J'ai reçu un coup de téléphone de France ce matin et un autre hier soir. Vous ne pouvez pas imaginer combien cela m'a fait plaisir. Le vagabond reçoit un appel de France. Je me suis écarté de la  France. On ne peut pas être in et out. Il faut choisir et accepter les conséquence. N'empêche cela fait toujours plaisir. Quand je suis sur la route, j'ai parfois l'impression d'être seul comme un navigateur solitaire sur son bateau. Chaque jour est --peut être-- aussi dur que le jour précédent ou sera le suivant. Ce n'est pas un handicap.
Ce matin, je suis allé au bistrot. Prendre un café et discuter le bout de gras avec les canadiens. Parmi les clients et le personnel, il y avait un prof d'histoire et d'économie (qui corrigeait ses copies) et un prof de danse, à 7 heures du mat. Les gens se lèvent tôt ici. Hier soir au motel l'hotel est plein à 50% et ce matin à 7 heures plus une seule voiture (sauf la mienne). Les gens commencent tôt ici. Même le prof se lève à 5 heures. Il faut dire qu'à 5 heures du soir il fait nuit. Il y a un réel décalage horaire dans la pratique.
Au bistro j'ai appris une expression québécoise : poigner l'automne. Qui veut dire arriver à l'automne. Ils utilisent aussi des mots anglais comme "chum" copain, ou "lone" solitaire. L'officier d'immigration m'a "stampé" mon passeport au lieu de le timbrer. Le français d'ici ressemble à du franglais  (petit clin d'oeil à René Etiemble, Parlez-vous franglais ?)
Je vais partir dans quelques instants en direction de Québec. J'ai le temps. Je vais aller faire un tour vers l'Est. Je ne verrai pas les barraques du Quebec où on danse et on chante. Typiques de la région parce que ces cabanes s'animent en mars/avril à la fabrication du sirop d'érable. Il faudra revenir au printemps.


La petite voiture Chevrolet HHT de location devant ma chambre

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