Blog du 19/10/13.

  Festival Européen du court-métrage à Hong Kong. J'ai fait la distraction chez les officiels du 1ier Festival du Court-métrage de la Communauté Européenne de Hong Kong. Je m'explique.

   J'ai trouvé un jour, au cours de mes déambulations à l'Alliance Française, un flyer sur un festival de cinéma qui se tient le soir même à Hong Kong, à l'initiative de l'Europe. Il était bien spécifié que l'entrée était libre et gratuite, mais sur invitation. J'ai décidé d'aller voir. Le papier parlait d'un cocktail servi avant la première projection. Une raison supplémentaire pour tenter ma chance, après tout, je suis citoyen européen et je paye des impôts pour faire fonctionner l'UE.

    Je suis arrivé sur les lieux à la bonne heure, j'ai été bloqué au rez-de-chaussée par un jeune homme, téléphone portable accroché à l'oreille. "Ah vous n'avez pas d'invitation", me dit-il. Je me présente : "amateur de cinéma, de passage à Hong Kong". Il appelle quelqu'un. " Non il n'y a plus de place " me dit-il,il me  propose de patienter 3/4 d'heure si une place venait à se libérer. Je proteste poliment l'informant que c'est le cocktail qui m'intéresse particulièrement pour rencontrer des personnalités du cinéma présentes à la manifestation: re-coup de téléphone. Ca marche, Je suis accepté ! On m'escorte dans l'ascenseur et jusqu'à un vestibule où sont entassées une cinquantaine de personnes. Toutes en tenues de cérémonie (il est seulement 18h30). Je reste calme, si près du but, ce n'est pas le moment de lâcher. Habillé d'un simple bermuda et d'un gilet bleu. Je ne suis pas dans le ton de la soirée. Je suis l'extra-terrestre du jour. La cible de l'attention générale. J'essaie quand même de faire bonne mine. Avec mon arrivée, les conversations se sont arrêtées, mais elles reprennent. On me dit que le Consul de France est absent, je suis quand même présenté au Vice-Consul de Belgique. Un critique de cinéma irlandais se joint à nous. Malin, ce dernier me branche sur le film  Les Visiteurs, très approprié avec mon arrivée surprenante et  remarqué. On rit. Le Vice-Consul n'a pas vu le film. Dommage pour une soirée cinéma. Le critique de cinéma, lui, a oublié le nom de Christian Clavier, je le lui souffle. Il s'absente pour se diriger vers le bar. Je reste seul avec le Vice-Consul qui cherche maintenant sa femme. On évoque dans la conversation le rôle des Consulats dans l'aide des ressortissants en difficulté à l'étranger. Il m'écoute à peine, toujours préoccupé par son épouse. Je m'écarte. Je remarque un jeune Chinois, habillé simplement. Je lui parle. J'apprends qu'il est professeur de cinéma à l'université de Hong Kong. Notre conversation est décontractée et presque chaleureuse. Un de ses collègues se joint à nous. La conversation reprend, toujours amicale. Ils veulent en savoir plus sur moi. Je leur donne l'adresse de mon blog, il est vite trouvé sur le smartphone du professeur. Ils sont rassuré, je suis sur internet. La conversation peut reprendre. Le critique de cinéma irlandais réapparaît, il me tire par la manche et m'entraine vers le bar. Il m'offre un verre, lui en prend un aussi. Il me parle en anglais et en français. Il m'informe qu'il a été éduqué dans une public school dans le sud de l'Angleterre. J'évoque ma rencontre avec un Anglais de Auckland (NZ), qui a aussi été éduqué à Harrow, une autre public school. Il s'esclaffe. Il me dit être aussi, un aristo descendant d'une vieille famille irlandaise du 17 ième siècle. Décidément, ils sont partout, ces aristocrates.

     Le début de la première séance est annoncé. Les invités se dirigent vers la salle de projection. Mon aristo/critique de cinéma ne bouge pas. Il se sert un autre verre de vin rouge, il remplit mon verre. Il fait vite parce que le personnel du bar range les bouteilles et commence à le regarder d'un drôle d'air. Je lui fait remarqué que nous sommes les derniers à entrer. Il fait allusion au drapé de son costume qui, d'après lui, mérite le respect. Le personnel du  bar  fait quand même pression sur nous en rangeant les bouteilles et les verres. Une jeune femme du protocole arrive enfin pour nous demander de bien vouloir rejoindre la salle. Il se lève enfin,  je le suis. La jeune femme nous place au premier rang. La situation m'amuse. Apparemment mon critique/aristo est vraiment une personnalité du cinéma. Nous avons déjà manqué deux petits films sur les cinq. Au cours de la projection, il m'écrit un petit mot pour s'excuser de devoir interrompre notre conversation à cause du monsieur à sa droite qui est le représentant de l'Union Européenne à Hong Kong. A la fin des  projections, il quitte la salle en conversation avec le dit monsieur de l'UE, et moi je prends un autre escalier, le sourire aux lèvres, ravi de ma soirée.

~~~~~~

Retour à l'accueil