En fin de semaine, un monsieur de mon village, âgé de 76 ans a été victime d'un accident de la route. Il roulait à mobylette. Je le voyais passer devant la maison, accroché au guidon de sa bécane, habillé d'une vieille gabardine et d'un béret basque.Il a été fauché par un camion qui aurait grillé un panneau stop. Quelqu'un a mis un faire-part dans ma boîte aux lettres. Une invitation au recueillement. Contrairement à mes habitudes, j'y suis allé.C'était quelqu'un de Villers. Né à Villers, Première communion à Villers, marié à Villers. et mort à 6 km de Villers. Une belle vie locale en somme. Sauf pour son service militaire où il avait été appelé en Algérie. Il devait être au repas, le mois dernier avec le transformiste. J'ai du lui serrer la main. J'ai serré toutes les mains. Des gens que je connaissais et des inconnus. Beaucoup d'inconnus. Peu importe. J'habite maintenant  un village de 400 habitants. Je ne connais  pas grand monde, mais eux  savent qui je suis. Du moment où vous leur serrez la main, ils se posent des questions. Ils se disent qui c'est ? Il habite à Villers? Il y a les habitants du village et les autres.
   Je suis allé à la cérémonie religieuse.  J'ai été surpris. Pas de curé !  Trois dames  ont conduit la cérémonie. Elles nous ont fait chanter. Pour le mort et pour nous. Pour la vie et pour la mort. mais dans ces lieux. Les morts ne sont jamais vraiment morts. Les catholiques croient en la résurrection des morts. l'âme rejoint le royaume de Dieu. Je ne sais pas par quel miracle, mais c'est ainsi. Les gens croient.

          La mort par accident. C'est l'horreur. On n'a pas le temps de se préparer. Cest brutal, même à 76 ans. La petite église était pleine des habitants de Villers. La Municipalité au grand complet, les anciens combattants avec leur drapeau tricolore, et un deuxième sur le reccueil. Le défunt avait fait trois ans en Algérie. La République n'a pas oublié.

   Je me suis senti  un peu drôle au milieu de ces gens et des chants religieux inconnus. Pour terminer la cérémonie les participants ont été nvités à passer  le cercueil.La famille puis le reste de l'assemblée. comme j'ai été placé au deuxième rang, juste après la famille. J'ai donc emboité le pas à la famille..Moi qui ne connaissais à peine le nom du défunt ! . On m'a mis dans la main en main un brin de buis (le bois de buis évoque l'immortablité et la résurrection.... J'ai fait comme les autres le signe de croix. Je me suis appliqué. Quelqu'n attendait avec un plateau pour recvoir les offrandes. Pour le mort ou pour l'église. Pour le mort? Pour l'église? J'ai donné. Je n'ai pas demandé. Pour un non-croyant, je pense que je m'en  suis bien sorti. 

   Je suis entré dans l'église en des dernier et sorti un des premiers. Je n'ai pas assisté la la descente du cercueil dans la fosse. Il fallait que je m'éloigne de tout ce cérémonial étrange. je me sentais bizarre, de devoir faire des trucs que je ne comprenais pas. 

   Je suis juste allé à la cérémonie à cause du papier dans ma boîte aux lettres. Quelqu'un l'a mis pour que je vienne. Je suis venu.

 

 

Gabardine : Mon dictionnaire me dit : de l'espagnol gabardina, étoffe de laine croisée à côtes en relief. Gabardine : manteau imperméable fait de cette étoffe. J'aime bien ce mot. démodé, me rappelle des livres d'espionnage comme "le troisième homme", scénario écrit par Graham Green, écrivain et espion du MI6 britannique.  "La saison des pluies" a été certainement mon premier roman. Lu en 1960/61, je me souviens encore de la couverture.

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