photo extraite du blog d'Anne et JP

photo extraite du blog d'Anne et JP

   Comme tout le monde, j'évite de m'approcher de mes congénères, cela peut être dangereux. Ce virus est redoutable pour les organismes affaiblis, et comme le mien. L'ordre naturel reprend des forces, Darwin n'est pas loin. Les prédateurs attaquent toujours en premiers les humains et animaux faibles ou blessés. Malgré les risques, je rédige mon attestation de déplacement provisoire, mon laissez-passer, pour me rendre une fois par semaine dans le supermarché local. Dans la voiture, il me reste quelques masques achetés en Chine au cours d'un précédent voyage. Le supermarché semble aussi en état de guerre. Le personnel masqué ne traîne pas les pieds. On les sent absorbés par leurs tâches. Les clients aussi ne traînent pas dans les rayons. Pour la plupart, ils sont seuls, les enfants sont invisibles. La moitié d'entre eux porte des masques et parfois des gants. Nous sommes vraiment dans le paranormal. les étagères des rayons alimentaires sont parfois vides, ce qui donne une impression désagréable de pénurie qui renforce la crainte de manque. Le magasin est silencieux, pas de sono, les clients achètent rapidement ce qu'ils besoin en toute discrétion et disparaissent au plus vite. Nous avons changé de monde.

..........

 

   Le confinement est la règle pour tous, sauf pour le Premier Ministre britannique, Boris Johnson, qui n'a pas trouvé mieux que de laisser se répandre le virus dans le pays. Ce protocole sanitaire implique des milliers de morts avant la retombée de l'épidémie. (je viens d'apprendre qu'il a changé d'avis pour adopter la même stratégie que les autres Européens). 

 

   L'Iran reste un pays à part, attaqué par le virus comme les autres pays, les Ayatollah qui gouvernent le pays, ont longtemps nié la maladie, ils restent très discret sur le nombre de malades du virus. Ils ne réclament rien aux autres pays. Cette attitude a provoqué un vent de panique parmi la population et les réseaux sociaux. On pouvait s'y attendre. L'Iran risque d'être le pays le plus touché par coronavirus.

   Je pourrais dire quelques mots sur les SDF qui sont toujours là à attendre leur bonne étoile. Leur vie n'a pas changé avec le coronavirus. Certains sont confinés sous des tentes aux abords du périphérique de Paris. Ils manquent de sanitaires et de tous les produits de premières nécessités. Personne ne sait vraiment qui est contaminé. Les ONG habituelles sont toujours présentes mais ont-ils plus de moyens aujourd'hui pour les aider ?

.....

   Je suis surpris pas l'attitude de la population qui font face au virus par le mépris. Pour beaucoup, ils continuent à vivre "comme avant". Les appels au confinement ne semblent pas vraiment suivis. Devant l'absence de visibilité de la maladie, le virus reste une abstraction. C'est que la grippe H1N1 n'a pas fait beaucoup de victimes et les services sanitaires avaient fait beaucoup pour protéger la population. La mémoire collective ne va pas au-delà de quelques années et les épidémies asiatiques comme  le SRAS n'ont jamais vraiment menacées l'Europe. C'est une faute que le gouvernement cherche à rectifier en opposant des décrets très coercitifs comme l'interdiction de rassemblements et en reduisant dramatiquement les déplacements. En attendant de meilleurs jours la maladie progression sous forme d'une courbe exponentielle.

   Sur ce, je pense que nous devons continuer à faire confiance aux scientifiques qui travaillent d'arrache-pied qui cherchent à exterminer cette bête tueuse. En attendant, nous  devons nous cacher, nous confiner,  pour éviter d'être touché par la maladie. Bon courage.

 

Samedi 21 mars 2020.

le virus.

Les nouvelles ne sont pas bonnes.

   On dit maintenant que,  malgré toutes les mesures de protections prises, 60% des Français pourraient être déclarés  positifs, c'est à dire affectés par la maladie, dit-on. Je commence à flipper. Les vieux passent à la casserole dans 80% des cas. Quand j'additionne les différents pourcentages, je constate que mes chances de survie sont minces. Je vais commencer mes prières  'Fais ta prière Tom Dooley" c'est ma chanson du jour. C'est dur de savoir que "l'on peut mourir incessamment sous peu"'. Savoir que l'on va cesser de vivre est insupportable. C'est la pire des choses qui puisse nous arriver. Comme pour beaucoup,  j'aimerais une mort douce, la nuit si possible,  ce serait bien, comme une montre qui s'arrêterait brutalement, sans prévenir, l'énergie électrique épuisée.

   Avec le virus c'est une fin programmée à l'hôpital intubé d'un respirateur.Parfois ça marche, mais pas toujours. J'entends des gens se plaindre d'avoir été écarté des dernières minutes de vie du malade. Voir un proche cesser de vivre n'est pas une option intéressante. On risque de garder en mémoire ces minutes de mort. Quand je partirai, ce sera seul. Mon fils,  qui n'a jamais été là pour moi, ne sera pas là pour mes derniers souffles de vie. Je n'en serai jamais affecté. Mes amis, aussi âgés que moi, auront leur propre existence à gérer. D'ailleurs je ne les imagine pas faire des centaines de kilomètres pour veiller un mourant. On voit ça au cinéma : le vieux sur le seuil de sa vie, recevant sa nombreuse famille pour leur dicter ses dernières volontés.

La journée s'annonce mal, il faudra faire avec.

 

Retour à l'accueil