L'Allemagne n'est plus un pays tranquille qui nous connaissions depuis l'établissement de  la RFA. Le pays de référence pour son sérieux depuis la fin de la guerre est attaquée de l'intérieur par des groupuscules d'Extrême Droite qui se font appeler "les Citoyens du Reich" (rien que ça). Récemment, ils ont cherché à attaquer le Bundestag pour déstabiliser les institutions  allemandes. Quelle idée saugrenue ! Piètre remake de l'attaque du Capitole en janvier dernier.

     Depuis ma jeunesse, j'aime l'Allemagne, pas pour son humour, je laisse cela aux Britanniques. J'aime le sérieux et l'honnêteté allemands. Je n'oublierai jamais mon premier séjour à Munich en 1964/1965. Je voulais apprendre une deuxième langue étrangère après l'anglais. J'ai d'abord  occupé un emploi chez Spatenbräu, la célèbre brasserie de Munich. J'ai été engagé pour sortir les bouteilles cassées des caisses de bouteilles consignées qui rentraient  à l'usine.  Je travaillais sur une chaine avec des femmes allemandes, pas des petites mädchen que l'on voit sur des magazines de mode, des femmes au poids imposant. Elle tenaient le rythme avec bonne humeur et moi je n'arrivais pas à suivre. J'ai tenu deux semaines, pas plus. Mais j'ai gardé un bon souvenir de cette entreprise. Je l'ai quitté pour un atelier de peinture. L'Arbeitsamt  (l'Anpe locale) n'a fait aucune difficulté pour me trouver un autre emploi. On m'a proposé un emploi de peintre au pistolet. Je n'avais jamais fait cela mais j'ai quand même accepté. Nous étions une vingtaine à peindre des petites boîtes métalliques. Comme pour le premier emploi, j'étais le seul étranger. Les autres salariés ont toujours été corrects avec moi. J'avais même quelqu'un qui me traduisait les consignes de travail données par le Meister (le chef),  un ancien soldat allemand retenu prisonnier en France pendant 5 ans. Mon salaire de débutant me permettait de vivre et de payer mon loyer. En quelques semaines, j'étais capable de peindre les petites boîtes. Sans me prévenir, l'employeur a largement augmenté mon salaire. Un geste que je ne suis pas prêt d'oublier. Sur plusieurs séjours en Allemagne, j'ai toujours reçu le meilleur accueil de la part du patron et des salariés. Et on était qu'à 19, 20 ans de la fin de la guerre. Un accueil que je ne suis pas prêt d'oublier.

        Maintenant l'Allemagne doit se débarrasser de ces troublions qui manquent sérieusement de culture. L'Allemagne n'a pas besoin d'un nouveau régime fasciste.

 

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