Mercredi 21 mai 2014
  Grosse frayeur sur la Croisette, le chargeur de mon laptop a cessé de fonctionner. J'ai d'abord cru à une attaque coordonnée de tous les endroits où je pouvais me brancher : la gare, la Fnac, le Bureau du tourisme. Et hier soir, j'étais invité à diner chez une amie de Marseille qui loue avec deux amies un appart pour le festival, chez elle, il ne fonctionnait pas. preuve était faite que c'était le chargeur qui était défectueux. J'ai fait démonter la fiche chez un petit cordonnier. C'était elle la fautive. Je suis soulagé. Je peux enfin réanimer la batterie qui commençait à avoir soif d'électricité.
  J'ai vu quatre films hier. Un film danois sur la sorcellerie, sans intérêt (Animals dream), un second sur l'histoire d'un jeune batteur de jazz qui souffre le martyre pour devenir un grand jazzman (Whipleash). Film applaudit copieusement. Le troisième film, c'était "Nicole, tu dors" un film québécois qui se voulait poétique. La poésie québécoise n'est pas passée auprès du public. L'applaudimètre n'a pas fait son meilleur score. Dommage pour l'équipe du film et les financeurs. Le dernier film de ma journée du mardi, est Queen et Country, dirigé par un monsieur âgé qui s'appelle John Boorman. Je pense que c'est un film de trop pour lui. C'est une comédie qui se voulait humoristique et critique sur l'armée britannique des années 50. Le film était correctement fait mais, il est disons, démodé. 
  Quand on voit les films, les uns après les autres, on compare vite leurs qualités. L'humour traverse mal les frontières. Un passage du film québécois dont je viens de parler, a fait tordre de rire quelques spectateurs dans la salle. Manifestement le sous-titre en anglais n'a pas été efficace, le reste de la salle n'a pas bougé.
Mardi 20 mai 2014
  J'ai vu trois films. A 9h, "Mange tes morts". Un film pas très intéressant. Un intérêt tout de même si on veut apprendre le gitan. Ensuite, j'ai vu un film australien : The final hours. Quelques belles images sur l'Australie et le fin du monde. Le dernier film de la journée compense la médiocrité des deux autres . il s'agit d'un film de Jim Michael: "Cold in July". L'histoire se passe au Texas. Je n'en dit pas plus parce que je ne veux dévoiler l'intrigue du film. il y a beaucoup de l'histoire de l'Amérique dans ce film, des ses problèmes et de ses valeurs. Un bon film qui a déchaîné le public à la fin du film. L'équipe du film a été entouré de spectateurs avec leur téléphone portable. Je ne sais pas si ils voulait faire une vidéo ou l'éclairer. Les deux peut-être. Du meilleur effet. Allez le voir quand il passera en salle.

Lundi 19 mai 2014
  Plus de tolérance au bureau du tourisme de Cannes. La prise électrique sur lauquelle je branchais mon ordinateur ou mon téléphone portable ne fonctionne plus. Je suis exclu. Je n'ai rien à ajouter. Je ne vais pas les traiter de tous les noms. Apparemment je dérange. Je n'ai rien à contester le Bureau du Tourisme n'est pas là pour donner l'énergie électrique aux personnes qui dorment dans leur voiture. Pas de commentaire aussi pour Mac Do qui n'a plus de prises depuis quelques temps déjà, et les autres. Mais il y a du regret tout de même.
  Ce  matin, lundi 19 mai, j'ai vu "Mange tes morts" de Charles Hue. Encore un film sur les communautés. Cette fois-ci c'est la communauté des gens qui vivent en caravanes. Je n'ai pas été capable d'identifier de quelle communauté, il s'agissait. Je peux dire qu'ils parlaient un français que j'avais du mal à comprendre. Un communauté qui se disputait souvent. Des gens qui mettent longtemps pour s'expliquer. Des délinquants et aussi, par accident, des criminels. Une idéologie religieuse, le christianisme se développe. Je ne suis pas connaisseur, mais je pense qu'il s'agit d'un christianisme à part. Cependant, dans ce film cette religion ne prone pas la délinquence et la violence. Ce film est en fait une vue de cette lutte entre croyants et non-croyants.
  Je ne peux pas dire que je me suis ennuyer, mais je dois reconnaître que souvent j'étais obligé de lire les sous-titres en anglais de ce qui se disait en français. C'est quand même bien d'avoir fait ce film et de l'avoir sélectionné à la Quinzaine. C'est un bon moyen de s'informer sur une communauté fermée.
Dimanche 12h00bgtr
  Je viens de voir un film au-dessus du lot de ce que l'on voit d'habitude. Un film coréen qui est présenté par la Quinzaine des réalisateurs. Le film s'appelle "a hard day". Sur une scène particulièrement drôle, j'ai applaudi tout seul. Cela n'a pas traîné, le reste de la salle m'a suivi. Je pense que l'équipe du film m'a d'abord suivi parce qu'elle savait que ces images étaient les dernières du film. J'ai eu un coup de bol.
  Si vous voulez voir un film plein d'humour, peu de violence et une histoire toujours surprenant, allez voir ce film. Il sera présenté en France, sous quelle titre français, je ne sais pas. Il sera présenté en France. Si ce film n'est pas venu en France, je rends mon tablier.
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Dimanche matin, 7h30.
  Le Mc Do commence à se remplir. Pas loin de moi, une dame très âgée enfouie dans un parka, que je prenais pour une clodo, discute maintenant cinéma avec un monsieur bien sapé. Comme quoi...Le cinéma attire toutes sortes de gens. On sort de soi dans cette ambiance un peu loufoque où le fric se mêle à la création. Les images provoquent un choc, les mots n'ont pas le même effet sur les foules. Difficile à parler de ça, car les gens avec qui je discute ici connaissent "are articulate" comme disent les Anglais. Ils savent manier le langage. J'aime bien les gens articulés.
  Hier soir, j'ai vu "Combattants" un film de Thomas Cailley. Rien que des jeunes dans l'équipe de production. Le film, c'est l'histoire de deux jeunes adultes qui apprennent à s'aimer en jouant à des expériences de survie. L'idée du film est bonne. Les expériences des autres sont souvent inutiles. Ces jeunes ont appris à se connaître et à accepter leurs conneries. Beaucoup de bonnes choses dans ce film. C'est une fable en quelque sorte. On sort du cinéma avec quelque chose de chaud au coeur. Les deux jeunes acteurs sont excellents, il y a de l'humour, pas de violence superflue ou de sexe parade. On a évidemment eu droit à un happy end à la Hollywood. Cool. Alinos le Vieux a apprécié (la majorité des spectateurs aussi, à en croire les aplaudissements).
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  J'entends une conversation de jeunes à côté de moi qui discutent sexe à haute voix. Ils racontent leurs performances sexuelles. Une fois par jour ?? Deux fois par jour ??? "C'est déjà pas mal" dit un participant. Je me marre. Ils ont bien de la chance, ces jeunes à parler sexe à haute voix. Ils parlent et le font. Que demande le peuple ?? "--Des sous ! Des sous !" Monseigneur. 
  Quand j'étais jeune, pour expliquer ce genre de conversation, on parlait de défoulement. Cela ne me paraît pas juste. Refoulement/défoulement, cela n'a pas trop de sens. Pourquoi les jeunes seraient des refoulés quand ils parlent sexe ? Qu'ils en parlent ! Qu'ils en parlent ! Pendant ce temps ils ne font pas de conneries.
Samedi 17 mai , 16h20
 J'ai vu un bon film à la Quinzaine : Les combattants de Thomas Cailley. Film très agréable, très franco-francais, à en croire deux cinéphiles d'Allemagne et d'Angleterre. Toute l'équipe est jeune. C'est leur premier film ou leur premier rôle pour les acteurs. C'est l'histoire d'une rencontre entre deux jeunes qui découvrent qui vivent des expériences ensemble, ainsi ils apprennent qui ils sont en fait. Cela peut faire "cliché" comme a dit l'Allemande avec qui j'ai parlé. Elle n'a pas tord, mais le film est bien fait et l'histoire de ces deux jeunes est agréable à entendre. Tout le film tient sur la personnalité de l'héroïne, Madeleine. Une fille comme on n'en voit pas beaucoup dans la vie de tous les jours. Comme on voudrait en rencontrer, belle, féminine et masculine, intelligente, et beaucoup plus...Ce qui est encore mieux, ce sont ses faiblesses, ses ambitions infantiles. Elle est toute seule l'incarnation de la jeune adulte, la jeune fille moderne et libre. J'aime ces jeunes adultes sûrs d'eux et en même temps si vulnérables. Elle m'a fait penser à la chanson : "elle est femme libérée, tu sais, c'est pas si facile". Ils découvrent par eux-mêmes leurs limites. C'est bien mieux que d'entendre les discours des adultes qui ont tendance de dire aux jeunes ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire.
  Dans le film on suit Madeleine, pas à pas, dans ses expériences. C'est vraiment très agréable. la sallle a adoré à en croire ses généreux applaudissements.
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Samedi  17 mai , 11h00
  Devant le Palais du Festival, j'ai croisé une ancienne copine de mon ancien travail dans les Bouche du Rhône. C'est d'ailleurs elle qui m'avait informé sur "les trucs à connaître" pour réussir son Festival de Cannes. Parmi tout ce monde, on finit toujours par rencontrer quelqu'un que l'on connait. Il a deux jours c'était une amie de Freibourg, je savais qu'elle était à Nice, mais sûrement pas à Cannes.  Le Festival est comme une grande foire qui attire beaucoup de monde. Mais rien à voir avec la Foire de Paris ou le Salon de l'Agriculture. Ici les gens parlent, échangent sur les films vus ou ceux qu'ils souhaitent voir. Ici des gens parlent à d'autres gens, qu'ils connaissent et qu'ils ne connaissent pas. C'est pour cela que le Festival de Cannes est magique. Les Festivaliers sont seuls pour voir leur film et entre amis le soir pour des retrouvailles où on casse la croûte ( ou plus) on parle de cinéma, bien sûr. A la différence des foires du livre (plus intimistes et discrets) le film avec ses acteurs et actrices auquels on s'identifie, provoquent des éclats de voix et des exhubérances sympathiques.
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Samedi matin 17 mai, 7h30
  Toujours à la Quinzaine, j'ai vu un mauvais film. Un film anglais "Catch me Daddy". Ils ont essayé de faire un film à la Ken Loach. On n'apprend pas grand chose sur le société anglaise, il y trouve aussi peu d'humour. Des scènes de violences succèdent à d'autres scènes de violence comme dans un mauvais polar. Une longue course poursuite d'un groupe de petits tueurs à gage payé pour ramener une jeune fille pakistanaise à un père abusif. Tout le monde se drogue dans ce film. Fatiguant à la longue. On se fatigue vite à ce jeu. On se demande comment cela va se terminer. L'intrigue est certainement le point fort du film. Comment l'héroïne va-t-elle finir ? Je ne pourrais pas voulait vous le dire parce que je suis parti avant la fin...
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  J'ai encore passé une bonne nuit dans ma voiture. Je me réveille le matin sans courbature. La nuit est quand même assez bruyante. Les voix, de la musique, les voitures qui passent à vive allure. Le Festival de Cannes, ce sont les films mais aussi le divertissement, le cha-cha-cha- les restaurants, les soirées privées où on est ravi "d'y être", la tenue décontractée de la journée est remplacée par les robes de soirée et les costumes sombres. Le succès de Festival c'est aussi cette ambiance festive. Je suis heureux de voir tous ces gens passer du bon temps ensemble. A Las Vegas, c'est un peu la même chose, en plus décontracté. Ici les gens s'habillent chic parce que les séances du soir au Palais sont toujours "habillées". Les femmes aiment les soirées où elles se maquillent un peu plus, où elles peuvent porter des tenues de stars. Le Festival leur en donne l'occasion. Je ne vois rien à redire si elles sont contentes ainsi. Le choix du vêtement exprime toujours quelque chose de nous-mêmes. Exprimons-nous, et pas uniquement par écrit, comme j'essaie de le faire. 
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Bureau du tourisme vendredi matin.
  Je viens de faire partir ma page du 17 mai sans aucune photo. Je n'en avait pas beaucoup, mais quand même. Etre à Cannes au moment du Festival sans mettre une photo. Un comble. Rien n'est facile quand on vit dans la rue. Il faut prendre l'électricité où on peut. Mc Do ne fournit plus l'électricité. Trouver un lieu pour s'asseoir tranquille est galère. Se raccrocher sur un signal WI est est gros problème. Mc Do n'assure pas ce service à Cannes. Ils disent que oui, mais cela ne fonctionne pas. Ce matin, j'ai trouvé un bon filon : le petit square devant la mairie. Un bon signal, mais il faut s'asseoir sur un banc dehors avec le soleil dans le nez ou la pluie dans le dos.
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  A midi, j'ai vu un excellent film à la Quinzaine des Réalisateurs.  Le film est une caricature des procès de divorces comme ils sont pratiqués en Israël. Je ne suis pas sûr de bien m'exprimer. Disons que le film est une représentation des procès de divorces  en Israël. Comme beaucoup de Français, je n'avais aucune idée de ce que pouvait être un procès de divorce. Maintenant je sais. 
  Dans le pays tous les mariages sont religieux. Les rabins marient et les rabins divorcent ou plus exactement ont un rôle  de conciliateurs, en quelque sorte, pour sauver le mariage. Une aide extérieure peut parfois aider un couple à se retrouver, mais en Israël les rabins ne peuvent pas dissoudre un mariage et, comme on peut le voir dans le film, ils défendent leur boutique. Ils veulent savoir si un tel ou une telle est un bon pratiquant. Mais le pire dans cette parodie de mariage est à venir. Le tribunal n'a pas la compétence pour casser les liens du  mariage. C'est le mari qui peut le faire et lui seul. Il doit répudier son épouse et l'autoriser à se remarier et aussi coucher avec un autre homme. Il y a encore dans le film pleins de détails qui nous informe sur le mariage à l'israëlienne. Moi qui avais une certaine sympathie pour la société israëlienne, je suis refroidi pour quelque temps. Je ne veux accorder aucune tolérance pour ces pays qui appliquent des lois d'un autre temps où des hommes et des femmes sont l'objet d'injustice d'Etat. 
  Les spectateurs étaient majorativement acquis à la cause défendu dans ce film qui s'appelle d'ailleurs "le procès de Viviane Amselm" de Ronit Elkabeth et Slomi Elkabeth.
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