J'aime bien cette allée en enfilade avec la verrière au milieu. Une belle profondeur. Je ne me souviens plus où la photo a été prise. La Gare Sain Lazare peut-être ?

J'aime bien cette allée en enfilade avec la verrière au milieu. Une belle profondeur. Je ne me souviens plus où la photo a été prise. La Gare Sain Lazare peut-être ?

Je voudrais écrire quelque chose sur le vieillissement de mes amis de Paris. Quelque chose me retient, quelque chose qui me dit que je ne devrais pas parler des autres, de mes proches. Chacun vit à sa manière son âge. Parler de l'âge des autres peut être insultant. Une confrontation entre l'âge réel, l'âge ressenti de l'intéressé et l'âge vu par un observateur. Rien que du subjectif. L'âge réel donné par nos organes n'est pas mesurable. La biologie essaie bien de le faire, à quoi bon comme notre corps est en perpétuel devenir. Nos sommes différents de ce que nous étions hier.

J'ai vu mes amis plus vieux que je les laissé l'année dernière. Un constat pénible mais pas alarmant. Ils sont encore tous là, à la recherche de la vie. L'un s'est fait renverser par une voiture, il s'en sort avec un nez cassé et diverses contusions, un autre fait sa marche quotidienne dans le couloir de sa résidence,  accroché à son déambulateur, un troisième fait la grimace pour prendre ses médicaments, un autre encore à perdu la vue. La vie, pleine et entière s'éloigne avant de disparaître. C'est ainsi. Chaque vie est une œuvre en soi à nous d'en faire quelque chose.

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Mes mémoires chez l'éditeur.

J'ai donné mon manuscrit à l'éditeur, c'est lui qui fait maintenant le travail de correction. J'ai enfin quelqu'un qui travaille pour moi. Je paye mais c'est bien quand même. Il va corriger mes fautes et remettre d'aplomb certaines phrases bancales. J'attends la suite. J'aime bien les phrases qui "ont de la gueule" des phrases bien tournées agréables à lire et à dire à voix haute. Depuis mon retour de Paris, je relis un roman de Michel Houellebecq "Anéantir" chez Flammarion. J'aime bien Houellebecq. Une littérature qui frappe. Il décrit bien notre société avec une part de fiction et de descriptions, style Nouveau Roman. Il me distrait bien pendant que mon éditeur travaille à corriger mes pattes de mouche.

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Hier soir, je lisais donc Houellebecq sur ma terrasse de mon studio quand j'ai senti une odeur de brûlé. Je me suis quand même inquiété. Dans cette résidence de vieux, il arrive, régulièrement, que des personnes âgées oublient une casserole sur le feu (j'ai aussi fait ça). Je suis descendu, prévenu le gardien de nuit. Il est monté chez moi, a constaté l'odeur de brûlé et est intervenu chez l'intéressé négligent. C'est bien, ce gardien de nuit. Nous, les vieux, avons un cerveau en mauvais état, pas forcément délabré, mais en mauvais état. Nous faisons des bêtises. La direction de la résidence emploie du personnel pour nous surveiller. Parfois, ce personnel en fait trop, par son attention protectrice, il nous infantilise. C'est parfois utile, mais toujours humiliant.

 

 

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