Avec la crise financière et mon voyage prévu pour les Etats-Unis, je suis allé en Angleterre chercher les quelques sous qu'il me restait sur mon compte anglais. Je ne suis pas riche mais économe. Je n'aime pas dépenser. Surtout en bouffe et en petites conneries. Je suis proche des des protestants qui ont économisé pour construire l'Amérique.  (C'est ce qui mes reste des cours de civilisation américaine dans les années 70).Je sais ce n'est pas le moment de parler d'argent...Mais moment ou pas moment, je m'en fous. Je ne me présente pas aux élections.
J'ai donc passé une délicieuse journée à Folkstone et Dover. J'ai acheté des trucs que je ne trouve pas en France ou qui sont moins chers en Angleterre (oui, ça arrive).J'ai cherché les livres de ma nouvelle copine, l'écrivaine irlandaise Nuala O'Foalain. Et la O surprise. Elle était une grande inconnue des librairies et du personnel de la bibliothèque de Dover. Ses livres sont quand même dans le circuit des bibliothèques du Conté de Kent. Ce qui est une maigre consolation. Je suis donc rentré bredouille. J'espère que ma quête sera meilleure aux Etats-Unis. Cette expérience prouve, une fois de plus, que l'on vit en développement séparé. Les journalistes critiques de Jeux d'Epreuve de France Culture parlaient de Nuala O'Foalain comme si elle était une vieille connaissance. Un écrivain universellement reconnu. Il n'en est rien. Elle est connue  en France dans les milieux littéraires. Les Français sont de grands découvreurs de talents !  Que dire? On ne peut pas tirer sur le pianiste.
En route pour Calais, je me suis arrêté à Emmaüs Boulogne pour chiner quelque chose. Vous devinez, je ne recherche pas un vase 19ièm ou un fauteuil Louis XVI, pour moi chiner c'est acheter un pull, un pantalon  ou un bouquin. Rien d'intéressant en vêtements mais j'ai quand même mis la main sur un beau dictinnaire Hachette pour 2 € et un roman de Doris Lessing "l'été avant la nuit". J'aime bien D.L., J'aime les femmes "va-t-en guerre" comme elle. A chaque fois que je vais à Emmaüs, je ressens un pincement au coeur devant les vendeurs qui sont des compagnons d'Emmaüs; des hommes et des femmes au parcours souvent très difficile. Quand ils sont affectés à la vente, ils sont très sérieux et aimables et vendent leur bricoles avec un tact émouvant. Merci Messieurs les Compagnons d'Emmaüs. J'aime quand les plus faibles  donnent des leçons de savoir-vivre.
J'en reviens à mon voyage dans le tunnel. J'avais réservé un départ tôt le matin et retour tard le soir pour payer moins cher ! Opération réussie. J'ai payé 60 €. Ce n'est pas mal pour une voiture et son chauffeur. Comme l'enregistrement était prévu pour 6 heures du matin, je suis parti la veille pour être sûr de ne pas manquer le train. J'ai passé la nuit sur un parking à côté du point d'embarquement. J'ai dormi comme un loir. Sans le réveil du téléphone portable, je ratais mon embarquement. J'étais assez excité à l'idée de passer le tunnel sous la Manche (pour la première fois). C'est assez facile. L'embarquement est ralenti par les différents contôles : les passeports et la recherche d'explosifs. Les voitures sont embarquées sur un train spécialement aménagé avec deux ponts. On rentre par la dernière voiture et on se place donc à la queue-leu-leu. Des portes se ferment entre les wagons. sécurité incendie oblige. et c'est parti pour 30 minutes de voyage sous la mer. Les portes s'ouvrent à nouveau,  nous sommes tout de suite sur une route à trois voies qui conduit à l'autoroute toute proche. Remarquable. Super pour les gens pressés. On paye la vitesse. Le bateau, c'est quand même sympa. Je me souviens d'un repas pris au restaurant d'un ferry avec Guy, à l'occasion d'un déménagement (encore un). C'était mon cadeau pour l'aide apportée. On a été servi comme des bourgeois. Un aperçu de la vie des gens aisés. Je ne les envie pas, je découvre seulement.

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