Comme toutes les semaines, le vendredi est le jour limite pour penser à ma page du samedi. C'est d'autant plus compliqué que je ne me suis pas imposé une ligne éditoriale précise. Over-blog recommande d'en avoir une pour faire moins bazar.  Mon blog est le drugstore du coin (mot passé de mode d'ailleurs). J'écris sur n'importe quoi et (presque) n'importe comment. Je sais que ce n'est pas ainsi que je vais fidéliser beaucoup de lecteurs.  Mais là n'est pas le but recherché. Je ne ferai jamais des milliers de clics, comme certains blogs de cuisine ou de mode. 

Mon blog est un outil pour vivre mieux,  pour apprendre "à se creuser la cervelle". Celui qui cherche à développer ses muscles, fait de la musculation. Rien à dire. Que doit-on faire pour développer ses méninges ? Faire des mots croisés ? Jouer au bridge ? Se préparer pour le jeu "Questions pour un champion" ?

Apprendre à écrire me séduit beaucoup plus. Ecrire sur ma vie et sur la vie des autres et de la société me plaît bien ("Qui m'aime me suive"). On n'a pas besoin d'être agrégé de l'université pour avoir quelques idées sur qui on est et sur "où va le monde". Et puis on peut toujours lire un peu.  En ce moment, je reprends de temps en temps le numéro, hors-série, de "Philosophie magazine" sur Montaigne. Les textes de l'auteur sont bien présentés, c'est plus facile à comprendre que les essais. Je pourrais citer beaucoup de ses réflexions qui me plaisent. Au hasard,  celle-ci sur le voyage : "Mais à l'âge que vous avez, vous ne reviendrez jamais d'un aussi long périple". Que m'importe! Je ne l'entreprends ni pour en revenir ni pour l'achever; j'entreprends seulement de me mettre en mouvement pendant que le mouvement me plaît. Et je me promène pour me promener..."

  Montaigne m'a toujours séduit, comme Rousseau, lui aussi, grand promeneur. Comment peut-on être séduit par un philosophe dont on ne connaît rien ou très peu. Aujourd'hui, à 70 ans, je me souviens des choix de mes premières lectures à 17, 18 ans. A cet âge, j'achetais un livre au feeling. L'école communale ne m'avait pas vraiment aidé à choisir un auteur plutôt qu'un autre.Ma famille ?N'en parlons pas. Une amie m'avait parlé de Voltaire, malgré ses  qualités d'écrivain,  je n'ai jamais accroché avec lui, son côté  pamphlétaire ne me plaisait pas trop.  

  Alors l'écriture, pourquoi ? Surtout pour quelqu'un qui n'a rien à dire d'intéressant. La réponse est simple : l'écriture est la forme complexe de la parole. C'est le niveau 2 de la parole. Avec l'écriture on apprend à mieux parler, à mieux réfléchir aussi. Au début de l'écriture, on est instable avec les mots. On a la tramblote. On craint les fautes d'orthographes, on cherche la bonne tournure des phrases, la syntaxe qui rendra la phrase plus agréable à lire, on cherche le bon mot pour améliorer le sens. Au final, je pense que l'on doit accepter notre écrit maladroit. Il fera sourire les esprits supérieurs (...). Ce n'est pas bien grave. Je me souviens de Michel Rocard qui a raconté avoir présenté un texte à François Mitterand qui lui a demandé de remplacer un mot par un autre. Le rapport de force n'est pas absent dans l'usage que l'on fait de l'écrit.

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