De nos jours, on privilégie la vitesse. Mais la vitesse coûte  en argent et en CO2. A l'aller,  mon avion volait à moins 900 km/heure. J'ai l'impression que c'était pour  moins consommer de carburant. Ce qui me paraît logique par les temps qui courent. Et puis une heure de plus ou de moins qu'est-ce que cela peut faire ?. Sauf que le personnel de bord est payé à l'heure.

 

 

Je ne connais pas beaucoup de gens qui ont fait Paris/Buffalo (USA) en 48 heures. Toujours dans les records de lenteur. Dans les années 60, j'ai fait Paris Londres en 15 heures. En car jusqu'à Dunkerque ensuite le bateau jusqu'à Tilbury(port de Londres) et enfin Londres par le train.

Sans parler de mon Paris-Londres en Vélo Solex en deux jours en 1962.

Je suis abonné aux voyages lents.

Même en voiture, quand il n'y a pas d'autres usagers sur la route, je peux faicilement rouler à 60 ou à 80.

 

Je voulais vous raconter en détail mon voyage pour me rendre aux Etats-Unis. Et puis j'y ai reconcé....Cela aurait été trop long......Alors, je ne vous raconterai que les grandes étapes. Histoire de planter le décor.

 

                                                    Départ de Paris en train à 9h50 jusqu'à Calais-ville. Marche de 20 minutes avec armes et bagages jusqu'à la gare maritime.  J'ai marché en compagnie d'un Capitaine d'un ferry de la P&O.  J'avais loué mon passage avec Seafrance. Dommage, sinon mon Capitaine m'invitait sur sa Passerelle de Commandement. A  Dover, j'ai pris un premier autocar de la National Express  pour Londres et un deuxième pour l'aéroport de Heathrow, La nuit,  j'ai eu droit à un coin pour mettre mon duvet. A 1 heure du matin la police m'a contrôlé.  A 6 heures, après un brin de toilette dans les locaux des WC-handicapés, j'étais prêt à embarquer sur l'avion de 8H50 pour Detroit et de là, j'en ai pris un deuxième pour Buffalo..

48 heures de voyage.

Au retour, à peu près la même chose mais j'ai eu droit à une nuit d'hôtel à Calais car à 20 heures, je n'avais plus de train pour rentrer à Rue (pourtant direct de Calais), il m'a fallu attendre le train de 12 H 30 le lendemain pour être à la maison à 14 heures.

 

Pourquoi je vous raconte ça ?

On peut se poser la question. Le temps de transport fait-il parti du voyage ou non ? En ce moment, j'ai le sentiment que pour beaucoup de gens. Le temps de transport est un temps neutre. Le temps du transport ne fait pas partie du voyage. C'est un temps vide de sens que l'on réduit au maximum avec la vitesse, la lecture, le sommeil, le travail l'utilisation du l'ordinateur portable, du téléphone portable, de la bouffe. On mange et on boit beaucoup dans les aéroports.

Les voyageurs sont dans leur bulle, surtout les personnes seules, encore connectés des autres, reliés seulement avec leurs proches ou leurs collègues de travail. 

Je regrette cette attitude fermée, qui n'a rien d'amical. Au voyage aller, j'ai passé huit heures à côté d'un bonhomme qui a bidouillé son jeu électronique et la console insérée dans le dossier du siège de l'avion. Pas moyen d'engager la conversation. Ou faudrait-il une  grève ou une émeute (comme en ce moment à l'Aéroport de Bangkok)  pour que l'on réalise que l'on n'est pas le seul être humain dans l'aéroport ou dans l'avion et que l'on pourrait tout aussi bien discuter le bout de gras avec quelqu'un. 

Mon âge me fait presque regretter les trains des années 50 où existaient des compartements 3ièm classe à huit places, où chacun amenait son casse-croûte, où on partageait la concersation et le panier à provisions.

A bon entendeur salut !

 

 

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