Vendredi 16 septembre 2011,

Ce n'était pas un 11 septembre, mais un 16 septembre, très tôt, que sont arrivés les premiers signes annonciateurs de la naissance de mon fils, Nicolas. Un jour pas comme les autres, évidemment.  Un jour célébré dès la première heure avec le vinyl de la trompette de Maurice André que ma femme a placé sur le tourne-disques.

Nicolas est arrivé sans surprise, à l'heure. Il faisait bon poids et s'est révélé être un enfant joyeux et heureux de vivre. Mon divorce a certainement cassé quelque chose chez lui. Il avait 15 ans quand ma femme a décidé de la séparation.

Comme j'ai pu, j'ai gardé des liens avec lui et sa mère. Nicolas ne faisait rien pour maintenir le contact avec moi. Le  temps a fait le reste. il a cessé de donner des nouvelles, jusqu'à ne plus en donner du tout. Pas même son adresse, ou son numéro de téléphone.

Maintenant, j'ai un fils fantôme. les années sans nouvelles ont creusées le vide. une absence inexpliquée qui génère des doutes et de la souffrance. Pourquoi ce retrait ? Ce silence absolu...  Je ne sais même pas pourquoi il s'est caché dans ce silence. Un refuge ? Contre  quoi ? Contre qui ? Contre moi ? Qu'est-ce que j'ai fait ou pas fait ? 

      Je reviens à la ligne sur ce chapitre. Après tout, les enfants ont le droit de faire ce qu'ils veulent de leur vie, jusqu'à nier l'existence de leur père si cela leur est nécessaire pour vivre tranquille et heureux. Dans le domaine de l'absurde, toutes les explications se valent. 

        Dans l'attente de jours meilleurs, je suis l'exemple des animaux, d'instinct je veux survivre. Heureusement que je continue à me passionner pour la vie des hommes, que je nomme souvent "les humains". J'aime bien, ça fait anthropologie.


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      Cette semaine, dans l'actualité, j'ai relevé une chronique d'Emmanuel TODD sur France Culture. Ignare, comme je suis, je n'avais jamais prêté attention à Emmanuel Todd. Pour moi, il n'existait qu'un Todd, Olivier Todd. Le grand Olivier Todd, celui du Nouvel Obs et de l'Express, et bien d'autres organes de presse.

Je découvre donc un de ses fils :  Emmanuel Todd . Un fils qui marche bien dans les chaussures de son père, en plus virulent encore. Eh bien ce Emmanuel Todd prend le contre-pied de tout ce qui se dit actuellement sur l'euro. (Que c'est un problème majeur pour l'Union Européenne, qu'il faut prendre des mesures draconiennes pour éviter que l'euro ne s'effondre, etc....). Emmanuel Todd dit que le sauvetage de l'euro c'est le sauvetage de l'argent des riches et qu'il faut le laisser s'effondrer. Je n'ai jamais entendu çà. Sauf chez certains anarchistes, il y a quarante ans peut-être, et sur d'autres sujets. J'attends pour voir si il a raison. N'importe comment je ne peux rien, sauf éviter de voter pour le Front National.

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                Cette semaine, on a reparlé de Romain Gary, alias Emile Ajor, Roman Kacew. Encore un auteur et personnage de roman. Quand je suis devant une vie comme celle-là, je me sens un petit garçon devant une merveille brillante et lumineuse qui me trouble profondément. Tout le monde connaît Romain Gary, pour ceux qui ne le connaîtrait pas encore, internet regorge d'infos sur Romain Gary. link 

Comme, je l'ai dit de multiples fois dans ces pages. La vie prend de la valeur quand on lui donne un sens. Ce sont ces vies humaines qui nous donnent le la, l'exemple. Ces personnes qui deviennent inévitablement des personnages historiques sont plus efficaces que des manuels de morale ou de philosophie. Mêmes si, eux aussi, ont fait leurs conneries. 

  Dans un autre genre, mais tout aussi attachant, j'écoute en ce moment, une émission sur ma radio préférée, sur Jean Luc Godard avec jean Luc Godard. J'ai toujours apprécié les films de Godard parce que ses films étaient/sont toujours des films "à la recherche de quelque chose", il crée des films comme d'autres font des peintures ou de la poésie. Jean Luc Godard ne s'est jamais embêté pour construire des scénarios. Le film d'ariane chez Godard, c'est au montage qu'il le trouvait. Avec Godard on va de surprise en surprise, de découverte en découverte. Il le dit bien (en filigrane) dans les enregistrements récents qu'il vient de faire en Suisse : il est artisan du cinéma, un constructeur d'images et de suites d'images, pas le romancier-cinéaste comme peut l'être Manoel de Oliveira, que j'apprécie aussi.

Je Luc Godard est un chercheur du cinéma. je me souviens d'un film de lui, film qui n'a pas été particulièrement marqué son époque : il s'appelle "le Gai Savoir". Un film qui en a desorienté plus d'un spectateur. La totalité du film portait sur les couleurs et le son. J'ai le souvenir de tubes de couleurs qui s'entremêlaient. C'est tout ce qui m'en reste. Sinon une expérience émotionnelle intense. (le titre ? référence au Gai Savoir de Nietzsche ?

 

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