La  terre tourne encore et c'est tant mieux....

   Dans la nuit du lundi au mardi.

   L'hiver donne du mou. Les saisons ne sont plus ce qu'elles étaient, disait-on dans les villes et campagnes. On se régale de ces premiers beaux jours de février. Les promeneurs du Touquet Paris-plage font trempette sous un soleil de printemps. Un cadeau du ciel. Ce n'est pas sûr que l'on en profite bien longtemps parce que notre planète Terre donne des signes de faiblesse. Le réchauffement climatique n'amuse plus personne. C'est un souci majeur qui inquiète les Etats (pas tous, certains estiment que ce n'est pas un souci). Les conférences internationales sur le réchauffement climatique (comme la COP 21) n'ont pas été très convaincantes, des Etats estiment que le réchauffement du gaz à effet de serre n'est pas une priorité. Les USA sont parmi eux.

   Il serait pourtant grand temps de déclencher un Plan Marshall pour l'environnement. les dégâts sont déjà bien visibles : la fonte des glaces qui s'accélère, les Îles du Pacifique qui ont maintenant les pieds dans l'eau à chaque tempête, le Vanuatu, les Fidji, etc...disparaîtront un jour de la carte. la Nouvelle Zélande accueillent déjà les réfugiés du climat.

   Sans aller si loin, nos villages côtiers de Normandie perdent leurs dunes à chaque grande marée. Les Municipalités tentent de gérer le problème, c'est peine perdue, mais il faut quand même montrer aux administrés "qu'on fait quelque chose".

   La terre se réchauffe inexorablement. L'humanité va à sa perte. Notre fin est programmée, à moins de prendre le taureau par les cornes. Les habitants de la planète ne réalisent pas l'étendue du danger. Il y a bien les écologistes qui tirent la sonnette d'alarme, mais les responsables politiques sont occupés ailleurs...

    Comme d'habitude, on attend le dernier moment pour agir. En matière de climat, le dernier moment, sera le moment trop tard. 

Que Dieu nous garde !

La campagne en Sarthe, vue de mon ambulance VSL en route vers l'hôpital du Mans. Image tournées en hommage à Marguerite Duras pour son film "le camion" tourné en 1977.

   J'ai vu " Le camion" à sa sortie en salles en 1977. Je ne savais pas ce que j'allais voir. C'est le nom de Marguerite Duras qui m'a fait entrer dans la salle de cinéma. La curiosité pour découvrir une auteure, comme Marguerite Duras. Elle a fait un film avec Gérard Depardieu, ça valait certainement le prix du billet d'entrée. Mais je me souviens d'voir été déçu. Le images ne signifiaient rien du tout, j'aurais certainement dû me focaliser sur la parole des acteurs, sur le texte de Marguerite Duras et oublier les images qui ne représentaient rien d'autre que le défilement d'une route vue de la cabine d'un camion. Avec le recul, je comprends mes erreurs. : quand on assiste à une oeuvre  artistique, on ne doit rien attendre, rien anticipé et nous laisser prendre par la création de l'auteur. Il faut se laisser surprendre. C'est comme cela que l'on devrait se positionner face à une oeuvre artistique. C'est le créateur qui s'exprime dans un film ou dans une peinture, une poésie, pas moi. Mes attentes risquent de polluer  la scène. Je ne dois pas attendre des autres quelque chose pour construire ma propre histoire. Marguerite Duras a écrit quelque chose pour elle. C'est comme ça que je devais recevoir le film. Pourquoi faut-il des années pour comprendre cela ?

Prostate Story. Prostate Story. Prostate Story.Prostate Story. Prostate Story. Prostate Story....

   Nous sommes le  samedi 2 mars 2019, pour vous c'est un jour comme les autres (peut-être) mais pour moi c'est un jour de délivrance : j'ai encore deux jours de rayons à faire, lundi et mardi. Et mon odyssée radiothérapie sera terminée. Je sais, le cancer est là et Il le restera. Peu importe, tant qu'il ne m'empêchera pas de vivre à peu près normalement, c'est tout ce que je demande. Ce soir, Alinos offre à Alinos un verre de whisky, il l'a mérité. On doit célébrer la vie tout simplement. Etre toujours vivant tient souvent du miracle. J'ai perdu des amis, maladie ou suicide.

   Il ne me reste que deux séances de rayons à faire sur les 37 séances, ça commençait à bien faire. J'ai envie de respirer. J'ai prévu partir deux mois en Asie : la Chine et certainement le Japon, je ne sais pas encore vraiment. Peu importe. je n'ai pas de programme. Je me déplace toujours ainsi. Je déteste les guides touristiques. Je refuse qu'on me dise ce que je dois voir, où je dois regarder. J'ai tellement de plaisir à découvrir tout seul ce que je trouve beau. je dois rater beaucoup de belles choses, ce qui ne me gêne absolument pas.  A une époque quand le musée du Louvre était gratuit le dimanche, j'errai dans le musée. J'ai beaucoup erré dans les salles de peinture. Au milieu de la Grande Galerie, j'évitais toujours la petite salle à droite où était exposée La Joconde, à cause de monde sidérés de se retrouver devant une oeuvre exemplaire.

   Quand je vais à l'étranger, même dans un pays lointain,  je ne cherche jamais à rentabiliser mon voyage comme le font la plupart des touristes. Ils aiment voir ce qu'on leur dit de voir. Ils reproduisent le système scolaire, le maître dit aux élèves ce qu'ils doivent connaître. Deux fois, je suis allé à Pékin, sans visiter la Grande Muraille, à quelques kilomètres seulement de la ville. Des amis m'en ont fait la remarque. Je leur ai rétorqué : "On la voit mieux à la télévision".

   En fait, je n'y suis pas allé parce que j'ai observé que cette excursion était un joli piège à touristes. Les voyagistes locaux s'arrangent pour multiplier les moyens de transports. Au final, cette petite excursion coûte cher.  Les Chinois  sont toujours très malins pour faire de l'argent.

   Mon prochain voyage ressemblera à une nouvelle errance. sera donc une nouvelle errance. Je traînerai discrètement ma carcasse de vieux européen dans les rues et les ruelles des villes traversées. Des enfants se retourneront sûrement sur mon passage en ricanant. Ils ne me lanceront pas des pierres parce que je leur sourirais ou leur adresserais un signe amical de la main.

La formation des médecins en France.

   Je ne suis pas médecin ou quoique que ce soit d'autre qui m'autoriserait  à écrire sur la formation des médecins en France. Tant pis, je me lance,  je laisse ma mauvaise humeur parler. Mon nouveau médecin généraliste à Mamers est espagnole (en France depuis 6 mois). Elle est sympa et certainement très compétente. Je dois reconnaître qu'elle n'est pas encore au point pour la paperasse demandée par la CPAM. Son français oral, aussi, est hésitant, cela ne me gêne pas, je la comprends.  Elle m'a confessé que les "locaux" parlent un français un peu spécial avec un accent différent de celui qu'elle a appris à l'école. Dans la Sarthe, on ne parle pas les français des châteaux de la Loire. Vous imaginez, elle,  avec son accent espagnol et le "local" avec son patois.... Aussi les "locaux", malgré le manque de médecins, ne se précipitent pas pour consulter la nouvelle doctoresse espagnole.

   Un village, un peu plus loin, s'est aussi doté d'un médecin espagnol dans son centre médical. J'imagine qu'il rencontre les mêmes problèmes "d'intégration" linguistique que mon médecin traitant. Les médecins espagnols et autres ont le niveau culturel suffisant pour apprendre correctement une langue étrangère. Ils finiront bien, avec le temps,  de parler correctement le français. Un ambulancier m'a informé que l'hôpital d'Alençon (préfecture de l'Orne) tourne beaucoup  avec des médecins étrangers. Les médecins étrangers sont de plus plus nombreux à pratiquer en France. Quelle formation ont-ils reçu ? Est-elle équivalente à la formation française ? Je n'en sais trop rien. La Roumanie (exemple) forment des médecins en langue française dans ses universités. Avec les accords européens, ils peuvent exercer en France. On ne connait pas grand chose du recrutement des étudiants en médecine dans ces pays, la France les acceptent (elle est aussi dans l'obligation de la faire avec les règles européennes).

   Dur constat.

   Les écoles de médecine françaises pratiquent le numerus clausus pour, soi-disant,  préserver la qualité de la médecine française, d'où le manque criant de médecins. La réponse que l'Etat français a été :  l'accueil de médecins étrangers.

   Régulièrement, ce problème est évoqué sur les médias. C'est un problème général. A Paris, le problème existe pour les généralistes, comme pour les spécialistes. Nous avons une excellente médecine....mais c'est galère pour trouver un médecin.

   Dans ce domaine, je crois qu'il est grand temps de faire quelque chose. Déjà dans le domaine dentaire, des Français (de plus en plus nombreux) de font "refaire" les dents à l'étranger (Hongrie, Pologne, Tunisie, etc..), c'est moins cher et c'est bien fait.

   Il est temps de revoir la formation des médecins en France. A mon humble avis, de nombreux jeunes sont écartés des facultés de médecine en France alors qu'ils pourraient faire de bons médecins. Ce numerus clausus qui limite le passage des étudiants en deuxième année est certainement à revoir.

Retour à l'accueil