L'hiver s'incruste partout, il est dans les  villages, et les hameaux, dans les champs et sous les arbres. Personne ne peut l'arrêter et les gens courbent l'échine sous la neige ou la pluie, en attendant des jours meilleurs. Dans les maisons, à l'abri du froid, on cherche un peu de réconfort, on écoute de la musique, la chanson du québécois Gilles Vigneault "Mon pays...ce n'est pas un pays, c'est l'hiver" fait un tabac, la municipalité de Saint Louis lui a attribué le prix de l'hiver 2012. La chanson ne date pas d'hier, je doute que les jeunes la connaisse. Vous verrez, elle n'a pas pris une ride.


 

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  Cette semaine, j'ai eu deux contrariétés dont je voudrais vous parler. le porte-feuille volé de la semaine dernière n'est plus d'actualité, ce n'est pas ça qui fera chavirer mon moral. On ne vit pas bien en ressassant les échecs et embûches du passé. Mes contrariétés sont ailleurs,  bien plus sérieuses.

    Ma première contrariété, ce sont les agresseurs et violeurs de femmes en Inde. Comme tout le monde, je savais que les femmes avaient la vie dure dans ce pays. Il a fallu la sauvage attaque d'une jeune femme dans un bus pour me faire sortir de mes gonds. 

   L'Inde est un grand pays, on en parle beaucoup en  ce moment à cause de ses bons résultats économiques. La fermeture envisagée des hauts fourneaux ArcelorMittal en Lorraine fait l'actualité du jour. Il y a aussi la commande par l'Inde de 126 avions de combat Rafale.  Ce pays se tient bien droit dans ses bottes et semble s'éloigner du sous-développement. On ne peut que s'en féliciter.

   Malheureusement, l'Inde ne  fait pas d'étincelles sur le plan des droits de l'homme et de la femme et de la protection sociale en général. L'espérance de vie moyenne y est inférieure à celle du Bangladesh (beaucoup plus pauvre) et la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition. Le système  de castres en Inde crée des citoyens de deuxième catégorie, "les intouchables", obligés pour vivre d'accepter des conditions de vie dégradantes. On n'est pas loin du vieux système de l'apartheid de l'Afrique du Sud.

  Mais revenons à l'agression de cette jeune femme dans un autobus de New Delhi. En Octobre dernier, une jeune étudiante de 23 ans qui voyageait avec un ami (lui-même blessé dans l'attaque), s'est faite sauvagement agressée par 6 hommes, elle a été battue, violée, jetée hors du bus et laissée pour morte pendant une heure sur le trottoir avant que la police n'intervienne (on ne s'explique pas pourquoi). Elle est décédée quelques jours plus tard dans un hopital de Singapour.

  Suite à cette attaque, les manifestations succèdent aux manifestations dans l'espoir de faire changer les lois et la passivité des autorités face à ce type de violences faites aux femmes. Cela suffira-t-il pour changer les mentalités ? Les hommes comprendront-ils un jour que les femmes sont des êtres humains, comme eux, qui doivent aussi être respectées. Les religions de l'Inde protègent les vaches, les singes, les rats, mais que font-elles pour les femmes ? Ceci ne va pas me réconcilier avec les religions. Il est temps que l'Inde et ses grandes religions, modernise ses pratiques religieuses, d'un autre âge, et commencent à réfléchir sérieusement sur la situation des femmes. C'est indigne d'un pays développé. 

 

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La France en crise

  Mon second coup de gueule de la semaine va à l'attitude de certains Français qui redoutent les effets de la crise économique et ne veulent surtout pas en faire les frais. Il arrive aux medias de chercher à connaître l'opinion dans Français sur tel ou tel sujet, en les  questionnant sur les marchés et les endroits publics. La semaine dernière, on leur demandait ce qu'ils pensaient de la crise économique. Ils étaient tous très inquiets, mais aucun ne pensait que c'était à tous les Français de faire un effort pour "contribuer" à la sortie de crise. Pour eux, c'était à l'Etat, au gouvernement, de faire ce qu'il fallait pour nous sortir de là.

  En France, je pense que nous attendons trop des gouvernants. C'est une maladie française. Quand une grosse entreprise a des difficultés (comme PSA) et envisage la fermeture d'une usine, les salariés se tournent vers l'Etat pour régler le problème. On pourrait imaginer cela en Chine Populaire où l'Etat est encore propriétaire des usines (I think), mais en France ? Est-ce le rôle de l'Etat de gérer les conflits du travail ? N'y a -t-il pas des tribunaux pour cela ? Je me souviens qu'après la guerre, la France avait développé une série de plans pour organiser sa reconstruction, à commencer par le Plan Monnet en 1947. Nous n'en sommes plus là. 

  Aujourd'hui, l'industrie française ne va pas bien et ce n'est pas d'un coup de baguette magique du gouvernement que  que les entreprises françaises retrouveront une compétitivité qui les feront vendre leur production. Ce n'est pas en aidant financièrement telle ou telle entreprise menacée de faillite que l'on sortira de la crise. C'est par ses résultats d'exploitation qu'une entreprise mesure ses performances. Toutes les entreprises françaises, fort heureusement, ne sont pas dans le rouge. Je vois à la télé des petites entreprises françaises qui sont au top de l'innovation au niveau mondial et exportent plus de 90% de leur production.

 Je pense que le rôle de l'Etat est d'aider les entreprises à se moderniser afin qu'elles retrouvent la compétivité qu'elles avaient, il y a encore 10 ans. Entre temps, nous devrons nous serrer la ceinture. Les négociations sur les traitements des fonctionnaires viennent de se terminer. Les syndicats n'ont pas obtenu la moindre augmentation. Il fallait s'y attendre. Personne se s'est plaint. Attitude responsable. 

  Si vous avez encore des doutes sur l'état de notre industrie en France, voici quelques chiffres tirés du Nouvel Economiste du 1ier février 2013 :


Chiffres clés

industrie : le match Allemagne/France/Italie

                                                                                  ALLEMAGNE    ITALIE          FRANCE

 

Part de l'industrie

dans la valeur ajoutée .............................      25,1%           18,6%           12,5%

 

Contribution à la valeur ajoutée 25%          

industrielle de l'Europe     ......... ..............       25%               13%              11%

                                       

 Nombre de robots .................................      150 000         70 000            35 000

                                                 

Age moyen du parc

de machines-outils   .................................   9 ans             10 ans          17 ans


PME proposant un site internet  ...............      80%              80%               50%

 

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   Je savais que l'Allemagne était en meilleure position que la France. Mais que dire de l'Italie ? En matière d'industrialisation, on s'est bien planté. Je me souviens des titres que l'on voyait fleurir ici et là dans les années 80 : "la société post-industrielle, l'entreprise sans usine, la nouvelle économie". Des erreurs de positionnement économique de la France qui menacent de nous conduire à la ruine si nous ne relevons pas tous les manches. Par ailleurs, je ne crois pas non plus à la relance de l'activité économique par la consommation. Un feu de paille. Les entreprises ne se moderniseront pas pour autant. Cela ne le rendra pas plus compétitives pour autant.  

  Heureusement que les medias trouvent des entreprises françaises qui exportent et qui embauchent pour nous redonner un peu le moral !  Nous voyons ainsi que la faillite du tissu industriel n'est pas une fatalité. L'Etat ne peut pas se porter toujours au secours de toutes les entreprises en difficulté pour sauver les emplois. Les caisses de l'Etat sont vides. Ma pension, comme la vôtre (si vous avez une pension versée par l'Etat)  est payée sur des emprunts publics dont la collectivité parvient à peine à rembourser les intérêts. Dans ce contexte, la marge de manoeuvre est forcément limitée.

  Nous ne sommes pas les premiers à souffrir d'une économie à l'agonie. L'Allemagne sous Gerhard Shröder a connu des années de vaches maigres. Pareil pour l'Argentine, le Portugal, l'Espagne...et la Grèce... Pour en finir avec ce passage sur l'emploi et l'économie. Je ne crois pas aux mérites de la planche à billets. Personne aujourd'hui n'ose sérieusement être favorable à une inflation, d'ailleurs, quel économiste sérieux se dit Keynésien aujourd'hi ? 

 

 

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