortes aux insurgés. Qui sont-ils ? Des groupes proches d'Al-Quaïda ? Cela complique la situation sur le terrain. Ce n'est vraiment pas facile de comprendre ce qui se passe. Qui se bat pour quoi ? pour qui ? Moi je m'y perds. Et les discussions pour la recherche d'un arrêt des combats piétinent à Mpntreux. Dans cette guerre, des millions de gens, de différentes confessions, dont beaucoup de chrétiens, sont au milieu des conflit entre musulmans, dont ils risquent de faire les frais. Je n'ose même pas imaginer les conséquences dramatiques qui peuvent suivre. la Syrie, c'est une poudrière qui menace d'exploser un peu plus. 
Syriens attendent une distribution de nourriture
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  Pour ce qui est de République Centre Africaine, l'horreur est totale. Il y a quelques jour j'ai entendu parlé d'un homme qui tenait à la main, un bras coupé en guise de trophée. En RCA, on ne se contente pas de tuer, on viole, on torture et on coupe les victimes en morceaux. Combien de militaires font-il donc sur place pour arrêter les horreurs. Au Rwanda, la "boucherie à coups de machettes" a duré trois mois et a fait au moins 800 000 victimes. La France est intervenue, mais trop tard.
  Que peuvent faire l'Europe et les pays occidentaux dans ce conflit ?Aujourd'hui, la France est sur place avec des moyens ridicules en hommes et en matériel. Voilà où on en est. Et encore ce sont des "blancs" qui interviennent pour faire la police. Quelle misère. Et ce n'est pas près de finir. Oui, les colonialistes ont fait du mal à l'Afrique. Mais cela fait quand même 50 ans que ces pays sont indépendants. Ils serait peut-être temps pour eux de cesser de s'entre-tuer pour prendre ou conserver le pouvoir. Il est très difficile et coûteux pour un Etat extérieur à l'Afrique d'intervenir. L'exemple de l'intervention de la France au Mali est très instructif. Dans le cadre de l'opération Serval, la France a chassé, avec l'aide de soldats africains, des Djiadistes qui menaçait l'intégrité du Mali. Tout s'est bien passé. Un an après, j'apprends que les Djiadistes sont revenus au Nord Mali. L'Etat malien n'a pas réussi à sécuriser cette partie du pays. Que faut-il faire ? Refaire une Opération Serval bis ? 
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