Une vitrine de la Croisette de Cannes. Une vitrine, on peut aussi trouver du plaisir à la regarder.

Une vitrine de la Croisette de Cannes. Une vitrine, on peut aussi trouver du plaisir à la regarder.

La grande bleue.

Jeudi 25 Novembre 2020, 10h00 du mat.

  Me voici arrivé à la résidence de vieux de La Bocca. Un Bel immeuble à quelques pas de la mer. Le prolo que je suis se sent légèrement déclassé. Je préfère être déclassé en montant que l'inverse. C'est une maison pour vieux, mais on gère seul notre petit appart de 33 mètres carrés. Ce n'est pas encore l'EPAD, on ne nourrit pas à la petites cuillère comme pour les bébés. J'espère profiter encore quelque temps de mon autonomie d'adulte. Ne pas savoir comment on va finir est une bonne chose. Une marge de liberté supplémentaire.

   Voilà dans cette résidence en bordure de mer, je pense bien faire ma marche quotidienne en bordure de mer. Un véritable changement d'avec le chemin dit "de la voie verte" où je suis seul pour faire mon tour de de 45 minutes. Il m'arrive de croiser quelqu'un. Les joggers sont rares mais on trouve des gens qui promènent leur chien, ce qui est parfois inquiétant. Les chiens sont parfois surpris de croiser quelqu'un. Comme ça, ces animaux vivent avec des habitudes. Les inconnus sont souvent vus comme des menaces. J'ai toujours mon bâton de randonneur de montagnards. De nos nos les marcheurs bâtonnés possèdent des bâtons à la suédoise qui marquent la cadence.

   Il me reste quelques jours à vivre dans ma verte nature avec comme voisines des vaches normandes qui se font d'ailleurs de plus en plus rares avec le froid qui arrive. J'ai loué la camionnette pour déménager, il me reste à régler le jour de l'état des lieux à définir. Les employés de l'Office des HLM ne sont pas des gens faciles. Ils ont tendance à vous prendre "de haut". Je ne comprends pas vraiment cette attitude de supérieur qu'ils prennent. J'imagine qu'ils ont peur d'être dépassé par les pauvres gens qui vivent en HLM. Ce sont pourtant les pauvres qui les font vivre, sans nous beaucoup seraient peut-être au chômage ?

   Depuis quelques temps je parle beaucoup de la mort et de la maladie. Pas sans raison, toutefois. L'année 2020 a été une année épouvantable. La Covid 19 n'a pas tué mes amis, mais la maladie en a frappé beaucoup. Certains préfèrent ne voir personne. Ils s'isolent avec leurs douleurs ou leur angoisse de la mort. Ils sont comme les animaux, ils s'isolent quand cela va mal. Ces amis malades ont touché mon moral. L'isolement dans la belle campagne du Perche n'a pas jouer en ma faveur au contraire. Regarder la mer toute proche ne fait pas le même effet que contempler la campagne avec ses vaches.

   Mais revenons un peu sur Cannes et son attractivité pour un vieux isolé comme ma pomme. J'ai déjà dit que la mer n'était pas très loin de ma nouvelle demeure. La pharmacie, le médecin, les transports collectifs sont aussi à proximité immédiate. On peut ainsi se rendre facilement dans les hôpitaux de Cannes et de Nice, ainsi qu'à l'aéroport, rien à voir avec les difficultés que j'ai pour me rendre à Roissy. Il ne faut pas chercher loin pour trouver des raisons pourquoi les professionnels de la santé ne recherchent pas à s'installer en campagne. C'est différent pour les vrais résidents des campagnes. Ceux qui sont nés là, qui possèdent des terres, des animaux et surtout leur famille et leurs amis. Ils sont inclus dans un maillage très serré, sortir de ce réseau n'est pas utile. Les vieux ne demandent rien d'autre que la visite de leur médecin. Il y a bien une dichotomie entre la vie rurale et la vie citadine. Deux monde qui ne se ressemblent pas. Avec la crise des gilets jaunes, on a pu voir ce que pouvait être une révolte des ruraux. Il manque en France le point de liaison entre les citadins et les ruraux, lesquels sont sont persuadés que le gouvernement les oublie. Le langage du Président Emmanuel Macron n'a pas arrangé les choses. Notre président utilise une langue bien  trop intellectuelle, bien différente de la langue des campagnes. La langue français est bien parlé différemment en ville et à la campagne, selon le niveau culturel de chacun. Dire qu'au 18 ième beaucoup de Français ne parlaient que patois. On n'en est pas très loin aujourd'hui. Le service militaire avait au moins l'avantage de brasser un peu plus les populations.

   Dans les prochaines semaines j'aurai bouclé mon changement de domicile. Je ne sais pas vraiment ce qui m'attend, mais je reverrai quand même la mer. En attendant prenez soin de vous.

Chronique Covid 19.

   J'ai eu la plaisir d'être invité pour Noël chez des amis en Haute Saône. Une satisfaction de quelques heures jusqu'à l'annonce de notre Premier Ministre qui a annoncé la nécessité de renforcer encore plus les gestes barrière en introduisant le couvre-feu national. Fêter Noël avec deux adolescents en pleine forme et certainement peu soucieux du covid 19, j'ai préféré annuler cette rencontre. Je vais me confiner seul à Cannes au milieu de mes meubles en désordre.

 


 

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