Photo journal Libération, grève du 22 mars 2018

Photo journal Libération, grève du 22 mars 2018

Retour à Cannes.

   L'aéroport de Los Angeles manque d'intérêt, un hangar à passagers. La compagnie Virgin Atlantic et Delta accueillent leur passagers au Terminal 2. Pas un seul magasin, que des caisses enregistreuses de billets d'embarquements. Une fois la sécurité passée, nous avons accès à un petit magasin free shop et quelques restaurants. Pas de MacDo ou autre fast food restaurants.  Je regrette les aéroports du Moyen Orient et d'Asie. J'ai fait le grand vol au-dessus de l'Atlantique avec Virgin. Sur les vols de nuit la prestation repas est réduite au minimum. Les plateaux vides sont vite récupérés et les lumières éteintes. Des passagers qui dorment, c'est l'idéal pour le personnel de cabine. Mon arrivée à Londres Heathrow n'a rien de spectaculaire non plus, l'aéroport est vieux et il m'a fallu marcher et prendre une navette en bus pour rejoindre le terminal d'où partait mon avion pour Mulhouse.

Jeudi 22 mars 2018. La grande grève !

   Les fonctionnaires sont en grève, les traitements n'ont pas augmenté depuis des années, c'est vrai. Et pourquoi donc ? Les fonctionnaires mécontents se sont-ils demandé pouquoi la France s'était pas enrichie ces dernières années ? On ne peut pas comparer des entreprises privées avec l'Etat français qui n'a comme recettes les impôts et les Français n'aiment pas payer des impôts.

  Quand mon fils était petit, je lui donnais un argent de poche, Je lui attribuais un pourcentage de mon traitement de fonctionnaire. Quand mon salaire augmentait, son argent de poche aussi. Il se plaignait de ne pas recevoir assez, même avec des augmentations liées à l'âge.

   Le gouvernement essaie d'améliorer les finances de la France. Je veux dire réduire le déficit. Cela prend du temps. N'importe quel entrepreneur sérieux sait qu'il faut du temps à une entreprise pour faire des bénéfices, sauf exception (une start-up géniale..). Les Etats ne redressent pas leur trésorerie en quelques mois. Voyez la Grèce, elle a eu besoin de 9 ans pour obtenir une croissance de 1,6%. Pour obtenir de l'eau chaude, il faut laisser chauffer la marmite.

   Les cheminots, aussi, tapent la pavé et scandent leur mécontentement dans les rues des grandes villes. Je suis triste pour eux, mais il faut reconnaître que les statuts spéciaux (les avantages des corporations) ne sont plus à la mode de nos jours. J'ai, moi-même, dénoncé les avantages pécuniaires exagérés que percevaient les fonctionnaires de l'Assemblée Nationale. 

   Pour le moment le gouvernement ne s'attaque pas à tous les régimes spéciaux de la sécurité sociale. Cela ferait beaucoup trop de monde et provoquerait immanquablement la chute du gouvernement. Aujourd'hui, après la disparition des Charbonnages de France, il reste encore, la RATP, la SNCF, les Clercs de notaires, l'EDF, la Banque de France, et bien d'autres qui bénéficient de retraites très avantageuses, bien plus intéressantes que les retraites du Régime Général.

   Je ne vais pas décortiquer ici les avantages des uns et des autres, mais il faut reconnaître que ces disparités corporatistes devraient cesser, elles ne sont plus d'époque. Tous ces régimes sont nés autour de la Seconde Guerre. Il est grand temps d'unifier tout cela. Comment faire, sans provoquer une révolte générale. Les Français ne veulent pas que l'on touche à leurs avantages.

   Emmanuel Macron n'est pas Zorro,  ni le Père Noël. Il demande de serrer un peu plus la ceinture. Il dit que c'est nécessaire pour faire repartir la croissance. Ce n'est pas absurde parce les premiers résultats sont là. Les agents du public veulent tout de suite des augmentations. Ils oublient la dette publique ? Les fonctionnaires s'en foutent de la dette publique. Pour eux c'est une blague inventée par Bruxelles. Les Grecs, aussi, se foutaient de la dette publique, jusqu'au jour où le Premier Ministre grec, Alexis Tsipras, a fini par comprendre que pour résorber la dette grecque il était indispensable de refaire partir l'économie. 

   Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, disait-on autrefois. Les Français (certains, ceux qui manifestent aujourd'hui)  ont des schémas dans leur tête, des clichés. Ils croient encore à la lutte des classes. Les riches doivent payer et les pauvres doivent être augmentés. C'est pas plus compliqué que cela. Quand j'écoute les économistes, je vois combien c'est compliqué de gérer l'économie d'un pays, surtout dans un pays démocratique, surtout quand la population s'oppose constamment aux réformes. Combien de gouvernements ont reculé à cause du mécontentement populaire.  Le gouvernement Juppé en 1995 a été obligé de retirer sa réforme sur les retraites.  En sera-t-il de même aujourd'hui ? La démocratie, c'est le gouvernement du peuple. Qui est le peuple en France, on peut légitimement se poser la question. Ceux qui ont voté Macron ? Ceux qui ont voté contre lui ? Ceux qui n'ont pas voté ? Je passe. Je tourne la page. Ras-le-bol de ce genre de débat.

   Il est maintenant 22 h 20. J'en saurai (et vous aussi) un peu plus demain matin sur la mobilisation des agents de la fonction publique.

...O...

 

Séduisant, ce local à Tarascon.

Local très séduisant sur le papier.

Local très séduisant sur le papier.

   Cela fait bientôt quatre ans que je me suis "installé" dans la région, le Sud-est, la Côte d'Azur, si vous voulez. Côte d'Azur fait trop vacances de luxe. Pau, Bayonne, les Landes, passent mieux. Quatre ans au même endroit, mon instabilité commence à ronger son frein.  Je ne sais pas rester en place. Mon psychiatre devrait pouvoir me donner une explication. Les Français ne sont pas mobiles. Notre économie libérale voudrait bien une meilleure mobilité. Les Américains sont mobiles, ils changent trois ou quatre fois de domicile dans leur vie.

   Donc, ce matin,je me rends à Tarascon voir un local  à vendre. Un petit truc de 32 m². Pas de salle de bain, pas de cuisine, juste un WC avec un lave-mains. C'est sommaire. Je vais peut-être acheter ce bien tout simple : 32 m², au rez-de-chaussée, poutres apparentes, au centre d'une petite ville connue de tous avec ce livre d'Alphonse Daudet : Tartarin de Tarascon et d'autres livres que tous les enfants ont lu à l'école primaire. Wikipedia vient de m'apprendre qu'il était antisémite. Personne n'est parfait.

   Si j'achète "ce truc" je reprendrais du travail manuel. J'aime bien bricoler, construire quelque chose. Je dois en profiter pendant que je suis encore valide. Je commence sérieusement à aimer ce mot valide. Quand je le mets à côté de son faux frèremal-aimé :  invalide. Il y a des mots qui ne devraient pas exister.

   A 74 ans, il ne me reste plus beaucoup de temps pour m'adonner aux joies du bricolage. Travailler de ses mains est sympa. Aux Etats-Unis, j'ai vu une publicité sur la clôture d'un chantier de construction, avec le message suivant : "si vous aimez travailler de vos mains, entrez ici on a besoin de vous" (quelque chose comme ça). j'ai trouvé ça bien. Travailler de ses mains est valorisant, même plus :  jouissif. Construire sa maison est peut-être ce qu'un homme peut faire de mieux. L'écrivain/philosophe américain Henry David Thoreau a construit seul sa cabane. Je suis allé la voir dans un coin perdu du Massachusetts. Cela vaut le détour.

Le périple macabre de l'assaillant de Daech.

   Avant-hier vendredi 23 mars 2018, la France a encore subi une attaque-suicide d'un allumé de Daech à Trèbes et  à Carcassonne, dans l'Aude. Elle s'est soldée une nouvelle fois par plusieurs victimes. La religion, j'en veux toujours aux religions, qui donnent le courage à des hommes de tuer des innocents, des gens qui habitent à côté de chez eux. Un drame pour les victimes mais aussi un échec pour lui (l'assaillant), sa famille, son quartier et l'Etat français qui n'est pas parvenu à éviter ces actes meurtriers. Même s'il est impossible de mettre un gendarme derrière chaque terroriste en puissance (il était fiché S).

Retour après 20 heures passés à Tarascon.

   C'est difficile de dire du mal d'une ville. Dire du mal de quelqu'un ou de quelque chose est toujours désagréable. Pourtant après 20 heures passées à Tarascon, du dimanche 25 mars, 13 heures, au lundi 26 mars à 9 heures, je n'ai eu que des déceptions. Je m'attendais à une ville provençale authentique. Rien de tout ça. J'ai quand même dégoté deux restaurants, le premier est restaurant équatorien, authentique, celui-là, plein de travailleurs et de jeunes équatoriens, ils m'ont réservé un chaleureux accueil. On a échangé quelques mots en anglais. J'ai bu quelque chose qui s'appelait "Quaker" et mangé quelques rondelles d'une banane flambée avec quelque carrés de fromage dessus. J'ai parlé avec des ouvriers agricoles saisonniers, conversation difficile en espagnol et en français. Ils avaient l'air content de travailler en France.

   J'ai été déçu par Tarascon, d'abord, le joli local vu sur internet, ne valait rien, impossible d'accès, un véhicule  peut à peine circuler et le quartier manquait de poésie. 

Le centre ville de Tarascon,  ce ne sont que des ruelles sorties tout droit  du Moyen Age. Pas question d'utiliser une voiture dans ces conditions. Certains pourraient dire "chic alors plus de voitures, l'idéal". Mais les maisons n'ont pas de garage, pas de parkings aux alentours non plus. Et les maisons sont les unes sur les autres. Je n'ose pas imaginer le bruit l'été par les fortes chaleurs, toutes fenêtres ouvertes. 

   Tarascon devait être une ville riche au XIXe et début du XXe siècle. J'ai bien vu d'anciennes maisons bourgeoises avec leur balcon au-dessus de la porte d'entrée,  souvent joliment décorées de statuettes en pierre. Ces maisons ont été abandonnées, oubliées. Je n'ai vu que deux ou trois maisons de belles allures, encore habitées bourgeoisement. C'est bien triste. Les touristes ne viennent plus à Tarascon, m'a confié une habitant de Tarascon. C'est plus qu'un drame, c'est une tragédie...

   Le dimanche soir je n'ai trouvé  aucun restaurant  ouvert, seules les épiceries et restaurants  kebab étaient ouverts. Je n'ai rien contre les kebab, si l'on ne m'oblige pas à manger halal . Le lundi matin, à huit heures le magasin de la presse était encore fermé, à quelle heure lit-on les journaux du matin à Tarascon ? Je n'ai pas trouvé de bistro pour boire mon petit noir sur le zinc, seul le boulanger était ouvert et lui était ouvert et servait des cafés. Tarascon a quand même un beau château, il s'appelle le château du roi René. Un belle bâtisse du XVe siècle, construite en bordure du Rhône. Elle vaut le coup d’œil. Je pourrais en dire plus sur le délabrement de la ville. Je pense en avoir déjà trop dit. J'espère que les gens de Tarascon ne liront jamais ces lignes.

Une petite place pour une chanson des années 80. "Words don't come easy", le titre de cette chanson de FR David, comme c'est vrai. On devrait quand même se demander plus souvent pourquoi...

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