Blog du 7/07/15.

      La Grèce. Les Grecs vont voter par référendum pour ou contre les restrictions économiques. Demander par référendum si on accepte ou non les restrictions imposées par l'Europe est une mystification. Accepter de voir son salaire diminuer ou les prix augmenter est une vaste fumisterie. Qui peut accepter ça ? Qui peut accepter volontairement de se faire mal ?

     Les tergiversations sans fin d'Alexis Tsipras, Premier Ministre grec, accompagné de son Ministre des finances,   ont fatigué les négociateurs européens et particulièrement Mme Christine Lagarde du FMI qui a eu des mots très durs sur la Grèce. Les Grecs ont essayé de jouer au plus malin. A leur adhésion à la monnaie unique (l'euro), ils ont annoncé un déficit public de 5% alors qu'il était de 13%.  Grace aux diverses aides de l'Europe, ils ont artificiellement augmenté leur niveau de vie. La supercherie a été découverte en 2008. Depuis les responsables de l'UE ont pris les choses en mains et imposent des mesures économiques pour sauver le pays. Cela se passe mal avec la population, ce qui explique  l'application d'un référendum pour responsabiliser la population. La situation de la Grèce est délicate. Il n'y aura pas d'aides financières supplémentaires sans adhésion du pays tout entier. Cela fait maintenant 6 mois que la Grèce est ouvertement en difficultés.

 

     Le romantisme révolutionnaire du Premier Ministre n'a pas réussi à casser le pragmatisme des responsables européens. Il y a cette dette, de plusieurs dizaines de milliards d'euros que la Grèce ne pourra rembourser, les impôts du pays tardent à rentrer (ce pays déteste les impôts : directs, foncier et TVA), mais le plus grave encore, c'est l'état dégradé de l'économie grecque : une industrie moribonde, une agriculture défaillante et un tourisme qui ne décolle pas. La totale. 

      Je suis désolé pour le peuple grec, c'est lui qui souffre le plus de la situation. Maintenir le pays sous perfusion sans prendre de vrais mesures de redressement n'est pas envisageable. Si la Grèce venait à sortir de l'euro, ce serait une ouverture vers l'inconnu. La Grèce, berceau de la démocratie, est un pays aux pieds d'argile qui a connu, depuis la fin de la guerre, une histoire difficile : une guerre civile qui aurait fait 150 000 morts, une dictature "des colonels" qui a fait combien de morts et de torturés ? Je n'ai pas oublié le film de Costa-Gavras "Z". La démocratie a été rétablie en 1974 mais les démons ne sont pas morts. La Grèce reste un pays en convalescence. C'est mon sentiment. Si elle venait à quitter l'Union Européenne, de quelle côté se tournerait-elle ?  Le souriant Premier Ministre révolutionnaire Tsipras le sait-il ? 

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