La France rurale va mal.

Elections présidentielles du 7 mai 2017

   Voilà, c'est fait, les électeurs ont voté à 66 % pour Emmanuel Macron. Je suis soulagé. La France a gagné son ticket pour la modernité, pour faire les réformes indispensables nécessaire au pays, et à l'Europe. J'ai constaté au cours de mon voyage dans les Pyrénées que les régions qui ne prospèrent plus choisissent de vendre  leur âme au diable (Marine le Pen) plutôt qu'à Macron. Ils préfèrent le suicide à l'espérance. Elles  se sentent oubliées par Paris. Elles devraient se tourner vers leur territoire, la Région Midi-Pyrénées.

   J'espère que Macron pourra renverser la marmite de la vieille France. Nous avons connu des révolutions, des guerres et des grands mouvements populaires (comme le Front Populaire de 36), il a fallu ces événements et ces traumatismes pour créer des droits nouveaux et des garanties sociales pour la population. On a quand dû attendre la fin de la deuxième guerre pour créer la sécurité sociale et donner le droit de vote aux femmes.

   C'est fou à quel point des gens font tout pour ne pas perdre leurs privilèges et leurs intérêts propres. Les grands partis de droite et de gauche ont perdu parce qu'ils ne voulaient pas perdre leurs privilèges. Le candidat Fillon a échoué lamentablement (malgré sa capacité à gouverner) parce qu'il n'a pas osé reconnaître qu'il fallait réformer la France en profondeur, quitte à déstabiliser les gens bien installés dans la société. A Cannes, j'ai vu combien Fillon était populaire chez les nantis des beaux quartiers.

   J'ai aussi  parlé dans ce blog des huissiers du parlement, des notaires, et d'autres professions qui gagnent bien leur vie, au détriment, en quelque sorte, d'autres qui triment pour payer difficilement les factures. 

   Le Parti socialiste n'a pas fait mieux avec des gens comme Cahuzac, ministre des impôts, qui ne voulait pas payer ses impôts. Le Parti Socialiste est à l'agonie, comme le Parti Communiste.

   La France va vivre ces prochaines années un profond changement de sa gouvernance. Il était temps. Les deux-tiers des Français ont donné un ticket à Emmanuel Macron. On pourrait s'en réjouir. Maintenant on ne peut prédire l'avenir. Comment  cette dernière chance sera exploitée ? 

Avant le deuxième tour de la présidentielle.

    Je rentre un peu navré de mon escapade dans les Pyrénées. Le paysage bucolique n'a pas changé, les bergers surveillent toujours leurs moutons, en véhicule 4x4, toutefois. Les maladies, les attaques de loups et des corbeaux restent d'actualité. Ce qui a changé, c'est la politique. Les habitants des collines de l'Ariège, de l'Aude et de la Haute Garonne, régions visitées, ont tapé sur la démocratie parlementaire en votant extrême-gauche et extrême-droite. Ils ont écouté les cantates de Mélenchon et de Le Pen et ont beaucoup voté pour eux. Les votants de l'extrême n'expliquent pas leur vote. Ce sont des électeurs déçus des gestionnaires (hommes politiques aux manettes) de la France et votent CONTRE tout simplement. Ces gens qui habitent souvent des villages se disent mis à l'écart au profit des  les villes. J'ai senti qu'ils se sentaient à la traîne du développement tout court. Alors ils ont choisi soit le tribun de gauche ou la "tribune" de droite (Mélenchon ou Le Pen). Il a été reproché à Emmanuel Macron de ne pas avoir de programme, maintenant que le programme prend forme, ils ne le comprennent pas parce qu'il est trop précis et détaillé. Ils trouvent le candidat d'En Marche arrogant ou tout simplement, trop pour les riches ou la Haute Finance. Que dire de plus ? Faire plus de pédagogie peut-être.

   La France des Pyrénées, avec l'arrivée des nouvelles technologies, s'est éloignée de la modernité, elle est devenue non consensuelle et sourde à la mondialisation qui arrive en France (et en Europe). Cette France est connectée (télévision, internet, téléphone), mais elle vit de plus en plus repliée sur elle-même et ne communique qu'avec ses proches. Le communautarisme est là aussi, bien présent. On se monte facilement le bourrichon. Les habitants avec qui j'ai discuté voudraient revenir à la France d'avant-guerre où les villages et cantons vivaient en quasi autarcie. Je suis surpris et très peiné de le constater. Je mesure la difficile tâche qui attend le nouveau Président de la République. Si la France ne reprend pas du poil de la bête avant 2022, nous allons droit dans le mur avec un parti populiste, xénophobe et anti-européen, à la tête du pays

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