Une musique que vous emporte au loin, une musique pour regarder là-bas, un espace que l'on imagine mais que l'on ne distingue pas encore.

   Le Covid 19, la suite.

Le réveil ne se fait plus au lever du jour. A quoi bon ? Même levé, le soleil se fait à peine voir avec la brume et les nuages. Les commerces sont fermés. Pas moyen de boire un café et lire tranquillement son journal au bistrot du coin. Les restaurants ont également tirés leur rideau. Pour les discothèques et les boîtes de nuit, c'est pire. Fermeture complète depuis le 15 mars. Sauf peut-être quelques semaines cet été où il a été autorisé de sortir.

 

   Je n'ai pas besoin d'aller en discothèque pour égayer ma solitude. Après un certain âge, la discothèque c'est le thé dansant du dimanche après-midi. Je n'y vais pas non plus. Ce n'est pas mon monde. Les mémés qui font leur coquette à 80 ans passés...

Le plus difficile pour moi est de ne pas voyager loin de France. J'ai les paysages exotiques, les styles de vie différents. Les rues, les monuments, les bruits surprenants. Comme cette petite ville au sud de Bangkok où j'ai été ennuyé par des singes. La nuits déjà, ils sautaient sur le toit de ma chambre d'hôtel et le matin quand un singe m'a surpris par derrière pour me faucher mon godet de café que je venais d'acheter à 7/11. Les Bouddhistes de cette petite ville (dont j'ai oublié le nom) acceptaient la présence de ces centaines de singes qui étaient partout en ville.

   Dans ces temps de confinement, je cherche les gens, l'animation d'une ville, même confiné, il y a plus de monde dans les rues qu'ici où quelques voitures circulent mais rarement un piéton. Je m'occupe bien  l'esprit avec la lecture ou à regarder la télé qui déroule en permanence des news sur le covid. Je suis fatigué d'entendre les mêmes refrains. Depuis deux jour, on ne parle que des vaccins, du vaccin Plizer et BioNTech. C'est bon on a compris. On va peut-être avoir un jour un vaccin mais ce n'est pas encore pour demain. Je me réjouis quand même des efforts que font les biologistes pour trouver le bon vaccin, celui qui arrêtera la maladie. Ne parlons pas d'argent, il est normal que le labo lauréat gagne de l'argent. Ce qui compte vraiment,  c'est sauver la planète. 

   Ce qui m'inquiète maintenant, c'est le après... après la covid 19, il y en aura d'autres. Je ne vois pas comment il pourrait y en être autrement. Le seul point positif dans cette affaire, c'est de voir combien les laboratoires de recherche en biologie ont mis les bouchées doubles pour être le premier à trouver le vaccin. Pour un temps les frontières sont tombées. Chaque pays est prêt à acheter des vaccins à n'importe quel pays : Chine, Brésil, France, Suisse. Ce sont les Etats les principaux financeurs de laboratoires de recherches. On ne pense plus à financer l'armement contre l'éventualité d'une nouvelle guerre mondiale. Maintenant les grands pays (ceux qui ont de l'argent) financent les labos pour stopper cette nouvelle guerre contre le covid 19.

   Pour ce qui me concerne, je cherche à quitter ma campagne où je vis reclus, chez moi : personne, dans la rue : personne, dans la campagne environnante : que de voitures qui passent et des vaches  normandes. Dans les supermarchés, les clients sont des silhouettes cachés dernière leur masque hygiénique. Nous faisons nos courses dans la plus grande discrétion, en disant le minimum de peur d'envoyer des postillons dans l'air. Dans la rue, c'est la peur du gendarme : ai-je bien rempli mon attestation ?

   Un nouveau déménagement est aujourd'hui possible. Avant ma fin de vie, je cherche à voir le soleil, me chauffer encore quelque temps au soleil, voir du monde dans la rue, voir des bateaux aussi, toutes sortes de bateaux. Voir un bateau, c'est un peu voir la liberté. Même les passagers d'Exodus, avec tous les problèmes qu'ils ont rencontré, gardaient espoir sur leur bateau. Je dirais la même chose pour les migrants qui embarquent d'un port de Libye pour la terre d'Italie ou de Grèce. Ils partent. Ils sont en mouvement. Le mouvement, c'est l'ailleurs, c'est la découverte.

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