"Diderot. Le génie débraillé"

Livre écrit par Sophie Chauveau. publié en 2009.

   Une vieille amie m'a parlé de ce livre quand j'ai évoqué Jean Jacques Rousseau dont les rêveries du promeneur solitaire m'ont fait pleurer, je n'avais pas encore 20 ans. On n'oublie jamais un auteur qui vous émeut jusqu'aux larmes.  J'ai gardé cette tendresse pour Rousseau.

   J'avais essayé de lire à la même époque Jacques le fataliste, de Diderot, sans succès.

   Voilà que mon amie me dit le plus grand bien de Diderot. Alinos se laisse séduire et achète le livre de Chauveau. Je viens de lire les premières 60 pages : enfance et adolescence.  Diderot est un jeune homme supérieurement intelligent, mais brouillon et  dispersé. Avec ces quelques pages, je n'aime toujours pas Diderot. Je vais essayer de continuer ma lecture.

Vendredi 18 janvier 2019.

                               Joli orage en perspective sur Bangkok.

Cancer de la prostate.

   J'ai eu hier un entretien avec une personne de l'équipe des manipulateurs de la machine qui tourne autour de la couchette où se passe l'examen. Elle m'a informé que les premières séances se sont bien passées  : vessie pleine et pas de "matière" dans le rectum. Désolé pour les lecteurs sensibles et délicats, mais quand la tempête frappe, il faut baisser la tête. Information, somme toute, rassurante. Je gère donc bien ce qui m'a été demandé. En bon petit soldat, j'essaie de suivre les consignes : boire deux litres d'eau par jour dont un demi-litre avant de monter dans l'ambulance et un autre demi-litre pendant le trajet dans l'ambulance. Il m'a été aussi demandé de faire attention aux selles. Si elles ne sont pas régulières, il faut prendre un suppositoire Eductyl quelques minutes avant l'arrivée de l'ambulance.

   Ce dispositif fonctionne bien si l'ambulance ou les manipulateurs ne sont pas en retard. Le patient doit aussi être OK côté selles et urine, sinon les manipulateurs vous refusent, on vous demande d'aller aux toilettes ou de boire pour remplir "au maximum" votre vessie. Vous pigez ? Un malicieux équilibre est à trouver avant de lancer la machine de rayons X.

   Les malades de la prostate sont concentrés comme à l'entrée de la salle d'examen au bac. Si on n'est pas prêt, on sera recalé, ou pire encore, ne pas être prêt peut vouloir dire rayons X qui tapent trop la vessie ou le rectum. Comme on n'a pas envie que les rayons frappent un autre organe que la prostate, on s'exécute. Malheureusement, il arrive que les rayons touchent d'autres organes, ce qui peut provoquer des effets secondaires ennuyeux et désagréables. Pour le moment, après 5 jours de soins, ça va encore. Le manipulateur qui m'a reçu en entretien n'a pas réussi  à me dire si la tumeur serait détruite à la fin du traitement.Je sais maintenant que les effets secondaires seront encore ressentis plusieurs semaines après la fin du traitement.

   Six mois après la  fin du traitement le  PSA est analysé, il donne l'information sur votre état de santé. Guéri ou pas guéri. J'apprends qu'avec le cancer, une mauvaise surprise est toujours possible. Dans cette affaire, je crois que les médecins et le malade croisent les doigts et espèrent que le traitement aura fait son travail de destruction. Mais rien n'est sûr. Mais c'est là le point central de notre existence. A la naissance nous ne savons rien de notre avenir, plus tard, à  notre mariage nous ne savons encore rien de notre vie d'adulte. On  continue ainsi jusqu'à notre mort. C'est peut-être pour cela que l'on bataille jusqu'au bout, dans l'incertitude complète, dans l'attente d'une douce vie, faute d'être toujours satisfaisante. 

Sur ce, je vous souhaite une bonne journée.

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Samedi 19 Janvier 2019 à 18h30

L'équipée sauvage.

   Ce samedi la société d'ambulances m'a pris 30 minutes avant l'heure prévue. Un manque de personnel....m'ont-ils dit. L'ambulance/VSL a chargé trois cancers de la prostate. Arrivés à l'hôpital, l'équipe soignante a accueilli un malade qui était déjà dans la salle d'attente. Quelques minutes plus tard il réapparaît, la mine satisfaite.  Un autre monsieur est sorti précipitamment d'une cabine vestiaire, en slip, une serviette autour de la taille, l'air embarrassé, en grand danger de se pisser dessus. Il est repassé devant nous soulagé. Quelques minutes plus tard, c'était à mon tour, il était temps parce que je commençais à me sentir mal. On me passe les rayons. La manipulatrice me félicite. "une vessie bien pleine" qu'elle me dit. Je ne dis rien. Je m'habille et me précipite aux toilettes.J'ai eu de la chance.Une autre fois, j'ai été recalé à cause de "gaz"  coincés dans le rectum, une autre fois encore, c'étaient "des matières" en attente de défécation dans le rectum. Ce jour là, j'ai pris un suppositoire pour aider.

   Chaque problème rencontré retarde notre retour. L'ambulancier attend la fin des soins pour tous les patients qu'il transporte.

   Comme je vous disais, ces jours derniers, les rayons perturbent le fonctionnement de la vessie, ainsi que les autres organes logés à côté de la prostate.  Je me demande dans quel état je vais être après quelques semaines de traitement. 

Mardi 22 Janvier 2019.

Cancer.

   Mes aventures"cancer de la prostate continuent, je pourrais détailler mes mésaventures quotidiennement. Cette chronique des douleurs commencent à me faire horreur. Je vais lever le pied, sauf si je ressens le besoin pour mon équilibre mental. Une petite chose quand même avant de clore ce chapitre. Ce matin j'ai été recalé pour une poche de "gaz" coincée dans le rectum, "au mauvais endroit" m'a-t-on dit. J'ai dû me rhabiller pour évacuer cette poche de gaz au toilettes. Je savais pour l'urine, pour la matière, maintenant c'est les gaz...! Et j'en suis qu'à la 9 ième séance, encore 28 à faire. C'est vrai que cette malade est dans la catégorie "Totem et Tabou" mais en parler peut être utile. 

    Ce matin, j'ai un peu plaisanté avec les deux manipulatrices de la machine. Elles voient des pépés en mauvais état toutes la journée, des pépés qui peuvent à tout moment leur pisser dessus ou envoyer des gaz. Malgré cela, je les trouve toujours gaies et agréables. L'air de rien, elles aident beaucoup les patients. Nous sommes dans un des situations les plus humiliantes qui soient et vous avez ces jeunes filles qui vous parlent avec respect, compatissantes dans ces situations désagréables, pour ne pas dire dégradantes. Elles sont d'une professionnalisme remarquable. 

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