Dimanche 5 mai 2019, 7 heures.

   3 heures d'ordinateur hier soir pour rien. J'ai travaillé un texte qui a fini à la poubelle. A force de triturer les phrases, tout était sens dessus dessous. Les conditions de travail n'étaient pas les meilleures,  avec un éclairage de 25 watts et l'ordi sur les genoux et un sale mal au dos, j'ai abandonné.

   Ce matin, je vais essayer de résumer ce que je voulais vous dire en détail.

   Il y a deux jours maintenant, je suis allé à l'hôpital local pour obtenir un médicament contre la constipation. Je ne voulais pas négliger ce mal. Quand on ne ressent pas de douleur, c'est facile de remettre à demain ce genre de problème. Je suis allé à l’hosto. J'ai été aidé, jusqu'au bureau d'accueil par une jeune femme qui accompagnait son père dans le même hôpital (à 7h30 du matin. La jeune femme m'a escorté jusqu'au guichet d'accueil de l’hôpital. J'ai été surpris parce qu'elle accompagnait son père malade qui allait consulter un médecin. Elle m'a dit quelques mots sur son père qui se tenait un peu en retrait. C'était un monsieur grand et mince, le visage tanné par le soleil. Elle m'a dit qu'il ne savait ni lire ni écrire, ce qui ne l'empêchait pas d'être souriant. J'ai appris qu'elle avait fait des études à l'université et travaillait maintenant chez Panasonic. Sa famille travaillait dans le milieu agricole et malgré de faibles ressources avait réussi à offrir des études à leur fille. Cette rencontre m'a troublé. Comment pouvait-on se préoccuper d'un inconnu alors que soi-même on est fragilisé par la maladie ?

   Dans ce pays il n'y a pas de médecin de ville (ou peut-être pour les riches seulement). Quand on est malade ou accidenté, on va à l'hôpital. Pour les médicaments, c'est pareil, la pharmacie est dans l'hôpital.

   J'ai donc été accompagné jusqu'au guichet d'accueil où on m'a enregistré pour consulter un médecin généraliste. J'ai payé 12 CNY (9,50 €). On vous remet un ticket qui ressemble à un ticket de supermarché. Toutes les informations concernant ma consultation est sur ce papier, écrit en chinois bien sûr. Je ne savais pas où je devais aller. Une employée de l'hôpital voyant ma détresse, est venu vers moi, elle m'a pris le ticket des mains et m'a conduit dans une salle d'attente immense avec au moins 150 sièges. Au fond se trouvait un grand panneau lumineux avec des inscriptions qui indiquaient les pièces où consultaient les médecins et votre place dans la file d'attente. J'ai eu bien du mal pour comprendre le fonctionnement. J'ai attendu 2 heures environ. Mon tour est arrivé. J'ai trouvé le bureau où consultait le médecin, à ma grande surprise le médecin restait assis à son bureau et laissait la porte ouverte. J'ai demandé de fermer la porte mais des gens ont essayé de rentrer. Je n'ai pas compris. Le médecin a dit "China"! A plusieurs reprises, j'ai été obligé de me lever pour garder les gens dehors.

   Ce fonctionnement s'est répété quand je suis retourné le lendemain dans le même hôpital pour mes problèmes respiratoires. Je n'ai pas payé plus cher pour le spécialiste des poumons. Les problèmes de confidentialité, identiques. J'ai pris la cortisone et maintenant j'attends pour aller mieux. Je voudrais bien éviter de rentrer en catastrophe en France, un mois de visite m'attend au Japon.

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