Basel by night.

Je viens de rentrer de la campagne. De ma campagne. J'ai eu le plaisir de voir une oie passer au-dessus de chez moi. J'ai beaucoup apprécié le bruit de froissement que fait l'oiseau avec ses ailes. Toute proche, je pouvais entendre le brassage de l'air qu'elle faisait avec ses ailes.

Je suis resté 10 jours dans le froid à m'occuper dans le jardin et à écouter la télé anglaise. Je suis donc rentré hier soir me mettre au chaud à Saint Louis. A peine trois quarts d'heure plus tard, je partais pour Bâle faire ma marche et retrouver l'atmosphère de la grande ville. Ce soir, elle était très belle. Douce et douillette. Une petite chaleur humide printanière. A voir la tête des gens, dans les rues et les restaurants, je voyais ce plaisir partagé. J'ai repensé à Boston aux Etats-Unis. J'ai tendance à comparer Boston et Bâle. Pourquoi ?

Je ne trouverai pas encore cette fois-ce les raisons de cet assemblage. J'ai pesté contre Boston les 24 heures de mon passage dans cette ville. D'abord à l'auberge de jeunesse, on m'a interdit de boire du pinard, j'ai quand même réussi à acheté une bouteille dans un magasin spécialisé « liquors », quand je n'avais pas de tire-bouchon, j'ai demandé qu'on m'ouvre la bouteille, le vendeur libanais m'a dit en français, que cela n'était pas possible à cause de la vidéo qui contrôlais l'établissement. J'ai acheté un tire-bouchon, là encore : problème : interdiction d'ouvrir une bouteille d'alcool sur la voie publique... Au finish, j'ai atterri sur les marches de l'auberge de jeunesse avec d'autres qui n'avaient pas trouvé une autre solution pour boire.

Pourtant, je voyais bien, en marchant dans les rues de la ville que les cafés et restaurants existaient bien, que, comme ailleurs, on buvait le coup entre copains, en famille. Cela se passait en milieu fermé. L'espace publique était sobre. Aucune vapeur d'alcool, aucun cadavre de bouteille. Les rue étaient clean, le puritanisme bien vivant.

Il y a de ça à Bâle. Beaucoup de gens bien à Bâle, qui font dans la discrétion. Les rues sont des espaces de passage, pas de vie. Hier soir, je regardais la gaieté et la bonne humeur à travers les vitres des restaurants et des cafés de Bâle. C'est mieux qu'à Boston où les piétons arrivaient en voiture pour se rendre dans les cafés et les restaurants....

Le suis très ambivalent par rapport au 'charme discret de la bourgeoisie', pour reprendre le bon mot de Luis Buňuel. Je recherche, dans l'espace publique, une convivialité, une bonne humeur, des échanges. Pas facile à trouver. Les gens, les étudiants, les artistes sont de ceux que l'on trouve dans ce genre de scénario. Dès que les gens s'installent dans un cadre social, à l'intérieur d'un groupe, ils n'existent plus pour l'espace publique. La rue reste un lieu de passage, pas un lieu de vie. J'ai lu que jusqu'à récemment (19ièm siècle) la rue était un lieu de vie, de rencontres. Bangkok est une ville d'échanges. On y travaille. L'atelier familial et le commerce sont intallés dans la rue. Des fauteuils (parfois même des canapés) sont installés sur les trottoirs pour la journée. Les télés et les hôtels religieux ne sont jamais très loin.

Dans quelques jours, Bâle va ouvrir son centre ville à son carnaval annuel, du 12 au 14 mars.

Je vais « faire l'effort  de le visionner ». Je n'ai jamais vraiment aprécié les déguisements. J'ai raté le carnaval de Nice et celui de Notting hill, je vais peut-être me 'taper' celui de Bâle. Je Vais chercher les liens entre la discrétion bourgeoise des bâlois et l'exhubérance de leur carnaval.

 

Nouvelles du monde :

Titre impressionnant ! J'adore ! Cela fait aussi sérieux que mes quelques mots sur l'amour des chiens et des moulins à vent... Tout de même pas facile de parler d'être un 'rien du tout' et écrire sur des sujet sérieux et graves. Je préfère comme vous le savez sourire de mes conneries et continuer à le faire.

 

 

Les nouvelles en provenance de l'Afrique du Nord et de Libye sont très mauvaises. Je n'ai pas été surpris. Le Colonel Kadhafi ne veut rien lâcher. Il finira bien par le faire. Il ne peut pas passer tous les Libyens à la mitrailleuse lourde ! Cet homme qui est plein aux as, est aussi plein d'orgueil. Il est capable d'aller très loin dans son obstination à conserver le pouvoir. Il sera abandonné de tous, il faudrait qu'il soient d'abord abandonné par les militaires et les policiers et sa garde personnelle pour éviter un bain de sang. Dans la littérature et le cinéma on a souvent fait des scénarios sur les dangers que représente un dictateur fou possédant des armes de destructions massives. Je pense maintenant au film de Stanley Kubrick, le Dr Falamour et la folie d'un haut responsable militaire.

La Côte d'Ivoire n'est plus sur les titres des journaux, pourtant les rebelles du Nord (le FN), proches de du Président élu Ouattara, sont en train de passer à l'offensive militaire. Evidemment, ce n'est pas encore le déferlement de la Panzerdivision du Troisième Reich... Mais ces avancées militaires ne sont pas un jeu vidéo.

Par Ailleurs, les partisans de Gbagbo s'en prennent maintenant aux troupes de l'ONU. De nombreux réfugiés cherchent refuge au Libéria, pays qui qui sera vite débordé.

En ce qui concerne notre chère France. J'ai vu, de loin, que les media et l'opposition avait eu la peau du Ministre de la Défense : Mme Michèle Alliot-Marie. Cette opposition politique qui cherche les fruits véreux à l'étalage, ne me plaît pas plus que ça. Je préférerais un Parti Socialiste puissant avec un projet de société sérieux. Je ne vois rien venir. Tout le monde attend 'le sauveur' Mr DSK. Va-t-il sortir un miracle de ses cartons personnels ?

Sur ce, cette semaine pas de vidéo, ni musique. Je n'ai pas la tranquillité d'esprit à chercher quelque chose sur internet. Je ne me fais pas de souci. En ce moment, internet est plein de musique et d'images. Cela pourrit le monde.

Je vous souhaite, ainsi qu'aux chiens et aux moulins à vent, une bonne semaine.

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